‹ Les Chevaliers du Lansquenet (volume 2)Chapitre 31 sur 33 · LES AIIODHB O'UN FOU · texte numérisé non relu

LES AIIODHB O'UN FOU

front brûlant de la fièvre d'amour. Soudain son attention fut distraite par un fait, minime au premier abord» mais dont l'importance lui fut presque immédiatement révélée. Il lui semblait qu'un papillon blanc voltigeait devant la fenêtre, tantôt s'élevant, tantôt s'abaissant, et se heurtant parfois au carreau de cristal.

Un examen plus attentif lui démontra bien vite que le prétendu papillon était un billet plié en huit et qui se balançait à l'extrémité d'un fil de soie. Les jambes de Marc- Henry fléchirent et ses yeux se voilèrent d'un nuage. Cependant il ouvrit la fenêtre et saisit le billet. Le fil de soie eéda aussitôt, évidemment la correspondance aérienne tStait parvenue à sou destinataire. Il déploya vivement la lettre qui lui tombait du ciel, ou plutôt du premier étage, et lut ce qui suit, avec des frémissements de bonheur et des explosions de volupté mal contenues :

« Mon ami,

» Je n'ai rien oublié.

• Je ne sais pas si vous m'aimez toujours,,, moi, je vous aime encore. , je vous aime assez pour vous sacrifier, si vous le voulez, la position brillante que le hasard m'a faite.

» Depuis votre visite, o^ se défie, on me surveille,, mais qu'importe!

j» Ecrivez-m^i,

» Chaque jour, à la même heure, et par le moyen que je viens d'employer, vous recevrez un mot de moi et vous pourrez me faire parvenir vos lettres.

» A bientôt, n* est-ce pas?

» J'envoie mon âme à votre âme.., Que ne puis- je envoyer de même mes lèvres à vos baisers l »

368 LES AjtèMs i'vs vdfS.

Mâro^enry répondit ^n toute hâte quelgaes lignes brûlantes, et le fil de soie remonta, chargé de son précieux dépôt. TVois minutes après rarrî Vée à bon port de ce mysfêrieu^t envoi, IHscrète eiitra chez ravocàl. Le reflet de la joie innneiise qui rayonnait encofe"sùr les traits du jeune homme n*êchappa pofitt an coup d'œii eiercé de la camériste. Elle en (Jpvina la cao^. Une ride ûiigiionn^ et passagère se dessina entré ses deux sourcils chkrmants et etie dit d'une voix pres^iué triste :

— Jfe ne reviendrai plus!

— Pourquoi? s'éci-îa Marc-Heiity, qui ne voulait point que son bonheur pût feirë couler une larme.

— Parce que ma présence vous serait désolinais pénible... A défaut deTaide que je vous i'eftiiîais, vous avez trouvé quelque moyeil de dire ou d'écrire â ma maîtresse que vous Taimieie... Elle vous à répondu sans doute qu'elle vous aimait aussi... Vous touchée au but, et vous n'avez que faire des tendresses d'une pauvre fille T..

— M«is, Discrète, je vous assure., balbutia Marc-Hénfy.

— Que je me trompe?

*— Sans doute.

— Ah ! vous m'assurez cela!

— Oui.

— En vérité! Eh bien! je m'en rapporte à itou», vous êtes homme d'honneur, Marc-Henry ; jul^ que ce que je vous ai dit est feux : jûrez-moi que vous n*avez ni écrit, ni parlé à madame la comtesse de Navaîlles... et je vous croirai !

— Je ne puis jurer cela... à quoi bàû? fit le jeune homnie avec un trouble extrême.

— Vous voyez Wen ! reprit Diserète d'utt afr triste; jô vous le répète, je m'en vais et je ne reviendrai plus.

La camériste de Psyché fit quelques pas vers la porte, mais elle s'arrêta pour ajouter :

— Soyez tranquille cependant, je ne trahirai pas votre secret, Marc-Henry, et si vos amours vous portent malheur, comme je le crains, comme je le crois, ne m'ar cusez pas, car, aussi vrai que je suis bonne fille, je n*au* rai rien fait pour ça ! Allons, Marc-Henry, puisque nous nous quittons, quittons-nous du moins bons amis !

Et Discrète approcha son front de la bouche du jeune homme, qui, sans trop savoir ce qu'il faisait, lui donna un baiser.

— Pauvre garçon ! pensa la camériste en regagnant le premier étage , pauvre garçon ! et dire que tous les honmies sont comme ça, et qu'il n'y a pas moyen de les empêcher de faire les sottises qui leur plaisent. J'aurais bien parlé, mais il ne m'aurait pas crue ; ainsi, décidément, j'ai mieux fait de me taire! N'importe! je sens que je l'aimais, car c'est un beau garçon et c'est un brave cœur !

