S8 CLIMAT THERMOMÉTRIQUE
Le crépuscule augmente en hiver la durée du jour de trois quarts d'heure à |)eu près le matin et d'autant le soir, ce qui fait sept heures pendant lesquelles Saint-Pétersbourg , au moment le plus défavorable, est encore éclairé naturellement. C'est seulement une heure de moins qu'à Paris, pour une différence de latitude de plus de 11 degrés*. La neige qui, en celte saison, occupe toute la surface du sol, augmente à la fois la durée et l'intensité du crépuscule. Enfin, les rayons de la lune, frappant, sur ce' lapis d'une blancheur éclatante, enlèvent encore chaque mois une cerlaine part à l'obscurité des nuits.
Telles sont les conditions de l'éclairement naturel de cette grande ville qu'on est élonné de voir sur la sphère terrestre à la hauteur des Shetlands et de la pointe du Groëndiand.
Par son immense étendue , FEmpire russe offre entre les climats astronomiques de ses diverses parties de frappants contrastes. Le cercle polaire passe un peu au nord du Tornea, au fond du golfe de Bothnie : en été, le solei-l reste un jour entier au-dessus de l'horizon de ce point ; en hiver, il reste un jour entier audessous. A Tiflis , sur le versant méridional du Caucase , la différence entre les durées du jour le plus long et du jour le plus court excède à peine six heures.
g 2 CLIMAT THERMOMÉTRIQIE.
La température moyenne de l'air, en un lieu déterminé du globe , dépend nonseulement de la latitude, mais encore d'une foule de circonstances, telles que la hauteur au-dessus du niveau de la mer, Texposilion, la direclion des .vents régnants , la proximité des grandes masses d'eau , la couleur du sol et la nature des cultures. Pour la Russie, ces conditions sont notablement différentes en été et en hiver.
Dans les latitudes élevées de l'Empire , le sol se recouvre en hiver d une couche blanche qui persiste pendant plusieurs mois , et qui détruit à la fois l'influence de la couleur du sol et de la nature des cultures; les lacs se gèlent en entier; siir les côtes, la mer est gelée en certains points jusqu'à plusieurs verstes du rivage. Toutes ces diverses influences qui, pendant l'été, sont différentes d'un point à l'aulre, sont donc remplacées en hiver par une influence unique, la même à peu près pour toutes les régions septentrionales.
L'exposition et l'altitude influent au contraire , l'hiver et l'été , sur la tempéra-
• V. la note VU.
f.LlMAT THERMOMÉTniQUE. 89
lure ; loulefois l'exposilion du midi ne donne que peu de chaleur pendant l'hiver, parce que le soleil est trop bas sur Thorizon
La proximité de la mer Baltique influe sur les temj>éralures de ses rivages, surtout à cause de la fréquence des vents d ouest, les plus ordinaires de cette côte. Les rivages de la Commande ne gèlent jamais ; aussi le climat des ports tels que Liban est-il plus tempéré que ne semblerait l'indiquer la latitude. La côte du golfede Bothnie se ressent da\antage de sa|H>sition septentrionale; mais Técarl entre les températures moyennes de Thiver et de l'été y est moindre qu'à Pélersbourg : il est moindre à Pélei^bourg qu'à Moscou, et moindre encore à Moscou qu'à Kazan; l'écart augmente toujours à mesure qu'on entre plus avant dans l'intériem* des terres. Enfin, sur la côte sud de la Crimée, à 45** de latitude, près d'une mer qui ne gèle qu'exceptionnellement , les températures moyennes d'été et d'hiver s'élèvent, mais l'écart entre elles est le même qu'à Abo, bien qu'on ait franchi 16^ de latitude.
Le climat thermométrique-d'un point du globe est délini complélement par cinq températures : la moyenne pour l'année , la moyenne d'hiver, la moyenne d'été, enfin les deux températures extrêmes. Aux températures moyennes corres|X)ndenl divers lieux géométriques sur la surface du globe : la moyenne jiour l'année détermine Yisotherme; la moyenne d'hiver, X isochimène ^ et la moyenne d'été, Yisothère du point considéré.
Pour la Russie , les isolhères sont des lignes qui suivent sensiblement les |>arallèles; les isochimènes sont inclinées du nord au sud en obliquant un peu à l'est, et coupent les isothères sous un angle peu différent de l'angle droit. Les isothermes enfin ont une direction moyenne entre les deux autres lignes , et font avec les parallèles de latitude un angle d'environ 45^
L'isotherme 0% qui en Amérique passe à la pointe E. du Labrador sous la latitude 50% est rejeté jusqu'au nord de la Norwége à 70"* de latitude, par les courants qui viennent des Antilles. Il redescend ensuite à Tornéa ,. traverse la Laponie et la mer Blanche, en appuyant un peu vers le sud, passe à Archangel (latitude 64'*51'), et nous le retrouvons en Sibérie à la latitude de 55\
L'isolherme de 5% qui passe à l'île Terre-^euve et à Stockholm, entre en Russie au sud de Pétersbourg, et coupe le Volga près de Simbirsk ; en Sibérie, il descend jusqu'à !a latitude de48\
L'isotherme de 10*, celui de Londres, de la Hollande et de la Saxe, traverse la Russie
un peu au nord de la Crimée, et atteint en Asie le 42""* degré de latitude.
L'isochimène de Pétersbourg passe à Astrakhan (latitude 4621'); l'isochimène
de Liban {latilude 56°31') passe sur la côte sud de la Crimée (latitude 44''57').
Au contraire, l'isollièrc de Pétei-sboui^ suit à peu près le 60"" degré de latitude; il passe à Abo , et on le retrouve à Irkoutsk , en Sibérie, sous la latitude 5247'.
Le tableau suivant réunit quelques renseignements sur les températures observées eu divers [wints de l'Empire russe.
Tri*iieliti}.
Env. 120- Env. 60-
Irkoutïk.
TKSirtIlMlllK
Es: