‹ Les Chenilles Venimeuses Et les Accidents éruciquesChapitre 27 sur 65 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

‘2e | Etiologie è

GÉNÉRALITÉS

Les accidents éruciques sont souvent des affections d’origine professionnelle, mais il suffit, pour en être atteint, de

- Séjourner, ou même de passer, dans une zone infestée par. les chenilles.

1° Affections d'origine professionnelle. — I n’est pas 2 possible de mentionner tous les accidents survenus aux ento- 4 mologistes qui ont étudié les chenilles, surtout les Proces- 3 sionnaires ; nous en citerons quelques-uns : Réaumur (Obs. D), 3 en décrivant le Cn. processionnea, prévient obligeamment les ; lecteurs de ses Mémoires sur les Insectes:

4 __ « Ceux qui peuvent avoir pris ici quelqu’ envie d’ observer ; ces républiques de chenilles et surtout leurs nids, auroient 1 à se plaindre de moi si je n’avertissois que ce n’est pas sans s précaution qu’on doit défaire ces nids, surtout lorsqu'ils sont 4 remplis de gâteaux de Coques (Chrysalides) et surtout encore é lorsque les papillons sont sortis des coques. ce ne fut qu’a- £ près les avoir bien observés que je m aperçus que je les avois | trop maniés. »

d Amoreux rapporte que son frère, Dom Amoreux, qui | occupait les loisirs que lui laissait la vie monastique à peindre

for. Paire

des chenilles, éprouva souvent, en les préparant, de cuisantes

démangeaisons. | EM)

.__ Daudet, avec la Processionnarie du chêne, Goossens avec l'espèce du Pin, ont volontairement provoqué sur eux-mêmes des accidents éruciques. | \

Morren (Obs. Il) rapporte les dermites survenues chez

toutes les personnes de sa famille par l’ouverture d’un bocal contenant des cocons de Cn. Processionea et Fabre a constaté à ses dépens, en étudiant le Cn. Pityocampa, que « Tout n'est pas rose dans la recherche de la vérité sur le dos de la processionnaire. »

* Le professeur W. Dubreuil (de Bordeaux) parle de ses souvenirs cuisants d’une endémie d’urticaire due à la processionnaire du chêne; C. du Bois relate un fait analogue (Obs. XIT).

La manipulation des Liparides laisse souvent aux doigts des entomologistes une désagréable sensation de cuisson; Ratzeburg mentionne qu’il eut de l’exanthème et de l’urticaire pour avoir donné à manger à des chenilles de Porthesia chrysorrhæa qu’il élevait.

Les gardes et les ouvriers forestiers employés à la destruction des chenilles sont nécessairement fort exposés.

Non seulement les hommes que Pissot employait à ce travail, lors de l’invasion de la processionnaire du chêne de 1865. au Bois de Boulogne, furent atteints, mais il est arrivé que, par suite de leur contact avec leur femme et leurs enfants, ceux-ci ressentirent les mêmes démangeaisons qu'eux, ce qui leur faisait dire que ces chenilles donnaient une « gale contagieuse ». Mais, ajoute Pissot, « ce fait s'explique d’une manière toute naturelle qui est celle-ci : c’est que les vêtements de ces hommes étant imprégnés de ces poussières (poils du

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