Huit jours durant, le fil de soie fonctionna, et chaque matin une lettre de Psyché, plus ardente que celle de la veille, venait inonder de flammes nouvelles Fâme trop aimante de Marc-Henry. Le neuvième jour, rien ne parut, et déjà notre héros commençait à ressentir les contractions nerveuses de l'inquiétude et de l'impatience, quand tout-à-coup la sonnette de la porte extérieure fîit mise en branle avec une violence inaccoutumée. Marc-Henry, pour éviter d'être surpris au moment de l'arrivée de sa correspondance aérienne, ne manquait jamais d'éloigner

370 LBf ,AMO|ï^ i^'pp ^v.

son doii^esticpp à rbeuire 4e. so^' tendre m^sp^^et n'ouvrait lui-même à persomie.

A deux ou trois reprisf^, la clocl^ette reteotU éperdumeat^ puis le bruit ç^s&a. Mai^ bientôt ime fprme de iiemf^e^ dessipa Qpntrela fenêtre du jardia et appela MarcrHpni^y. G'^tfdt D^ràte. Elle était p^ejet ppirai^sait sipgi^lièremqnt agitép.

— G'çst mpi qui spunala, ditTeUe ; (myreJHnoî ^ur-le. cbamp ! il le faut!... il faut q\^^ je vou^ p^rle !

Uo instaiit après, eljie entrait dans ie salon de l'^YOcat. Sa pâleur avait encore augmenté , et ses yeux exprimaient le trouble et l'effroi .

— Qu'yaTt*il? qu'avez^vous ? deii^anda Marc-Henry en lui prenant la main.

Discrète retira vivement cette main et répcmdit: Ilya que si vous refusez d!ajouter foi à mes paroles, im horrible malheur vous menace...

— Un malheur ?

— Écoutez... mais d'abord répondez-moi... sans {^rases, sans détours... la vérité... rien que la vérité !

-. Eh bien?

— Ypus avez pour cette nuit un r^nde^^^voivs a^ma ipaîtresse?

Discrète pronqnç^^ ces mpts d'une voix lente et pour ainsi dire pénétrante.

— Non, répliq^iaMarc-Ifenry.

— Est-ce bien vrai ?

— Oui.

— Vous me le jurez ?

— Je vous le jure.

r-F^seleçi^ qi^e je^e sois ^^ipi^l «IHHU^nt t

LES Al^OUBS H'xm FQU. . ^Tf

c'est îippossible... Enfin, vous allez tout savoir, vo^s jugerez après. Vous êtes fou de madaine la comtesse qui ne vous aime pas, car elle en aime un autre...

— Discrète ! s'écria Marc-Henry avec colèïe, vous mentez !

— Attendez un inst^t, et je vous en supplie, ne m'interrompez pas ! Je vous le répète , vous verrez ! Donc, ma maîtresse a un amant. Elle trompe son marii elle Ta toujours trompé, elle le trompera toujours, et je ne vois pas grand mal à ça ! Pourquoi l'épousait-il? car enfin, savez-vous ce qu'elle était avant son mariage, cette femme que vous croyez un ange ? Elle était moins que je ne suis aujourd'hui, moi qui vous parle, elle était comédienne^ et fille entretenue ! . . .

Marc-Henry baissa la tête et ne répondit pas. Il se voyait forcé de s'avouer à lui-même que le passé de celle qu'il ain^ait donnait une vraisemblance terrible aux accusatiims de Discrète.

— J'arrive aux faits, reprit la camériste. Il y a unci heure à peine de cela, je portais à madame une robe que laçonturièce venait d'envoyer. La porte était fermée en dedans. Je regardai par le trou de la serrure. Ma maltresse écrivait.

« — Qui estlà ?demanda-t-elle.

• Je me nommai. Elle vint ouvrir, puis elle m'ei^joignit de pousser le verrou intérieur, et elle se remit à écrire. Au bout de quelques minutes, monsieur le comte vint frapper à la porte à son tour. Madame ne fait jamais attendre monsieur le comte, afin d'éviter des scènes violentes de jalousie. Elle me fit signe d'ouvrir ; mais eamâme ^pn die cacha précipitamment dans le tiri^ir

d'une étagère la lettre qu'elle venait de plier et dont elle avait tracé l'adresse.

» Monsieur le comte venait chercher ma maîtresse pour la mener quelque part avec lui. Ils sortirent ensemble, et je restai seul dans la chambre.

» Je suis franche, Marc-Henry; aussi, je vous le dis sans détour, mon premier mouvement fut d'ouvrir le tiroir et de prendre la lettre. Les caractères de la suscription avaient la forme de caractères imprimés, il était par conséquent impossible de reconnaître la main qui les avait tracés. Devinez , Marc-Henry, si vous le pouvez, quel nom je lus sur cette lettre ?

— Le mien ?

