LE VENIN EXISTE-T-IL CHEZ L'INSECTE PARFAIT
1° Papillons indigènes. — Les résidus urinaires du papillon, en particulier les déjections rouges éliminées peu après l’éclosion, présentent, comme l'ont montré Chaussier puis J- H. Fabre, une réaction acide et des propriétés irritantes ; c'est sans doute à ces produits qu’il faut attribuer les accidents notés par Küchenmeister et Zürn chez les jeunes chasseurs de papillons qui, après avoir manipulé ces insectes, essuient avec les mains leur figure couverte de sueur. Mais les enfants ne capturent guère que les Diurnes: il ne s’agit donc pas ici des papillons des chenilles venimeuses, qui sont tous des Nocturnes assez difficiles à rencontrer, puisque les entomologistes sont obligés d'élever les larves pour se procurer des spécimens de certaines espèces.
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Berge et Hebra ont incriminé les papillons des chenilles venimeuses au même titre que celles-ci. D’après le Dictionnaire des Sciences Naturelles, publié au début du x1x° siècle,
les Professeurs du Jardin du roi, les poils recouvrant le
corselet des papillons de là processionnaire du chêne pro-
duiraient les mêmes démangeaisons que les spinules du
miroir de la larve, mais la douleur occasionnée ne serait pas aussi cuisante et le plus souvent il n’y aurait pas d’inflammation consécutive. Aucun naturaliste n’a décelé de poils
barbelés urticants ni de glandes venimeuses chez ces papil-
“lons, et il faut admettre que les rares accidents rapportés (Anderson) sont dûs à des insectes fraîchement éclos qui, sortant tout humides de leur enveloppe, se chargent au passage des débris du cocon et même de la poussière du nid. Les accidents constatés au moment de l’éclosion des papillons (Obs. IT) lorsque ceux-ci se trouvent dans des récipients remplis de Cocons, sont causés non par l'insecte parfait qui vient d’éclore, mais par les poils des cocons, qu’il peut mettre: en mouvement par lé battement de ses ailes, et Morren insiste sur ce point que « le papillon mâle ou femelle peut être pris dans la main, ses écailles se détachent vite, mais il ne produit jamais le singulier effet du cocon ».
Certains de nos papillons, dont les chenilles ne sont pas urticantes, ont été aussi suspectés, tel est le cas des Aleucites.
L'Aleucite des céréales vit principalement dans le blé; elle y est souvent très abondante, ce qui oblige à des rebattages et à des nettoyages à la suite desquels se manifestent des affections consistant, d’après Gervais et Van Beneden, en ardeurs à la gorge et en démangeaisons cuisantes avec une inflammation générale de toutes les parties exposées à l’air.