‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désert (volume 2)Chapitre 48 sur 60 · EN ST A · texte numérisé non relu

EN ST A

LA NOBLESSE CHEZ LES ARABES. 289 les hommes d'une vie dissolue et les femmes d’une conduite abandonnée. Il doit apporter à celle qu’on lui donne pour compagne un corps robuste et une âme où la souillure ne soit jamais entrée. On lui choisit une jeune fille d'une naissance égale à la sienne, d'une réputation intacte, et, s'il se peut, d'une grande beauté. Ce sont les femmes de sa famille qui s’assurent de ce point. On leur permet un examen dans les tentes où résident les filles à marier. On le fiance d’abord, et puis les noces ont lieu.

Le premier jour de ces fêtes, qui, semblables à celles de la naissance, ont une longue durée, est le jour de l’enlèvement (nhar refonde). Quatre ou cinq cents cavaliers magnifiquement vêtus, montés sur leurs plus beaux chevaux, munis de leurs armes les plus précieuses et conduits par les parents de l'épouse, se rendent à la tente de l'épousée. Des femmes voilées montées sur des chameaux et sur des mules les accompagnent. On choisit pour cette heureuse mission les plus jeunes et les plus Jolies filles de la tribu. La route, qui dure quelquefois trois journées, est une fantusia continuelle. Les chevaux galopent, la poudre résonne, et les femmes jettent au vent ce long er1 d'amour et de Joie qui remplit d’un attendrissement indicible l'âme des enfants du désert.

Quand ce cortége triomphal arrive, le père de la fiancée se présente : « Soyez les bienvenus, dit-il, Ô les invités de Dieu ! » Et ce sont des repas, des réjouissances jusqu'au lendemain, où l’on se met en marche de nouveau. Cette fois la mariée est dans la troupe, montée sur une mule ou sur une chamelle richement caparaçonnée. Elle n'a pas dit adieu à son père. Un sentiment un peu raffiné de pudeur lui interdit de paraître devant lui au moment où sa condition va changer. Il lui a été également défendu de voir ses frères ainés. Sa vie de jeune fille est finie; désormais c'est à une autre famille qu'elle appartient. Au moment du départ, sa mère l'embrasse tendrement et lui dit :

« Vous allez quitter ceux dont vous êtes sortie, vous allez vous éloigner du nid qui vous a si longtemps abritée, d’où vous vous êtes élancée pour apprendre à marcher, et cela pour vous rendre chez un homme que vous ne connaissez pas, à la société duquel vous n'êtes pas habituée. — Je vous conseille d'être pour lui une esclave, si vous voulez qu'il soit pour vous un serviteur. — Contentez-vous de peu. Veillez constamment sur ce que ses yeux pourraient voir, et que ses yeux ne voient jamais d'actions mauvaises. — Veillez à sa nourriture, veillez à son sommeil; la faim cause l’emportement. l’insomnie donne la mauvaise humeur. — Ayez soin de ses biens, traitez avec bonté ses parents et ses esclaves. Soyez muette pour ses secrets, — Lorsqu'il sera joyeux, ne vous montrez pas chagrine, — Lorsqu'il sera chagrin, ne vous montrez pas joyeuse.

« Dieu vous bénira! »

Pendant que s’accomplit ce voyage nuptial, le fiancé a préparé une tente richement ornée qu'il a placée sous la surveillance de quelques amis. C'est là qu'entre la mariée avec sa mère et ses parentes. On lui offre un repas recherché, et autour d'elle se célèbre une fête où depuis la pou-

dre jusqu’à la musique on a réuni tout ce qui entretient la

joie au désert. À dix heures du soir, le mari se glisse dans la tente, devenue déserte et silencieuse. Le lendemain matin, la mère de la mariée reçoit des mains de l'époux la chemise de sa fille, Elle étale aux yeux de tous ce trophée et dit à l'épouse fière et honteuse à la fois : « Que Dieu te donne la force et la santé! Tu n'as pas trompé nos espérances, tu es une brave fille, tu n'as jamais jauni notre figure. »