— Non pas ! celui de son mari, le comte Hector de Navailles !

— ^ En effet, voilà qui est étrange !

^ Attendez, vous n'êtes pas au bout. La lettre ne contenait que trois lignes. Devinez, si vous le pouvez, ce que ces trois lignes disaient...

— Eh! le sais-je...?

~ Elles avertissaient monsieur le comte que sa femme à minuit, recevrait son amant!

— Discrète ! Discrète ! que dites- vous...?

— Ce que j'ai vu; — cette lettre m'épouvanta... je n'en compris pas le but, mais je tremblai pour vous... Voilà pourquoi je suis venue...

— Mais votre maîtresse ne m'a point écrit, et je n'ai pas de rendez- vous...!

A peine Marc-Henry achevait-il ces paroles, qu'il poussa un cri et courut à la fenêtre. Un papillon semblait voltiger <^vant les vitrages. Au fil de soie pendait

LE8 AMOUnS d'un FOU. 373

un billet. Ce billet renfermait une petite clef. Marc- Henry le parcourut du regard, puis le papier fatal s'échappa de ses mains. Discrète le ramassa et le lut. En voici la reproduction littérale :

« Entrez dam la chaumière qui s'adosse au mur de la N maison, et dans laquelle le jardinier serre ses outUs.

» Dans le panneau du milieu, vous verrez une ser- » rure.

» La clef que je vous envoie s* adapte à cette serrure et n ouvre une petite porte qui démasque un escalier tour- » nant ; cet escalier conduit à ma chambre à coucher ; » je vous attends à minuit.

» A tout hasard, soyez armé. »

Marc-Henry restait debout, mais son front penché, son regard morne, son attitude inerte, lui donnaient l'aspect d'un homme dont quelque attaque de paralysie foudroyante vient d'envahir et de désorganiser le cerveau.

Discrète, émue jusqu'aux larmes par cette immense et muette douleur, lui dit d'une voix basse et douce :

— Eh bien ?

— Marc-Henry ne répondit pas.

La camériste lui toucha l'épaule en ajoutant :

— Que ferez-vous?

L'avocat ne parut point entendre. Il fit quelques pas en chancelant et d'un air égaré; puis, se laissant tomber sur un siège, il cacha sa tête entre ses deux mains , et de longs sanglots ébranlèrent sa poitrine. Discrète se pencha, ramassa le billet et la clef, cacha ses deux objets dans son sein et quitta la chambre en murmurant :

— Il est sauvé !

374 L£ë AUOtBs d'un fou.

La stupeur de Marc-Henry n*était qu'apparente. Son atonie physique résultait de la dévorante activité de sa pensée. Un éclair venait de traverser les profondes ténèbres qui l'environnaient, et l'œil de son âme avait entrevu la vérité hideuse. Il avait tout compris.

Le plan de Psyché s'étaft présenté à son esprit dans tous ses détails, avec une lucidité terrible. Cette femme! cette femme pour laquelle il aurait doimé, sans hésiter, son sang, sa vie, et jusqu'à son honneur, s'apprêtait à jouer une partie infâme, dont lui, Marc-Henry, était l'un des enjeux. Voulant à tout prix en finir, voulant, même par un crime reconquérir sa liberté, Psyché mettait en ptésence 4e tnari et Tamant, provoquait une infiaillîble Ititte, et comptait sur la force et sur la jeunesse de Marc* Henry pour faire pencher ensaikveiu' la balance du hasard.

Si l'amant succombait dans la nocturne rencontre qu'elle venait de préparer, la partie était perdue, c'est vrai... Mais elle avait tout calculé, elle avait tout pesé, et elle s'était dit que sur cent chances, quatre-vingt-dix étaient pour elle.

A mesure que Marc-Henry s'enfonçait plus avant dans dettes sombre contemplation, il se passait en lui quelque éhose d'étrange. Il lui semblait sentir sdn cœur se gonfler et ses veines charirer du féu. Un voile s'étendait sur son intelligence et séparait en deux zones distinctes les deux époques de sa Vie. L'une de ces zones, celle qui renfermait son existence actuelle, s'entourait d*une obscurité impénétrable. L'autre, éclairée de sinistres lueurs, se

peuplait des figures et des souvenirs du passé. Il se revoyait, contrebandier hardi; errant sur !es crêies du Jura.

Gomme dans les visions duDante, le fantôme de, Marie de Ghâlans enlacé à celui de lïorand le douanier, passait devant ses yeux, à travers un tourbillon formé de brouillards, de pluie et de Técume des eaux. Et le ;^ent des montagnes roulait ces ombi^s aihoûreuses, comme il roule lee feuilles sè<;hes aux approches de Thiver. '^

Psyché venait ensuite, mais non point celle d'aujourd'hui... La comédienne apparaissait rameuse et chantidt des mélodies inconnues sur un théâtre fantastique ...

