‹ Les Chenilles Venimeuses Et les Accidents éruciquesChapitre 29 sur 65 · LH SE · texte numérisé non relu

LH SE

dernière mue, que l’insecte est surtout urticant (Fabre), il faudra donc craindre la première espèce de fin mai jusqu'au début de juillet et la seconde en mars-avril.

La persistance des nids sur les arbres peut amener des accidents en toute saison, mais principalement pendant les fortes chaleurs (Obs. XVII). Dorthes avait déjà remarqué, en 1789, que le venin des chenilles agit peu l’hiver et devient très actif en été; cependant, observe-t-il, en frictionnant ou en chauffant la peau, l’action reparaît même par les temps froids. Les causes sont sans doute multiples, mais la présence de la sueur facilite certainement l’action du produit urticant. |

Les larves des Liparis se développent surtout au printemps pour se chrysalider vers juin, mais il est quelques espèces dont les chenilles existent en automne.

Age et sexe. — Il semble, a priori, que les hommes, en raison de leurs occupations à l'extérieur, doivent être plus éxposés que les femmes et les enfants à ce genre d’affection ; peut-être en effet beaucoup sont-ils atteints pendant les périodes d’invasion, mais, chez un grand nombre, l'accident passe inaperçu, ou tout au moins demeure très bénin; ce sont plutôt les femmes et les enfants qui réclament les soins du médecin; il y a là, en premier lieu, une question de terrain, sur laquelle nous reviendrons au chapitre suivant, mais il faut tenir compte aussi pour les enfants de l’insouciance avec laquelle ils manipulent tout ce qui leur tombe sous la main, et pour les femmes de la forme des vêtements.

C’est ainsi que les jeunes enfants peuvent être victimes d'accidents en maniant des chenilles ou des objets sur lesquels a passé la procession. Plus âgés déjà, ils s’infectent

es Sr =

en grimpant sur A chênes ou les pins pour . PRE Les nids d'oiseaux. k | ù M. Dumouthiers, membre de la Société: de Pharmacie, rapporte (in litteris) que, montant souvent sur les arbres dans sa jeunesse, en Bourgone, il arriva que des débris d'écorce tombant dans son col, dans ses manches, lui causèrent des dermites douloureuses, que les jeunes ‘gens du Pays rapportaient fort bien aux chenilles.

Parazols cite, d'après le Docteur Balard, médecin à Sabres (Landes), le cas d'un enfant de deux ans qui s'était amusé

à pétrir une vingtaine de chenilles processionnaires du pin et qui ne se gênait pas de s’en frictionner la face. Un PAIEO |

urticoïde avec tuméfaction en résulta. 39 Un fait de même nature est rapporté à l'observation XVI. Laudon avait observé que les hommes ont les jambes bien protégées par les bottes, très usitées dans les régions marécageuses de l’Allemagne du Nord, tandis que le vêtement féminin favorise la contamination. Les poils du miroir, mis en mouvement par le moindre courant d'air, se répartissent

partout, or les jupes agitent l'air par le fait même de la’

marche et ies poils, abondants sur le sol, sont soulevés et arrivent au contact des membres inférieurs insuffisamment protégés. L'auteur a constaté la présence des poils du miroir dans la poussière d'un chemin forestier, même après des averses et des ouragans.

Lalesque (1890), après avoir fait remarquer que les pa: pules se rencontrent plus particulièrement sur les parties découvertes du corps: face, cou, mains, avant-bras, constate qu’on les trouve « plus fréquemment encore sur les jambes, surtout chez les femmes et cela malgré les bas. La finesse de ce vêtement chez les habitants de la ville d'hiver (Arca-

rer

chon), rend compte de ce défaut de protection des jambes... »

« Les cuisses sont plus rarement atteintes, sauf chez les femmes du peuple, qui ne portent pas de pantalon. »

L'opinion du docteur Lalesque se trouve confirmée par l'observation du professeur W. Dubreuilh (XIV) concernant une dame atteinte surtout aux membres: mais plus aux membres inférieurs qu'aux supérieurs, avec beaucoup de lésions aussi au bas-ventre et aux organes génitaux; par l'observation de Parazols (XV), où le mollet et le cou-de-pied étaient | rouges et tuméfiés ; par l’observation de Frèche (XVID) « les élevures siègent sur la face externe des bras et des cuisses ».

Il est même vraisemblable qu'un tissu très fin, à mailles larges, peut favoriser l'implantation des poils, en leur permettant de présenter leur ponite normalement à la surface de la peau. On a signalé que les gants ne suffisaient pas à protéger les mains. : ;

Il est important de noter que le contact direct des chenilles ou de leur nid n’est pas nécessaire pour provoquer un accident érucique; ces larves agissent d’une façon toute différente des autres animaux venimeux, tout au plus pourrait-on faire une lointaine comparaison avec certains Coelentérés, qui décochent sur leur proie ou sur leurs ennemis des flèches urticantes ; les Processionnaires laissant à l’air le soin d'essaimer leurs dards; ils vont ainsi beaucoup plus loin.

Durant les années d’invasion de Cnethocampa, les dermites éruciques peuvent se multiplier au point de mériter le nom d' « urticaire endémique » ; l’affection a été décrite sous ce nom, en 1892, par le professeur W. Dubreuilh,

AS

M es di à

Page 1