Les fêtes d'un mariage se prolongent souvent pendant trois jours et trois nuits. Elles recommencent toutes les fois que le mari prend une nouvelle femme. La loi permet à un chef arabe d’avoir quatre femmes à la fois; mais ce nombre ne suffit pas à contenter les désirs de ces natures mobiles et voluptueuses. C’est en vain que, par une coutume qui rappelle les mœurs bibliques, l'époux musulman peut associer des concubines à ses femmes légitimes : cette tolé-

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rance est insuffisante encore. [Il faut que le divorce vienne au secours d’insatiables et incessants appétits. On cite tel chef arabe qui a eu douze ou quinze femmes légitimes. La paix, comme on peut se l’imaginer, est loin de régner dans des intérieurs où la loi souffre de pareils éléments de désordre. Quelquelois la tente est divisée en deux parties. Une chambre est exclusivement réservée pour les femmes, une autre appartient au mari; celle-là reçoit à son tour chacune des femmes qu'il choisit pour la compagne de ses nuits. Cependant cette disposition est rare ; l’amour polygame, enfermé dans une seule pièce, est d'habitude obligé de se passer et du mystère et de la pudeur. Aussi arrive-t-1l sans cesse que des jalousies terribles naissent secrètement, grandissent peu à peu et finissent par éclater. Souvent une femme aimée entre toutes ses compagnes est atteinte d’un mal mystérieux ; elle se flétrit, elle languit et meurt; un poison préparé par la main d’une rivale est entré dans ses veines. C'est le côté sinistre des mœurs orientales. Le crime s'y accouple à la volupté.

Un fait prouve le rôle immense que jouent les femmes dans l’existenee des musulmans. Dites à un Arabe qu'il est un lâche, il supportera cette injure. S'il est lâche, c’est que Dieu l’a voulu. Traitez-le de voleur, il sourira ; le vol à ses yeux est quelquefois une action méritoire. Appelez-le tahan, mot que le langage de Molière pourrait seul traduire avec une concise énergie,.et vous allumerez dans son âme une colère qui ne pourra s’éteindre que dans le sang. Le seul homme auquel un Arabe ne doit jamais pardonner, c'est celui qui a donné le droit de lui jeter un jour au visage cette épithète malencontreuse.

Aussitôt qu’il est marié, le noble du désert entre dans une vie nouvelle, dans une sphère d'action personnelle. Il est émancipé, non point absolument toutefois s’il n’est pas chef de tente, s'il n’est pas maître de son bien, si son père vit

encore. Cependant, même dans ces conditions, il comptera dorénavant dans sa tribu comme homme de bras et de conseil, et il achèvera par expérimentation cette éducation de grand seigneur, jusqu'alors ébauchée par l'habitude des bons exemples et des bons avis. Il a déjà ses clients, ses chevaux, ses slouqui (lévriers), ses faucons (oiseaux de race), tout son équipage de guerre et de chasse.

Ses clients sont les jeunes gens de son âge, les courtisans de son avenir; — ses chevaux ont été choïsis parmi ceux qui portent bonheur (mesaoudin) et de la généalogie la plus vraie ; — ses slougui, il les a nourris de dattes écrasées dans du lait, du kouskoussou de ses repas : il les a dressés lui-même, et tandis que les chiens roturiers de la tribu aboïent la nuit aux hyènes et aux chacals, les slougui couchent à ses pieds sous la tente et jusque sur son lit ; — ses faucons ont été élevés sous ses veux par son fauconnier (biaz), et lui-même a eu soin de les habituer à son eri de lancer et de rappel.

