NOUVELLE ÉMISSION D'OBLIGATIONS
vouloir le livrer à aucun prix *. La Compagnie comprit bien vile qu'il serait impossible de s'entendre avec la commission ; elle se tourna d'un autre côté.
Pour faire face à ses besoins d'argent, elle appela, en novembre 1860, 25 roubles sur les actions non libérées, puis, au mois de fé\Tier 1861, 62',50 kopeks pour solde des versements. Les souscriptions étrangères profilèrent d'une réduction proportionnée à la baisse du change. A l'exception des titres, pour lesquels les actionnaires ne purent faire ce^ deux versements coup sur coup, la Compagnie avait réuni la totalité de son capital, 110,000,000 roubles.
On avait voulu, en 1861, émettre de nouvelles obligations pour retarder l'appel du solde à verser par les actionnaires. Mais la situation du crédit public était bien transformée depuis 1858, et l'erreur du gouvernement parut alors dans tout son jour. Au lieu de trouver à emprunter à 4 7,^ sans prime au remboursement, la Compagnie ne peut qu'essayer un emprunt, en négociant un certain nombre de titres, de 125 roubles de valeur nominale, à un taux variable de 99 à 101 roubles, et rapportant 5 roubles d'intérêt annuel. 11 eût fallu même abaisser le taux de l'émission pour assurer
* Depuis, on a annoncé, à plusieurs reprises, raliénation du chemin Nicolas ; en 1864 d*abord, en 1867 en suite. Voici ce qu'on lit dans une correspondance ru§se du Moniteur universel d'avril 1867 :
« Les chemins de fer et leur développement continuent à être Fobjetde la plus sérieuse attention de la part du gouvernement, qui comprend que les voies ferrées doivent nécessairement changer la face de notre empire et le faire entrer plus avant dans le grand mouvement européen. Pendant les six années qui viennent de s'écouler, l'État a dépensé environ cent vingt millions de roubles en argent pour les chemins de fer, soit en subventions, garantie d'intérêts, frais de construction et autres privilèges, et dans le budget de 1 867 une somme de cent millions de francs leur est consacrée. On calcule qu'une somme sensiblement plus élevée sera encore indis* pensable durant plusieui*s années, et, en présence de ces dépenses , il n'est donc pas surprenant qu'il soit question d'ahéner le chemin de fer Nicolas à une compagnie privée,
(( L'exemple de l'Angleterre, de la France et d'autres pays prouve que, si dans certains cas il est bon qu'un gouvernement participe à la construction d'une ligne, il est aussi d'une bonne administration qu'à un moment doimé il cesse d'en être propriétaire et la cède à l'industrie particulière. D ne paraît d'ailleurs pas douteux que l'État ne pousse les nouveaux tracés dans les directions les plus favorables, de manière à relier la Baltique à la mer Noire, à la mer Caspienne, en même temps que les lignes courant de l'est à Touest nous mettront en rapport avec toute l'Europe occidentale et permettront à nos produits d'arriver sur tous les marchés. »
Et dans le Monde :
a La Russie se prépare aux événements en se créant des ressources extraordinaires. Après avoir vendu ses possessions américaines, elle négocie maintenant la vente de ses lignes ferrées. M. Abasa, en qualité de commissaire du gouvernement, est chargé de traiter de la cession de la ligne Nicolas avec le comte Strogonow, représentant la compagnie générale des chemins de fer russes, au prix de 90 millions. »
Quatre-ringt-dix millions de roubles équivalent, au cours de 5 fr. 55, à 30,550,000 francs, ce qui fait enriron 502,600 fr. par verste; cette évaluation paraît bien exagérée. D ne faut pas oublier que la voie du chemin Nicolas est à refaire ; que le remplacement des ponts américains par des ouvrages plus durables est devenu extrêmement urgent, et qu'enfin les gares de marchandises sont encore à créer aux principales stations de la ligne. — On a depuis annoncé la vente du chemin de-fer Nicolas : mais cette nouvelle n'est pas encore exacte ; ce qui est vrai, c'est que le gouvernement russe rient de faire un nouvel emprunt étranger en engageant la garantie du chemin Nicolas. Il faudra bien en arriver à le vendre, car entre les mains de l'État, ce chemin de fer ne rapporte rien.