HAUTEUR DES CRUES
et que l'on lient fermée lorsque le Boug inonde ses rives. Le remblai n'est plus exposé à cire coupé, cl il doit seulement être défendu contre le balillage et le courant langenliel des eaux.
La même solution était indiquée pour le passage de la Dvina, mais là, le système contraire prévalut, et Tadministration, après avoir approuvé le pont de 30 sagènes proposé par la Compagnie , prescrivit en outre Téliiblissement à la suite de cet ouvrage d'un pont provisoire du même débouché qu'on supprimera plus l<ard si la suppression est reconnue opportune. Le voisinage d'une grande ville, Dunabourg, qui n'est protégée des crues de la Dvina cpie par une digue, est probablement le • motif de celte exception *.
Dans les terrains, très-peu solides pour la jdupart, où la Kliazma et ses affluents ont creusé leur lit, les crues de printemps peuvent exercer de grands ravages. En 1861, le principal accident causé par la crue fut la chute d'une pile du pont en construction sur la Nerll. Le chemin de fer traverse cette rivière un peu au-dessous de la chaussée qui va de Vladimir à Nijni, ju'ès du conlre-fort sur lequel est établi le monastère de BogoUoubovo*. Le pont de bateaux de la chaussée, entraîné par la crue, descendit jusqu'aux piles du pont du chemin de fer où il s'arrêta en obstruant le lit de la rivière. Le courant se fraya un passage en affouillantle fond du lit, de manière à déchausser entièrement une pile qui tomba sur le côté sans se disjoindre : on eut la preuve par là de la bonne qualité des maçonneries'. Le peu de solidité des terrains en Russie, et la prédominance des siibles et des ai^iles sont un obstacle à la stabilité des ouvrages hydrauliques comme à la fixité des lits.
Voici, pour terminer ces considérations sur le régime des fleuves, quelques cotes de hauteur de crues.
ADunaboui^, la Dvina s'est élevée en 1857 à 4'"% 131 (8*", 80) au-dessus du zéro de l'échelle de la forteresse, qui est à 5 pieds (1"\52) au-dessus du niveau des plus basses eaux connues ; ce qui fait une différence delO'%32 entre les crues et Tétiage.
Les débâcles se produisent à 3 sagènes \f2 (7"", 45) environ au-dessus du zéro, c'est-à-dire 8'",98 au-dessus de l'étiage et l'",34 au-dessous des hautes eaux.
Le Niémen à Kovno présente une différence de 3*"%27 (6'", 97) de l'étiage aux hautes eaux, et seulement de l'"%52 (2"',81) de l'étiage aux débâcles les plus
^ On est en train de fermer ces ouvertures (1866).
* Amour de Dieu.
' Cette pile, reconstruite, éprouva un second accident, hù feu prit à réchafaudage qui rentourait, et rincendie eut tant de violence qu'une partie des matériaux calcaires qui formaient le revêtement de la maçonnerie furent transformés en chaux vive. La malveillance parait n'avoir été étrangère ni cet accident ni au premier.