‹ Les Chenilles Venimeuses Et les Accidents éruciquesChapitre 57 sur 65 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

J. Caras (Bull. Soc. agricole et scientifique des Pyrénées- Orientales, 1897)

Les poils (de la processionnaire du pin) sont doués d’une propriété vésicante très énergique; nous en parlons par expérience.

Leur contact ne tarde pas à faire éprouver une vive démangeaison dégénérant bientôt en une véritable cuisson, rappelant tout à fait la douleur causée par les engelures.

La partie cuisante enfle légèrement mais sans qu ’il soit Ro de distinguer le point piqué. À partir de ce moment, la démangeaison ne cesse pas. Elle se propage peu à peu sur les différentes parties du corps, mais principalement sur les mains, le cou, les yeux. L’enflure augmente partout et, si on ne sait pas résister à la tentation de se gratter, on voit surgir une infinité de boutons au centre desquels, avec une loupe, on peut apercevoir un point rougeâtre. Ces boutons persistent trois à quatre jours et les parties contaminées s'étendent peu à peu jusque sur les parties du corps protégées par les vêtements: Quand il y a une éruption un peu considérable, elle est toujours accompagnée de fièvre.

En 1889, tous les gardes des reboisements, par suite du mode d’échenillage employé, furent obligés, en raison de ces inflamations et des indispositions qu’elles amenèrent, de cesser tout service pendant plusieurs jours. L'un d’eux même eut une éruption si rapide des paupières qu’il devint momentanément aveugle et qu’on dut le porter chez lui.

Nous ne pouvons pas indiquer de moyens curatifs absolus, mais le meilleur procédé employé par nous, pour supprimer l’irritation. consistait à passer le doigt, trempé dans de l’ammoniaque pur, sur les éruptions. Cela faisait éprouver une cuisson assez wive pendant un instant, mais les démangeaisons disparaissaient vite et, avec quatre ou cinq frictions, renouvelées de trois heures en

trois heures, nous arrivions à supprimer ht nflammation, le bouton d’éruption persistant cependant trois ou quatre jours. Nous

nous sommes également bien trouvés dans des cas d'éruption

sur tout le corps, de bains sulfureux prolongés pendant une heure.

Ho __ OBSERVATION XIX LE

(concernant le cheval)

PoURQUIER rs de médecine vétérinaire, 1877; "D - 51)

Le 12 mars 1876, M. O. B. un de nos grands amateurs de.

chevaux de Montpellier, s'aperçcut que les deux carrossiers uti- -

lisés à son servicé ‘étaient dans un état d’agitation insolite. Un de ses employés vint me prier de a bien aller en reconnaitre la cause. | :

Au moment de notre visite, le prurit, d’ après le cocher, a beaucoup diminué. Sur les parties du corps non’ recouvertes par la couverture et sur les côtés de l’éncolure, se montrait une éruption de boutons circulaires, saillants, du diamètre de 4 à 7 millimètres, disséminés en certains points et confluents en d'autres En frottant légèrement avec la main les points où siège l'éruption, l'animal témoigne un certain plaisir. En dehors de ces symptômes, rien d’anormal dans l’état général des sujets. Le coche: raconte que, quelqués heures avant notre visite, les deux chevaux avaient été pris subitement et au même moment d'une violente démangeaison; qu'ils se frottaient l’encolure sur les bords de la mangeoire, les épaules et la croupe contre les stalles de l'écurie. Cette agitation était suivie de quelques rares ébrouements. Presqu'en même temps, le cocher avait éprouvé du prurit aux poignets et sur la peau fine du cou. Je rémarquai, dans ces régions, des boutons circulaires d'une teinte rosée.

Quelle pouvait être la cause d'une pareille infection ?

Intèrrogé sur les moindres détails de la journée, le cocher affirma que, depuis la veille, les chevaux n'étaient point sortis de lécurie. Parmi les mille détails insignifiants qui me furent communiqués, un seul attira mon attention : dans le voisinage de

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à = = ; ; à 3 : \ 7 : ; N 2 y > Ps | ARE — 161 —

| l'écurie | se trouvaient ste: pins d’ Alep (Pinus alepensis).… PAT GES Le palefrenier s'étant aperçu qu'un grand nombre de chenilles : TE descendaient du tronc d'un de ces arbres et traversaient une des RA

allées du jardin, avait, à l’aide d'un balai de l'écurie, aggloméré FINE toutes ces chenilles pour les enfouir dans le sol. Peu après, le f même outil servit à balayer le sol de l'écurie où se trouvaient les

deux carrossiers, et c'est 410 que Kasitations et le prurit : s'étaient ; ; manifestés. . : Fr

