TRAVERSÉE DE MOSCOU
centre de la population, et dans laquelle- on aurait pu réunir le senice des voyageurs sur toutes les lignes rayonnant autour de Moscou; plus loin, la ligne de jonction s'ouvrait en éventail et donnait des gares de marchandises spéciales pour chacune des directions à exploiter.
Le gouvernement accueillit d'abord favorablement ce projet, et il en permit même l'exécution immédiate à titre provisoire pour faciliter la construction de la ligne de Nijni-Novgorod. Le provisoire consistait ici dans l'adoption de l)entes fortes pour suivre de plus près les mouvemenls du sol , dans la construction de ponts en charpente pour franchir les coui's d'eau traversés , notamment la rivière Jaouza, qui se jette dans la Moskva à Moscou; enfin, dans la substitution de passages à niveau pour traverser les rues, aux ponts et aux tranchées du projet définitif. Mais le tracé de la traversée provisoire était identique >, en plan, au tracé de la traversée définitive, sur toute la longueur comprise dans les quartiers b;Uis de la ville. Aussi les expropriations pour la voie de service eurent lieu dès le commencement de 1860, comme s'il s'était agi d'une voie définitive. L'approbation de la traversée de Moscou paraissait impliquée dans l'approbation donnée pour la voie de senice , approbation suivie d'un effet immédiat, et en vertu de laquelle une trouée de 6 verstes venait d'être ouverte à travers la deuxième capitale de l'empire.
Cette percée était achevée, et la voie venait d'y être posée au mois de juillet 1860, quand un changement d'idées du ministère remit tout en question. Sous prétexte que la Grande Société n'avait pu s'entendre encore avec les autres compagnies admises a profiter de sa gare des voyageuVs et de son rail, le Dirigeant en chef nomma une commission d'enquête, qui, après une prétendue étude du sujet, conclut à labandon complet du tracé déjà exécuté de la Grande Société; la commission refusa de s'occuper de la ligne de Moscou à Théodosie, car il est hoi^ de doute que l'administration publique méditait déjà , à cette époque , de la retirer de la concession ; elle adopta au contraire les projets des compagnies de Saratoff et de Jaroslaf , et assigna à la gare de la ligne de Nijni un emplacement étroit et accidenté , entre les gares de ces deux Compagnies et tout près de la gare du chemin de fer de Pétersboui^. Ce projet avait pour conséquence de faire perdre à la Grande Société tout le travail fait sur la travei*sée provisoire, d'allonger de 6 à 7 verstes le chemin de Xijni , et de concentrer tout le mouvement des quatre gares sur une seule et même place déjà encombrée à cette époque par le seul mouvement du chemin de Pétersbourg. Nous devons rendre cette justice à l'Administration générale des voies de com-
munication qu'elle recula devant une approbation pure et simple des conclusions de la commission d'enquête; elle les admit seulement jwur les compagnies de Saratoff et de Jai'oslaf; mais elle ajourna sa décision pour la Grande Société; colleci éleva une gare provisoire près de la barrière de la Ragojskaia, à l'extrémité de la traversée définitive projetée, et continua d'exploiter la traversée provisoire telle qu'elle l'avait construite. 11 résulte de la que les gares des chemins de fer à Moscou se présentent dans l'ordre suivant :
Gare du chemin de Pétersbourg, dont les voies se dirigent au N. 0.
Gare du chemin de Jaroslaf. au N. E.
Gare du chemin de SaratofF au S. E.
Gare du chemin de *>ijni-Novgorod à TE.
Les lignes de Saraloff et Nijni-Novgorod se croisent donc ^ à la sortie de Moscou. Rien n'explique une telle bizarrerie.
Les nouveaux statuts du 3 novembre 1861, qui réduisent le réseiui de la Grande Société aux lignes de Varsovie et de Nijni-Novgorod , renferment dans le paragraphe 1*"' les dispositions suivantes relatives aux chemins de jonction à Moscou et à Pélersbourg :
c< Pour opérer le raccordement de la ligne de Nijni-Novgorod avec le chemin de fer « Nicolas, » la Grande Société aura la faculté d'établir, dans un délai de trois années à dater du jour de rai)probation des présents statuts , une voie ferrée définitive suivant un projet qui devm être approuvé préalablement par le gouvernement. Si la Société n'établit pas cette voie dans ledit délai, le gouvernenieul avisera au raccordement des deux Hgnes dont il s'agit comme il l'entendra. — Le chemin de jonction établi entre le chemin de fer « Nicolas » et la ligne de Varsovie sera entretenu par l'administration du chemin de fer « Nicolas » à frais communs avec la Grande Société , qui aura la faculté d'user de cet embranchement suivant les règles et les conditions à fixer par l'Administration générale des voies de communication, de concert avec le conseil d'administration de la Grande Société. »
Sans insister sur ces questions, dont les transformations de la Grande Société ont réduit l'importance, revenons à la description du chemin de fer de Nijni- Novgorod.
L'exploitation publique a été ouverte de. Moscou à Vladimir le 14 juin 1861. Cette même année, la circulation des locomotives et des trains de matériaux a été établie sur deux autres tronçons, l'un de Vladimir à la rive gauche de la Kliazma près de Kovroff, l'autre de la rive gauche de la Kliazma, près de Galitskaia,
A MJNIXOVCOROD.
jusqu'à Nijni-Novgorod. La lacune qui s'étend entre ces deux tronçons , et qui comprend tout le passage du chemin de fer sur la rive droite de la Kliazma, entre Kovroff et Gorochorelz, siu- une longueur de 100 versles, ne fui parcourue par les trains qu'à la fin de l'année 1861; le 1" août 1862, on ouvrit lu ligne entière. Les stations de la ligne sont au nombre de vingt-cinq, y compiis les deux extrêmes, ce qui donne entre deux stations consécutives un interv'alle moyen d'environ 17 verstes. Elles sont toutes pourvoies d'alimentation. Voici le tableau des déi)ots et des remises de locomotives :
DÉPOTS
DliTAr^CE
DES DÉPÔTS