LE DOMESTIQUE
Très-bien, monsieur le comte. (Il sort,)
GEORGES
Vous permettez, mon cher ami, que je fasse ma toilette devant vous? nous sommes pressés, et il n'y a pas de temps à perdre, si nous voulons trouver notre homme chez lui avant l'heure de la bourse.
Pais&a ! je tondrais lÀen vchp cpie tobs vous gèiumrfei avee idoU surtout quand to«s allez vous dévasgfr i^ettv me rendre u& service^
(Georges s'habille pend(&4 igie Jules achève tranqyUle^ ment son cigare : quelques mois insigmfiantA smt é^umgés entre les deux jeunes gens, le domestique rentre apportant les papiers tinibrés qu'il dépose sur une UM^J*
J\IiES.
Maintenant, mon ami, expliquez-moi ce q^"û (aut que je fasse.
GEORGES (négligemment j acbeiimi sa Unktie)^ £h bien ! signes^
IULES
Où? comment? je ne suis pas du tout au courant des formules d'usage. C'est la première fois de wl vie que je souscris une lettre de change.
GEORGES (à part).
La première fois! pauvre garçon ! sTI savait !... (ffaut.j Prenez un des chiffons, dépIoycz-le, et placezr-Ie devant vous de manière à pouvoir écrire en travers. Y êtes-vous?
jiTLES (la plume à la mainj, l'y suis.
GEORGES
Fort bien. Maintenant les mots sacramentels : acceptée pour la somme de cinq mille francs payables dans sus mois.
JULES (achevmt d'écrire.) Wt^ qui est fail.
GEORGES
Imitez : fkomte Mes de Nodésmes, et feHes'^n au* tant sur les trois autres thnfyres. (Mes écrit et signe.}
mtt.
i<iiU¥oitt dooG*»Mllm dft Aiigef tth
GEOR(aEB f§ttiimeïïtf.
Vous venez, mon ami, 4» iierdre la virginité de l'ae* cepbMeai YMsav» bailtiL moMaief wmsStm dbager en billets de banque de vils papiers à deux franov dn« qoante centimes! (RkmiJ Momkm Garai, i'sd rhonnear de vous saluer avec le respect m& vous est dû.
JOLES (riant aussi).
MataitCMnt Je puis me reposer sur mes boifecit H s'y a fios rien à &lre, n'est-ce pa$!
Pardon, mon ami; une dernière formalité est fndtspiii' aaUe t prenez èa papier à leCtre, et ëcrivex encore ce ifoe Je VIES vous dictmr.
niSB (sa dispasmt à écr^j, FailenAsl
ctmism (aidant j^.
Monsieur, M. le comte étEnîragws se charge Se mua remettre des acceptations pour une affaire qu'U vous expU^ quera M-même. Comptai qii^dUê seront exactement payées à l'échéance, Keceve:^ Vmsuramet te 9a parfaite conMération. — Vicomte Jules de Nodésmes, — Paris, ce 1" février 1845.
JULES (répétant ces derniers mots).
Ce V* février 1845 . A quoi bon ç^tte lettre f
GEORGES
Cest l'usage. Tous tes banquier9 et escompteurs tien^ nent k avdr entre learsr mains une pièce qudcooqne proavftftt que les Miels ou lettres de change qu'ils négO'
46 tu CHEYALIIRS DU LANSQUENET.
dent sont leur légitime propriété. — Maintenant l'adresse : A Monsieur SaUmon David, négociant, rue des Bons-Enfants, n"" 3, à Paris. Voici une bougie allumée ; cachetez et scellez avec vos armes.
1 JULES
Je T8ds chercher mon cachet, et je reviens. (Il sort.j
s€is:«B III.
GEORGES r'settiA
{Georges saîiU ta lettre et la relit avidement. Sa figure prend une expression radieuse et triomphante. Il ouvre son secrétaire^ et il y prend les huit acceptations de sept cent vingt-cinq mille francs^ $ignées par le vicomte pendant la nuit qui suivit le souper chez Mazagran),
J'en suis venu à bout! victoire! victoire! comme j'ai conduit cette affaire ! comme j'ai englué ce pigeon ! allons ne désespérons plus de rien ! le sort ne m'a point abandonnéy et la fortune me sourit toujours! auprès de moi Crispin n'était qu'un niais, et MascariUe qu'un écolier!
(Il met son chapeau et prend ses gants).