Dans ses équipages de guerre et de chasse se pressent les fusils de Tunis ou d’Alger, damasquinés, montés en argent, et dont le bois est incrusté de nacre ou de corail, les sabres de fass aux fourreaux d’argent ciselés, les selles brodées or et soie sur velours ou sur maroquin. Pour compléter l’équipement, nommons encore la sabretache (djibira) ornée de peau de panthère, les éperons (chabir) argentés, incrustés de corail ; le medol, haut et large chapeau de paille, empanaché de plumes d’autruche; la cartouchière (mahaxema) en maroquin piqué de soie, d'or et d'argent.

Un jour, quand son père aura payé la contribution que Dieu frappe sur toutes les têtes, cette vaste tente (kheërne) sera sienne, avec tous ses meubles de luxe, tapis, cous<ins de repos, sacs à bijoux, tasses en argent, provisions de chasse, de guerre et de bouche pour toute la famille. au nombre de vingt-cinq ou trente, maitre et serviteurs. À lui

seront encore cet étalon et ces juments entravés en vue de la tente. Ces huit ou dix nègres et négresses, ces dépôts de blé, d'orge, de dattes, de miel, prudemment placés à l'abri d'un coup de main dans un Æsour (village), ces huit ou dix mille moutons, ces cinq ou six cents chameaux dispersés au loin dans les pèturages sous la garde de bergers errant avec eux. Sa fortune alors pourra être évaluée à 25 ou 26,000 douros (125 ou 130,000 francs).

A l’âge où nous l'avons laissé, dix-neuf ou vingt ans, il n’a point encore à se préoccuper de la gestion de cette fortune. C’est un homme de plaisir aujourd'hui. En temps de paix, à cheval, suivi de ses amis et de quelques serviteurs, montés sur des chameaux, qui tiennent en laisse ses lévriers ou même les portent devant eux, quand il se rendra aux pâturages éloignés pour visiter les troupeaux, ce sera l’oc- . casion d'une chasse à l’autruche, à la gazelle, au begueur el ouhache, selon le terrain et la saison. Ses éclaireurs, lancés à la découverte, ont-ils signalé des autruches, les chasseurs, gagnant l’espace, les enlaceront dans un cercle d'abord immense, et qui se resserrera peu à peu Jusqu à ce que, les ayant en vue, on se lance sur elles à fond de train en jetant le cri de chasse. Chacun choisit sa victime, la suit dans les mille tours et détours de sa course désordonnée, l’atteint alors que, battant des ailes pour aider à ses jambes, ‘elle est forcée, et l’achève d’un coup de bâton sur la tête, car ure balle ensanglanterait et souillerait le plumage.

Si ce sont des gazelles, qui souvent, tant elles sont nombreuses, semblent de loin le troupeau d’une tribu, les cavaliers se dirigent vers elles pendant que les serviteurs qui les suivent serrent la gueule aux chiens pour les empêcher de crier. À un quart de lieue de distance, on les lâche en les excitant de la voix : « Mon frère! mon ami! elles sont là! les vois-tu? » Derrière -viennent les chasseurs au petit galop; mais les gazelles ont pris la fuite, et ce n’est qu'après

une course éperdue de deux ou trois lieues que les lévriers entrent dans le troupeau, dont les cavaliers, cette fois lancés à toute bride et dispersés en demi-cercle, font refluer la masse sur les chiens. Chaque slougui a fait choix d’un des plus beaux mâles. Celui-ci bondit, s’élance, revient sur son ennemi, le combat de ses cornes, le franchit d'un saut : mais bientôt il brame plaintivement et sent ses jambes se roidir. C’est son eri de mort : d'un coup de dent sur la nuque, l'impitoyable lévrier lui brise les vertèbres, et le chasseur arrive, qui le saigne au nom de Dieu! (bessem Allah !)

