‹ Les chemins de fer russes de 1857 à 1862Chapitre 58 sur 155 · EN MAÇONNERIE · texte numérisé non relu

EN MAÇONNERIE

pas étonnant de voir tant de }>onts modernes renversés de Taval à Taniont'. Le briseglaces en maçonnerie, qui s'adapte parfaitement à un avant-bec circulaire, est une forme dispendieuse, mais très-convenable pour prévenir de semblables accidents.

Le projet de |X)nt fixe sur la Neva dressé \tat Perronnel renferme, ainsi que nous Tavons dit, l'indication de la forme des brise-glaces; deux plans inclinés limitent en amont la pile, et se coupent suivant une droite faisant avec Thorizon un angle de 45**. Dans l'application on a développé cette idée première, en donnant une inclinaison un peu plus forte à l'arête, en lerminant les deux plans inclinés par l'intersection de deux plans sensiblement verticaux ; enfin , en adoptant l'angle droit pour angle du dièdre qui forme le couteau.

L'appareil à suivre pour la coupe des pierres du brise^laces consiste à faire sur les faces du dièdre les joints discontinus pai'allèles à Tarète, et les joints continus perpendiculaires; les faces du joint sont normales au parement. Sur les faces latérales qui sont verticales ou légèrement inclinées, on reprend rap|)areil régulier des piles, les joints continus sont horizontaux, et les joints discontinus font des angles droits avec les autres. Des pierres s})éciales, d'une coupe difficile, réunissent les faces du dièdre à l'avant-bec cylindrique; elles présentent un angle rentrant à arête courbe. Une autre pierre remarquable se trouve à la |K)inte du briseglaces. On substitue aux arêtes vives, qui s'écorneraient, des surfaces cylindriques tangentes, de quelques centimètres de rayon *.

Lorsque le pont est biais, l'avant-bec se trace en plan suivant deux arcs de cercles tangents entre eux el tangents aux faces jiarallèles de la pile, le brise-glaces se place toujours dans l'axe de la pile, et est traité de la même manière que si le pont était droit ; mais l'intersection de ses plans avec l'avant-bec donne des courbes i)lus compliquées, et entraîne des tailles très-bizari-es pour les pierres du raccordement.

Le cordon qui fait ordinairement le tour de la pile au-dessous des naissances, doit rentrer graduellement, et toute saillie doit disparaître au j)oint où commence la coiubure de l'avant-bec à l'amont; cette .précaution n'est nécessaire que si le cordon est exposé au choc des glaces, car, à une hauteur assez grande, on pourrait le laisser subsister sans inconvénient. 11 suflit que hi glace^ ne puisse rencontrer aucune arête qui fasse obstacle à son passage.

Dans certains ponts en pieiTC on a adopté un appareil défectueux, qui consiste

* Voir une note du 24 octobre 1856 de M. Minard, inspecteur général des ponts et chaussées. Nous iyouterons que, lorsqu'on vient de poser en rivière les premiers tubes d'une fondation à air comprimé, un alTouillement se produit en amont, et la colonne s'incline sensiblement de ce côté.

• V. pi. x\xv.

Page 1