DANS L'OURAL
Kopeks assignat.
Frais d extraction et de fusion ^«^ '*/4
Impôts 12
Frais généraux 18
Intérêt et bénéiice • . . . . 9 «/^
Total 85
OU, au prix de 5 12 roubles-assignat pour 1 rouble-argciil, 24 kopeks 2 7 le poud. (Au pair, 0^,06 le kilogramme.)
Ce faible prix de revient s'explique par le bas prix de la main-d'œuvre. Dans les communes de l'Oural, l'usine payait, en 1851, 0^,20 environ la journée d'un ouviier; elle devait entretenir les bâtiments de la commune, l'église, l'école, l'hôpital, et nourrir non-seulement les ouvriers actifs, mais encore toute leur famille. Si l'on répartit ces excès de dépense entre tous les travailleurs actifs, la journée réelle de travail monte à 0^,49 : les impots restent en dehors de ce calcul.
Ces conditions semblent favorables à l'industrie du fer. Mais si, sur place, les prix de revient sont peu élevés, les distances à parcouiir pour atteindre le lieu d'emploi sont tellement grandes, que le prix demandé au consommateur est en bien des cas inabordable, et le débouché des usines en est singulièrement réduit.
Quand l'expédition des fers de l'Oural atteint la Kama, elle n'a plus devant elle jusqu'à Nijni, et de là à Pétersbourg, qu'une navigation facile et sans danger. Mais, avant d'atteindre les grandes rivières, elle doit suivre sur 400 versles l'un des affluents de la Kama, la Tchoussovaïa, rivière rapide et dangereuse, où il ne se passe pas d'années sans sinistres. Le point d'embarquement des produits des usines de Nijni-Taguilsk et de Nijni-Salda, qui appartiennent encore aux Demidoff, est placé sur la Tchoussovaïa à 56 versles de Tune de ces usines, et à 102 verstes de l'autre ; les 25 verstes à partir du port appartiennent au versant occidental de l'Oural ; le reste du trajet fait partie du versant oriental ou sibérien. Les usines d'Alapaief, qui appartiennent maintenant aux héritiers Jakovlef, sont encore à 78 verstes plus à l'est que Nijni-Salda, et le port où les produits de ces usines sont embarqués sur la Tchoussovaïa étant au contraire à 10 versles plus bas que celui des usines Demidoff, il y a en tout 190 verstes de roule de terre à parcourir entre l'usine et le point où elle trouve un moyen économique de transport. Ajoutons que les 78 verstes comprises entre Salda et Alapaïef ont formé longtemps et forment peut-être encore une mauvaise roule praticable seulement pendant l'hiver, et que la route entre Taguilsk et la Tchoussovaïa renferme de même quelques parties dans un état très-imparfait d'entretien. On voit que pour l'industrie du fer comme pour l'agriculture, le premier