Mais la chasse aristocratique et seigneuriale par excellence est la chasse au faucon. Le faucon élevé sous la tente. sur un perchoir auquel il est attaché par une élégante lanière de maroquin, est soigneusement nourri par le chef même et dressé par lui. Son capuchon et son harnachement sont historiés de soie, d’or, de filali, de petites plumes d’autruche. Ses entraves sont brodées et ornées de petits grelots d'argent. Aussitôt son éducation achevée par des chasses au leurre, son maître invite ses amis au premier lancer. Tous sont fidèles au rendez-vous, bien montés. Le chef marche en avant un oiseau sur l'épaule, un autre sur le poing garni d’un long gant de peau. « Après un goum partant pour la guerre, rien n'est beau, disait Abd-el-Kader, comme le départ pour une chasse au faucon. » Les chevaux hennissent et partent en bondissant, les cavaliers se dispersent dans les broussailles, battent les touffes d’alfa ; un lièvre part, le faucon est aussitôt décapuchonné, et son maitre lui erie : Ha ou! ha ou! (le voici!) L'intelligent oiseau pique une pointe à perte de vue, on croirait qu'il veut trahir (s’échapper); mais tout à coup il fond sur sa proie avec la rapidité de l'éclair, il l’étreint dans ses serres et l’étourdit ou même la tue, et lorsque son maître arrive au galop, 1l le trouve lui dévorant les veux. Si c’est une houbara (outarde) que les chasseurs ont levée, le faucon la suit dans son vol : elle

monte, il monte avec elle; tous les deux se perdent un moment dans l’espace hors de la vue des chasseurs attentifs, puis tout à coup on les voit retomber en tournoyant : l'outarde a les ailes brisées. Son vainqueur la tient sous lui pour que seule, disent les Arabes, elle subisse le choc de cette effroyable chute et l'en préserve.

Ces jeux violents faconnent la noblesse aux travaux de la guerre et de la razzia. Une caravane a-t-elle été pillée, les femmes de la tribu ont-elles été insultées, lui conteste-t-on l’eau et les pâturages ; les chefs se réunissent, la guerre est décidée. On éerit à tous les chefs des tribus alliées, et tous arrivent au jour indiqué avec leurs goums et leurs fantassins. On se jure solennellement, au nom d'un marabout vénéré, de se prêter mutuelle assistance et de ne faire qu'un seul et même fusil. Le lendemain, sans plus tarder, tout s’'ébranle et se met en mouvement, y compris les femmes, montées sur les chameaux, dans des palanquins qui ne sont pas toujours assez discrètement fermés. C'est un pêle-mêle pittoresque de chevaux, de guerriers, de fantassins faisant bande à part. Sur les flancs de la colonne, les jeunes gens les plus ardents s'éparpillent en éclaireurs ou plutôt en chasseurs, Car part-il une gazelle, une antilope, une autruche ou même un lièvre, les voici s'élançcant à la suite de leurs lévriers, et plus d'un audacieux saura, profitant du désordre, se glisser auprès d’un palanquin où 11 est attendu, v monter avec l’aide d'un serviteur bien payé, pour n'en redescendre qu'à la nuit, à la première halte.

De son côté, la tribu ennemie fait ses préparatifs; après quatre ou cinq jours de marche, les partis sont en présence. Les éclaireurs se rencontrent les premiers et commencent les hostilités par des injures comme les héros d'Homère; peu à peu le combat s'engage par petites bandes de quinze ou vingt, et bientôt tout s'anime et s'ébranle. La mêlée devient générale : tous les fusils partent à la fois, toutes les bouches

se provoquent par des eris et des imprécations, et l’on s'attaque enfin corps à corps à coups de sabre.

L'heure est venue cependant où celle des deux tribus qui a perdu le plus d'hommes, de chefs surtout et de chevaux, est obligée de plier et de se rabattre sur son camp. C’estun sauve-qui-peut désordonné où les plus braves font encore de temps en temps volte-face pour tirer à l'ennemi quelques balles perdues. Il n'est pas rare alors que le chef s’élance en désespéré, le sabre au poing, dans la mêlée, et tombe glorieusement frappé. Après la victoire le pillage : l'un dépouille un fantassin, l’autre un cavalier renversé; celui-ci dispute à celui-là un cheval, à cet autre un nègre, un beau fusil, un yatagan de prix, et gräce à ce désordre, plus d’un vaincu pourra sauver ses femmes, ses chevaux, ses objets les plus précieux.

