LES CANAUX
un port plus méridional qu'Archangel et plus rapproché à la fois du centre de l'empire et de l'Europe occidenlale. La vie d'un homme ne suffisait pas pour mettre complètement en valeur cette colonie russe hardiment jetée sur les bords du golfe de Finlande, et qui devait bientôt remplacer la vieille capitale de Moscou. Avant tout il fallait réunir Pétersbourg à Tempire ; Pierre essaya d'ouvrir quelques routes, mais il donna généralement la préférence à la navigation intérieure, pour laquelle il n'avait qu'à compléter le réseau naturel des rivières. C'est de son règne que datent les premiers essais de canalisation, poursuivis dans tout le cours du dix-huitième siècle, tandis que les chaussées et les ponts ne paraissent en Russie qu'au dix-neuvième. On essaya à plusieurs reprises, de 1724 à 1786, de créer une route entre Pétei^bourg et Moscou; ces tentatives ont toujours été sans résultat.
Au point de vue des communications intérieures, il n'y a pas de fleuve en Europe qui présente un aussi beau réseau que le Volga pris avec tous ses affluents. 11 prend sa source sur le plateau des monts Valdaï, fait un immense tour par le nord, revient à Nijni-Novgorod où il reçoit l'Oka, puis coule de l'ouest à Test, reçoit la Kama au-dessous de Kazan, et enfin, après des coudes brusques, va se jeter dans la Caspienne. Son cours de 3,000 kilomètres est divisé à Nijni-Novgorod en deux parties presque égales. Dans sa partie supérieure, le Volga reçoit trois rivières qu'il importe de signaler ici : la Tvertsa, la xMologa et la Cheksna, toutes trois sur sa rive gauche, et toutes trois descendant des faîtes qui "séparent son bassin de celui du golfe de Finlande. L'Oka, qui à lui seul forme un grand fleuve , descend d'un point situé entre Koursk et Orel , et trace jusqu'à son confluent avec le Volga un S de 1,300 kilomètres à travers la région la plus peuplée de la Russie. La Kama, par son affluent le Tchoussovaïa, prend sa source dans l'Oural et apporte au Volga les eaux et les richesses de cette chaîne de montagnes.
Tel est, réduit à ses lignes principales, le vrai patrimoine du peuple russe. Depuis des siècles, il occupe le bassin du Volga, groupé plus particulièrement dans les contrées où s'éîèvent les antiques villes de Vladimir et de Moscou. Au bassin du Dniepr, appartient une autre ville sainte, Kief, et une autre Russie , la petite, dont l'histoire diffère de celle de la grande Russie en un point important : la conquêle polonaise n'a duré que trois ans pour la Russie de Moscou; elle a duré plus de deux siècles pour la Russie de Kief*. '
De tout le bassin de la Raltique, autrefois possession de la Suède et des clievaliers
* La séparation des grands duchés de Souzdal (ou Vladimir) et de Kief, eut lieu en.li57y et dura jusqu'à la conquête de Vladimir et de Kief par Batou*et les Tartares en i 237 et en i 240. Kief fut ensuite prise par le,s Lithuaniens (1320) et réunie au royaume de Pologne. C'est seulement en 1686 qu'elle fut rendue aux Russes.