‹ Les chemins de fer russes de 1857 à 1862Chapitre 57 sur 155 · BRISE-GLACES · texte numérisé non relu

BRISE-GLACES

deslinés à reufoncemen ides tubes. Le même problème s'est présenté à Kovao elGrodno

sur le Niémen, et sur les autres grandes rivières que franchit la ligne de Varsovie^

Sur ces grands cours d'eau, le brise-glaces, qu'il soit en clmrpente, en pierre ou

en métal, a toujours la forme d'un angle dièdre à peu près droit, dont l'arête

inclinée part d'un point situé à quelques centimètres au-dessous du niveau des

plus basses débâcles, et s'élève au-dessus du niveau des débâcles les plus hautes.

Lorsque les glaçons en mouvement rencontrent le tranchant de ce couteau*, ils

remontent le long de Tarete, et, une fois que l'eau ne les soutient plus, leur

points suffit i)our les diviser. Les parties coupées glissent latéralement sur les

faces du dièdre et s'engouffrent dans l'arche du pont. Un observateur regardant ce

spectacle du haut de la pile , transporte au pont sur lequel il se trouve placé le

mouvement de la débâcle, et ne tarde pas à voir la pile s'avancer dans les glaces

en traçant un sillon comme le ferait un immense contre de charrue.

Les efforts exercés dans cette action sont d'une extrême violence; àDunabourgel a Kovno, les brise-glaces })rovisoires étaient composés d'un coffrage en charpente traversé d'une multitude de pièces solidement entées sur les pieux battus dans le fond du fleuve ; l'ossature était recouverte d'un bordage en madriers dont les arêtes étaient encore garanties par des feuilles de tôle. La débâcle de 1861 passa sur ces brise-glaces, et leur livra pendant vingt-rpiatre heures un continuel assaut. L'ossaturc tint bon, mais le bordage fut emporté. Quoi qu'il en soit, les brise-glaces provisoires remplirent leur destination, en empêchant la débâcle de raser les échafaudages pour la })rotection desquels ils étaient placés. Cette expérience prouva d'ailleurs que sur les grands fleuves les brise-glaces en charpente ne peuvent être considérés que comme des ouvrages provisoires, et que, pour les conserver, il faudrait chaque année les reconstruire^

Les brise-glaces en maçonnerie s'adaptent aux piles en pierre, dont ils prolongent les avant-becs. On sait qu'en France on donnait autrefois aux avant-becs une coupe triangulaire ou ogivale. On a abandonné depuis longtemps ce tracé pour y substituer une coupe circulaire, qui a l'inconvénient de se prêter assez mal à l'écoulement de l'eau , et de produire des remous à axe horizontal aipables d'affouiller l'amont de la pile et quelquefois de renverser le pont tout entier. Aussi n'est-il

^ On peut lire à ce sujet dans les Annales des ponts et chaussées y année 1864, une excellente note de M. Ernest Cézanne sur les levages qu'il a dirigés en Russie (1864-, 2® semestre, n? 857). * On dit mieux en russe coupe-glaces que brise-glaces (ledoriêz), » V. Planche XXVIH.

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