‹ Les Chenilles Venimeuses Et les Accidents éruciquesChapitre 35 sur 65 · IO · texte numérisé non relu

IO

cacher dans le sable. Leurs lèvres les touchent souvent et, par suite de ces contacts répétés, il survient une tuméfaction très prononcée des lèvres et de la langue, avec boutons, disent les bergers. Cette tuméfaction gêne d’une façon manifeste les effets de succion à un tel point que les agneaux dès ce moment ne peuvent plus têter. Ainsi commence pour eux une période d’amaigrissement, de laquelle ils ne se relèvent pas toujours. Mais alors, les bergers soucieux de leur métier, les alimentent à la cuillère. Ils emploient contre cet accident des lèvres, des lotions d’eau miellée, »

Les chiens ne sont pas indemnes; M. Mégnin rapporte le fait suivant: « En 1855, dans une villa, près de Marseille, des jeunes chiens présentèrent tout à coup des symptômes de stomatite grave: bave à la gueule, lèvres et gencives en-

flées, langue raide, de couleur gris sale; impossibilité de

manger et de boire; puis disparition de tous les symptômes en Vingt-quatre heures. »

L'auteur pense que les poils de la processionnaire du pin s'étaient accumulés sur des feuilles de chiendent mangées par ces chièns. Le même vétérinaire a observé un autre cas près de Fontainebleau, dû sans doute à la processionnaire du chêne.

Zürn, qui fut professeur à l'Ecole vétérinaire de Leipzig, a observé des cas d’entérites chez les poules et les canards, qui avalent gloutonnement les chenilles.

Mais la plupart des faits rapportés concernent le cheval, Nicolaï cite des chevaux qui, S’étant trouvé dans la sphère d'action des Cn. Processionea, prirent le mors aux dents et ‘« moururent comme des animaux furieux ». Nous reproduisons d’autre part une observation (N° XIX), due à Pour-

quier, concernant deux chevaux infectés par la processionnaire du pin; l'affection consiste en une éruption de boutons circulaires de 4 à 7 m/m de diamètre avec un prurit se traduisant par du grattage et des ébrouements. Ce. vétérinaire a vérifié son diagnostic étiologique en reproduisant l’affection expérimentalement sur un autre cheval.

Laudon rapporte avoir constaté sur les jambes de devant d’un cheval, près du poitrail, des nodosités grosses comme un petit pois jusqu'à une noisette, qui dépassaient la peau en hémisphère. Des accidents de cette nature ont été constatés sur les chevaux de l’armée: Taschenburg rapporte qu'en

manœuvres, en Saxe, des chevaux de dragons ont eu la tête bouffie et refusaient la nourriture; on a constaté que le foin

provenait d’une région où il y avait une invasion de Cn. Pinivora (in Laudon). ARS

L'observation de Rohr (XIII) concerne des chevaux campés en forêt à Fontainebleau, en juin 1898. Ce vétérinaire militaire a constaté de l'urticaire sur la peau, de la tuméfaction des muqueuses, un pointillé rouge sur la pituitaire, une salivation intense. Il s'agissait sans aucun doute d’accidents dûüs au Cn. Processionnea.

Cadeac indique que les chenilles de Porthesia chrysorrhæa occasionnent également des stomatites chez les sohpèdes. ï

Les accidents cutanés signalés chez les animaux domestiques sont donc analogues à ceux constatés chez l’homme mais, en raison même de leur genre de nourriture, les herbivores sont tout particulièrement exposés aux affections

des voies digestives.

Quand aux animaux sauvages, ils sont eux-mêmes incom-

CE

ni

ECS M NEONE 77 RS

LÉ

da.

Page 1