‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désert (volume 2)Chapitre 14 sur 60 · MALADIES SPÉCIALES · texte numérisé non relu

MALADIES SPÉCIALES

Farcin (el djedri, petite vérole). — Les Arabes appellent le farcin : el djedri, la petite vérole. Ils le subdivisent, suivant le danger qu’il présente, en quatre catégories, à chacune desquelles ils assignent un nom différent.

Ces quatre catégories sont :

1° Bou sebahh (le père du chapelet). Ge sont des boutons qui suivent le trajet d’une veine soit à l’encolure, soit sur le :orps, ou bien aux extrémités antérieures ou postérieures. On les regarde comme faciles à guérir.

2° Bou salem (le père du sauvé). C'est le farcin qui vient sur différentes parties du corps ou des extrémités, mais à de très-grandes distances. Boutons rares et éloignés.

9° El kholt (le mélangé). Il vient aux extrémités antérieures ou postérieures, ne suit pas le trajet des veines et se trouve entremêlé. Il passe pour dangereux, et même aprés guérison laisse toujours des traces.

4° Enfin, el ferg (le disséminé). Il vient sur tout le corps, aux lèvres, sur l’encolure, sur les extrémités. Ses boutons,

qui sont petits, paraissent et puis s’effacent; l’animal boite d’une jambe, cette jambe se guérit, quelques jours après il boite de l’autre; 1l fait toujours face au soleil, renonce à la nourriture, maigrit considérablement et finit par rendre des matières sanguinolentes par les naseaux, c’est un symptôme précurseur de la mort. L'un des signes infaillibles de cette terrible maladie, c'est une corde sans boutons qui s’étend depuis l'oreille jusqu'au poitrail, en suivant l’encolure; le mal arrivé à cette période prend le nom de bou chekhare (le père du ronflement).

Pour guérir le farcin, bou sebahh, il suffit de faire, avec

une faucille rougie, une raie en travers au-dessus du bouton le plus élevé, tous ceux qui sont au-dessous crèveront d’euxmêmes ou sécheront. Les Arabes prétendent que, le farein gagnant toujours de bas en haut, c’est la seule manière de l'arrêter.

Si les boutons ne crevaient pas d'eux-mêmes ou ne séchaient pas assez vite, on en aurait bientôt fini en les enduisant de miel et en les perçant avec une baguette de laurierrose rougie au feu.

Pour le bou salem, on met le feu au-dessus et de chaque côté des naseaux à une petite glande qui s'y trouve et que l’on nomme oulsis. Cette glande, disent les Arabes, est le père du farcin. On va jusqu'à l'enlever, en se bornant, pour tout pansement, à mettre du sel sur les blessures qu'occasionne cette opération. On complète, au besoin, ce traitement en mettant le feu aux boutons avec le miel et le laurier-rose.

Le kholt. On le traite en faisant d’abord, avec la faucille, une raie transversale au-dessus du bouton le plus avancé, pour l'empêcher de gagner, puis on met le feu à tous les boutons avec le miel et le laurier-rose. Si cette opération a été faite au membre avant qu'il fût enflé, le cheval guérit ; dans le cas contraire, il guérit encore, mais ne revient Ja-

MALADIES SPÉCIALES. 201 mais à son état naturel. Le farein est alors passé à l’état de rebou.

Quant au ferg, qui amène toujours le bou chekhar, les Arabes ont essayé, pour le guérir, tous les movens imaginables, et ils n’ont pas réussi. Ils sont tellement convaincus qu'il est sans remède, qu'ils forcent le propriétaire du cheval qui en est atteint de le tuer. S'il ne le fait pas, 1l est contraint, par la loi, de payer le prix des animaux qui viendraient à périr par suite de son imprudence.

Quand on met le feu, 1l faut ensuite faire une application de goudron, renouveler et terminer toujours par une application de goudron. On préfére mettre le feu avec le laurier rose, parce que «son fiel » est déjà par lui-même un excellent moyen de guérison.

L'exercice est fortement recommandé pour le cheval opéré du farein.

Les Arabes croient que le farein est contagieux et qu'il a une grande analogie avec la petite vérole.

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