A la rentrée sur son territoire, la tribu est accueillie par une fête où l’allégresse se traduit par des festins et des offrandes aux marabouts dont il importe de se ménager les influences. La plus large hospitalité est donnée aux alliés, à qui l’on paye également le prix de leurs services(zebeur). On les reconduit ensuite à trois ou quatre heures de marche dans la direction de leur territoire, et l'on se quitte enfin en se renouvelant le serment « de venir au secours les uns des autres le matin, si l’on est demandé le matin, la nuit, si l'on est demandé la nuit. »

À mesure qu'il avance en âge, l’Arabe acquiert plus de gravité; chaque poil blanc de sa barbe le ramène à des idées plus sérieuses ; il fréquente plus volontiers les gens de Dieu et se montre envers eux plus généreux; il est plus religieux, on le voit moins souvent à la chasse, aux noces, aux fantasias. Ses occupations de chef lui laissent d’ailleurs moins de temps libre : il lui faut rendre la justice, accroitre son bien, élever ses enfants, se ménager des alliances. Néanmoins l'esprit chevaleresque de sa jeunesse ne fait que

sommeiller en lui: que la poudre parle pour une insulte faite à sa tribu, il né restera point sous la tente. — Trop heureux, dira-t-il, de mourir en homme au combat, et non pas comme une vieille femme. Certaines grandes familles se vantent hautement de n'avoir point souvenir qu'un seul de leurs ancêtres soit mort dans son lit.

S'il échappe pourtant à cette fin désirée, dès qu'il se sent sous la main de la mort, il fait venir ses amis, car l'amitié chez les Orientaux est conviée à tous les grands actes de l'existence humaine. « Mes frères, leur dit-il, quand il lui est possible de parler, je ne vous reverrai plus en ce monde; mais je n'étais que de passage sur cette terre, et je meurs dans la crainte de Dieu. » Puis il récite la chehada, c'est-àdire l’acte symbolique de la foi musulmane: « [ln y a qu'un seul Dieu, et Mohamed est l’envoyé de Dieu. » Si sa bouche se refuse à prononcer ces paroles sacrées, un des assistants lui prend la main droite et soulève son index; ce signe, auquel le mourant adhère avec toute l'énergie qui réside encore dans son enveloppe terrestre, est un témoignage rendu à l'unité de Dieu. Quand il a accompli la chehada, il peut mourir en paix.

Les pompes humaines ne font point défaut au chef arabe, surtout au guerrier mort en combattant pour sa tribu. On l'enveloppe dans un linceul blanc, et on l expose sur un tapis dont on a relevé les bords. Les 7eddabat, c’est-à-dire les femmes qui remplacent en Orient les pleureuses antiques, se tiennent autour du mort les joues noircies avee du noir de fumée et les épaules drapées avec des étoffes à tentes ou des sacs en poil de chameau. À quelques pas d'elles, un esclave tient par la bride la jument de guerre ou de fantasia, la favorite du défunt; au kerbous de la selle pendent un long fusil, un vatagan, des pistolets, des éperons. Un peu plus loi, les cavaliers, jeunes et vieux, muets de douleur, sont assis en cercle sur le sable, leurs haïks relevés jus-

qu'au-dessous des yeux, leurs capuchons et bernous rabattus sur le front.

Les neddabat chantent sur un D ere lugubre les lamentations suivantes :

Où est-il?

Son cheval est venu, lui n’est pas venu; Son sabre est venu, lui n’est pas venu ; Ses éperons sont là, lui n'est pas là :

Où est-il ?

On dit qu'il est mort dans son jour frappé droit au cœur.

C'était une mer de kouskuessou, C'était une mer de poudre; Le seigneur des hommes, Le seigneur des cavaliers, Le défenseur des chameaux, Le protecteur des étrangers.

On dit qu'il est mort dans son jour.

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