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Quelquefois il se déclare une fièvre assez violente pour aliter pendant quelques jours lse gens adonnés à ces travaux; c’est surtout le lancer, ou nettoyage à la pelle, qui occasionne ces accidents, parce qu’en lançant le grain, beaucoup de débris d’Aleucites se répandent dans l'atmosphère; parmi ceux-ci se trouvent les écailles très légères, piliformes et aigues qui garnissent le bord des ailes, et Doyère (1) a montré que l'irritation est due à l’action mécanique de ces petites écailles. La fréquence de cette affection a beaucoup diminué depuis que l’on traite les graines au sulfure de carbone, ce qui dispense du lancer. >
Geoffroy et Amoreux signalent aussi que les éleveurs de vers à soie, qui poussent l'éducation jusqu’à la production de la graine, sont incommodés par la poussière fine et suffocante qui pénètre au fond du gosier et qui les fait tousser s'ils ne mettent un mouchoir de gaze devant le visage; ces accidents, düs aux papillons, sont tout différents du « Mal de bassine ».
Enfin les Zygènes, à l'état ‘parfait, secrètent .un liquide toxique de couleur jaune d’or, qui a été étudié par Rocci. Cette substance sort des antennes et des articulations quanc on écrase un peu l'animal.
Les naturalistes ont l’habitude de tuer les insectes qu'ils capturent par la vapeur d'acide cyanhydrique, or les Zygènes se montrent très résistants à ce toxique; Rocci avait pensé que cette particularité était due à la secrétion constatée: il n’a pu l’établir, mais il a isolé cette substance, en écrasant plusieurs milliers de Zygènes sur du papier buvard et montré qu’elle peut être dédoublée sous l’action des hydrolysants en une partie fixe et une partie volatile toxique, de nature
(1) Annales de l’Institut Agronomique de Versailles (1848-1849).
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De ation semble-t-il : à celle qui a été trouvée “chez les Chilipodes.
Les souris et les grenouilles auxquelles le liquide est ino-
culé meurent paralysées.
Izquierdo a constaté cette sécrétion articulaire chez divers
insectes, en particulier chez les papillons du genre Euprepia. L'observation du liquide au microscope a révélé les mêmes
éléments figurés que dans le sang.
2° Papillons exotiques. — Laveran, dans son traité des: Leishmanioses, mentionne qu’en Erythrée et en Abyssinie, la poussière irritante qui tombe des ailes d’un petit papillon nommé « Ghisua », est regardée comme la cause du bouton d'Orient. Il est établi aujourd’hui que cette affection a une. étiologie toute différente. |
Dans l'Amérique du Sud, l'existence de « mauvais papil- Jons » est nettement démontrée. Il n’est pas rare, d’apr?s M. Léger et P. Mouzels, de constater à Cayenne, à la fin de la saison des pluies, une affection vésiculo-érythémateuse particulière, très prurigineuse, presque localisée aux parties découvertes du corps et qui est attribuée à des papillons sans que l’on connaisse exactement leur état larvaire. Ces auteurs ont publié trois observations cliniques que nous reproduisons plus loin (Obs. XXIV à XXXI). L'abbé de Joannis rapporte ces Lépidoptères au genre Hylesia, de la famille des Saturnide.
Le duvet qui recouvre les ailes et la face supérieure de l'abdomen de ces papillons est constitué par de minuscules
épines qui sont de trois sortes:
a) Les plus nombreuses mesurent 140 à 150 & de long, sur
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une largeur maxima de 3 u; les deux extrémités sont acérées,
l’une d’elles présente des barbelures latérales ; { VS.
b) D'autres, de longueur plus que double (300 & ), quoique | de même Lirdeue ont la pointe moins fine (5 u); c) Certaines, enfin, ont une extrémité lancéolée et l’autre
en lame de couteau; elles sont plates, mesurant environ 2 w
d'épaisseur. Leur longueur est de 120 à 150 w. Il a été établi expérimentalement que les lésions cutanées décrites se rapportent à l’action irritante des papillons:
d’après les instructions des deux observateurs et sous leurs
yeux, le garçon de salle attaché au Laboratoire de l’Institut d'hygiène de Cayenne écrasa légèrement, entre le pouce et l’index droits, un des papillons capturés, puis se pinça la
face antérieure de l’avant-bras gauche. Il eut le lendemain
matin une éruption caractéristique, particulièrement prurigineuse, au niveau de toute la face antérieure de l’avant-bras gauche et du pli du coude du même côté. L’éruption dura près d’une semaine. |
Leger et Mouzels ont enfin Son à "une expérience rapportée plus loin (Obs. XXXII) d'où ils ont conclu que l’action des écailles n’est pas purement mécanique, mais qu’il existe un venin auquel ces productions épidermiques servent de support.
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