CHAPITRE I
GÉNÉRALITÉS
Les accidents éruciques sont causés, en Europe, par des chenilles, appartenant aux diverses espèces de one. nocturnes, étudiées au début,de ce mémoire.
Suivant que les parties touchées par ces insectes, ou atteintes par leurs poils, seront la peau ou les muqueuses, les affections prendront le caractère de dermite, de stomatite, de conjonctivite quelquefois avec kératite, etc.; il peut se produire des affections des parties plus profondes des voies respiratoires et du tube digestif; les organes génitaux sont quelquefois lésés.
Les affections provoquées par certains genres sont exceptionnelles ou encore très bénignes. Tel est le cas de l’irritation des téguments due à l’essence du Cossus; nous n'avons pas cru devoir passer cet insecte sous silence parce que sa secrétion a fait l’objet d'importants travaux en langue francaise; mais nous n’aurons pas à y revenir par la suite.
Le Dicranura vinwla est un lépidoptère peu commun, causant des accidents seulement chez les personnes qui manient
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la chenille, c’est-à-dire chez les enfants et surtout chez les naturalistes ; l’affection de l’œil, relatée par Shepheard-Walwyn (Obs. XXVI), est le seul exemple que nous connaissions d’un accident causé par une chenille à bourse prothoracique.
D’après Gervais et Van Beneden, la chenille du Lithosia caniola donne lieu aux mêmes accidents que les processionnaires et Marie Phisalix mentionne que le Lithosia griseola a, en Italie, une réputation presque aussi mauvaise que le Scorpion; mais le professeur Berlese estime (in litteris) que cette croyance est exagérée, bien que cependant l'espèce soit réellement urticante.
Enfin, il est bien connu que les Bombyces du chêne et surtout de la ronce occasionnent des démangeaisons assez vives et peuvent même produire un effet analogue à celui des piqûres d’ortie; nous donnons, aux observations XX à XXII, la relation sommaire de trois cas mentionnés par des naturalistes anglais. L’affection est d'ordinaire de courte durée, cependant Gervais et Van Beneden signalent que l’un d'eux ayant été piqué à l'index: par les poils de la chenille du Bombyx Rubi, il en est résulté une enflure et une irritation très persistante, dont les symptômes simulaient à certains égards ceux du rhumatisme goutteux.
L’exposé des affections dues à ces différentes espèces est donc fort court, non pas que les accidents soient rares, mais exceptionnellement ils exigent l'intervention du praticien et surtout l'envoi du malade dans un service de dermatologie où une observation complète pourrait être rédigée et publiée.
Il n’en est pas de même des affections causées par les Processionnaires et même par les Liparis, qui sont spécialement étudiées dans les chapitres qui suivent.