McÉTc-Henry riait et pleurait, pouvait des cris d'amour et des cris de souffrance. H avait perdu la conscience de son être. La Me deseendait en lui.

Discrète, pendant ce temps, s'occupait à changer le dénoûment du drame préparé et dans lequel le hasard seul la poussait à intervenir. Épouvantée des sinistres projets de sa maîtresse, elle avait résolu de jouer vis-àvis d'elle le rôle de la Providence, qui fait avorter les mauvais desseins et punit le coupable, quand son heure a sonné.

Elle connaissait le véritable amant de Psyché. Elle lui fit parvenir la clef de ïa petite porte, ainsi qiié le liïïlet a^essé à Marc-Henry, billet qui ne portait point de nom, nos lecteure doivent s'en souvenir. Ceci fait, die attendit.

ta nuit était descendue sur Paris. Tous les bruits du dehors s'étaient successivement assoupis, et le silence

376 LB8 AMOUBS d'UM FOU.

régnait seul dans les profondes solitudes do la rue de l'Abbaye. A la chute du jour, le domestique de Tavocat avait déposé sur la table du salon deux bougies allumées. Ces bougies se consumaient lentement et ne dissipaient qu'à demi les ténèbres de la vaste pièce qu*elles étaient chargées d'éclairer.

Minuit allait sonner.

La crise de Marc-Henry touchait à sa fin. Il releva la tête. Il promena sur les objets qui l'entouraient un regard étonné ; puis posant la main sur son front et cherchant à se rendre compte de ce qui venait de se passer , il interrogea sa mémoire. Ses souvenirs revinrent en foule. Il chercha à ses pieds la lettre de Psyché. Nous savons déjà pourquoi il ne la trouva point. L'heure du rendez-vous approchait.

— J'irai ! s'écria le jeune homme, j'irai ! dussé-je y mourir !... Peut-être la révélation de Discrète est-elle un odieux mensonge... Peut-être ai-je fait un mauvais rêve... A la garde de Dieu d'ailleurs... mon sort s'accomplira... J'y vais!...

La pendule indiquait minuit moins cinq minutes. De même qu'il avait cherché la lettre, Marc-Henry chercha la clef : mais la def avait disparu comme la lettre.

— Qu'importe ? se dit-il, j'enfoncerai la porte!

Il saisit une des bougies, entoura la flamme de ses deux mains, afin d'en dérober les rayons indiscrets, gagna le jardin et atteignit la chaumière dans laquelle il entra. A peine en avait-il franchi le seuil, qu'un courant d'air éteignit sa bougie. Cependant il avait pu s'apercevoir que la porte secrète était largement ouverte, et son regard

s*était enfoncé dans les spirales ténébreuses d'un étroit escalier.

Étonné, comme de raison, de cette circonstance imprévue , il s'orientait en tâtonnant et cherchait la première marche de l'escalier mystérieux, quand, à travers le silence absolu de la nuit, il entendit résonner le timbre sonore d'une horloge lointaine. En même temps, et comme si les vibrations qui se perdaient dans l'air en eussentdonné le signal, un cri terrible retentit au-dessus de sa tète, et deux détonations successives ébranlèrent jusque dans leurs fondements les frêles parois de la chaumière. Un crime venait de se consommer sans doute.

Le premier mouvement de Marc-Henry fut de s'élancer en avant. — Mais soudain une clarté vague illumina les parois du couloir secret. — Puis un corps opaque intercepta cette clarté, tandis qu'un pas inégal et rapide résonnait sur les degrés de pierre.

Marc-Henry recula.

Une forme blanche glissa à côté de lui, et des vêtements de femme le touchèrent en passant. — Cette forme sortit de la chaumière. — Marc-Henry la suivit. — Sous les pâles lueurs de la lune naissante il reconnut Psyché. Psyché l'entendit marcher derrière elle et se retourna. — Se.^ cheveux blonds flottaient sur sa robe tachée de sang. — Elle vint droit à lui.

Il allait lui parler, mais elle ne lui en laissa pas le temps. — Elle le saisit avec une incroyable force par le collet de son vêtement. Elle le contraignit pour ainsi dire à s'agenouiller devant elle, et lui criant d'une voix entrecoupée par la colère :

378 LÉÉ AuéxTKi d'un fou.

— Malheureux !... 6*estponr toi qti*il meurt... mais je vais le venger.

Elle le fhippa deux fois de suite, en pleine poitrine , avec une arme s^cërée et tranchante, qu'elle laissa dans la plaie , Marc-Henry poussa un sourd gémissement. 11 appuya ses deux iraîns ^nr sa blessure, comme pour arrêter le ruii^au sasiglant qui s'échappait. Ses yeux ^ voilèrent. La ^rre sembla tourna soùs ses pieds, et il tomba évanoui sur le sol.

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