Désireux de savoir si les chenilles étaient la cause unique de cet urticaire, je fis l'expérience suivante: dans une écurie assez $ DE vaste se trouvaient deux chevaux; le premier de race tarbe, re plein d’ardeur; le deuxième, modeste cheval de labour breton, de nn naturel fort tranquille. Rien à la surface de la peau, tranquillité parfaite. Je roulai sept ou huit chenilles dans un morceau de | toile, sans écraser le corps.. Examiné à la loupe, ce morceau de toile montra une multitude de poils adhérents au linge. Je fis des Se frictions sur le côté gauche de l’encolure du cheval de labour. “+ et fis faire par un jeune garçon de 14 à 15 ans, une nouvelle fric- & tion sur l'épaule du même animal.

Dix minutes après, le cheval ainsi frictionné lève la tête par saccades, secoue l’encolure, dans l'intention évidente de se débarrasser de ce qui le piquait. Puil il en vint à faire des mouvements plus énergiques, et à frotter les parties atteintes contre le mur et les bords de la mangeoire.

Un peu plus tard, les démangeaisons parurent se produire aux Æ lèvres, car le cheval frottait vivement ces parties dans la man- 4 geoire, il s’ébrouait aussi de temps en temps.

Cette agitation persista cependant une demi-heure environ avec

toute son intensité. Peu à peu les symptômes se calmèrent et

finirent par disparaître. Une heure après la friction, l’animal,

"al examiné au grand jour, offrit une éruption de boutons en tout semblables à ceux observés sur les chevaux de M. O. B...

Le cheval tarbais (éloigné d’une dizaine de mètres du précédent) qui n'avait pas été frictionné, ne présenta aucun des symp- 4 tômes signalés.

sa main ainsi qu’ ’au pourtour “aù GOU Cette éruption fut surtout très intense chez le es garçon, car, pendant cinq ou six jours, il éprouva de fortes démangeaisons et les boutons ne disparurent que Ce huitième JOUR AU Les caractères anatomiques de la chenille me permirent de reconnaître que. c'était la chenille du Bombyx pityocampa ou cu nille processionnaire du pin. / HR |

3° Dermatoses

causées par le Bombyce de la Ronce : (Bombyx Rubi)

OBSERVATION XX H. Sxarp (The entomologist, octobre 1885, p. 324)

Je viens d'observer un cas d’urtication due à la larve du Bombyx Rubi chez un de mes amis, qui a apporté un certain nombre de ces chenilles du Devonshire. Ses mains sont couvertes de petites vésicules blanches et il souffre d’un œdème accompagné d’inflammation. C’est la première fois que je vois cette espèce causer une telle irritation. L'effet semble varier avec les individus; certains paraissent sensibles à ce pouvoir urticant mais jusqu'ici il n’a eu aucun effet sur moi.

OBSERVATION XXI Jenkyns (The entomologist, janvier 1886, p. 42)

I y a longtemps que j’ai remarqué le pouvoir urticant du Bombyx Rubi. Lorsque j'étais enfant, je ne pouvais prendre

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AE cette chenille sans qu'il me vienne des petites vésicules blanches comme des piqûres d'ortie, mais j'ai remarqué que c'était seu lement les poils courts qui piquaient: ils s'arrachaient et restaient sur.mes mains, tandis que les poils longs semblaient tout à fait inoffensifs. J'ai observé la même chose avec le Bombyx Quercus, “mais à un degré minute:

OBSERVATION XXII Loxe (The entomologist, 1886, p. 45)

Ma sœur et une de mes amies m'ont apporté, l'été dernier, un grand nombre de larves de Bombyx Rubi, rencontrées en -__cherchant de la fougère à Glenhean (Argyllshire). L'effet causé sur leurs mains par ces chenilles était le même que celui des piqures d’ortie et cela persista pendant quelques jours. Il es: intéressant de remarquer que ces deux RÉRORES portaient alors des gros gants de conduite. R

. Je n'ai jamais éprouvé pareil inconvénient avec les larves de “3240 cette espèce, mais j'ai remarqué une légère irritation après avoir tenu en main des cocons de Bombyx Quercus.

4° Affections causées par le Liparis ‘4 | (Porthesia) chrysorrhæa

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