‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désert (volume 2)Chapitre 7 sur 60 · AU NOM DE DIEU LE CLÉMENT ET LE MISÉRICORDIEUX · texte numérisé non relu

AU NOM DE DIEU LE CLÉMENT ET LE MISÉRICORDIEUX

« Nous avons assisté aux courses de chevaux; quoiqu'il füt de grand matin, déjà la foule était compacte comme à l’époque du pèlermage.

« De tous côtés on amène les chevaux, mais personne ne connait mieux que nous l’art de les élever et de les dresser.

« Nous sommes arrivés à la pointe du jour, avec des chevaux aux sabots creux comme des coupes; les étoiles leur avaient annoncé le bonheur.

« On les range d’après la pureté de leur race : LE NOBLE SE TROUVE A CÔTÉ DU NOBLE.

« Dans leur nombre, il s’en trouve un noir, aux membres robustes et orné d’une marque blanche au front; quand il sent la bride dans la bouche, il s'enlève, franchissant les lignes tracées pour indiquer le but.

« L'étoile qui brille sur son front égale l'éclat de Mirzam (étoile de la constellation d'Orion).

€ Puis un bai-brun aux crins noirs, doué par la nature de qualités admirables, au poil lisse, portant aussi l'étoile au front et une marque blanche sur la lèvre supérieure.

« Ensuite un noir-zain sans pelote, mais partageant leurs excellentes qualités.

« Ils ont été amenés pour faire l'admiration des spectateurs impatients de les voir paraître dans la lice.

« Des cavaliers les montent, robustes comme des barres de fer et petits de taille ; leur voix ressemble au rugissement du lion.

« Assis sur leurs coursiers, ils semblent des étourneaux planant sur le plateau d'une montagne,

« Ils se mettent enfin en ligne sur leurs chevaux au milieu de l’assemblée des spectateurs; un homme, musulman comme eux, siége en qualité de juge. Ils l'ont choisi d'un commun accord pour leur arbitre, et certes ses décisions ne seront pas entachées de partalité.

« Les chevaux lancés dans l’arène se dispersent aussitôt comme des perles qui tombent d’un collier, ou comme une bande de perdrix grises (KETAA), aperçue par un faucon qui fond sur elles, les attaquant avec fureur.

€ Le noir, à la marque blanche au front, arrive le premier.

«€ Le bai, à la sombre crimière, est le second, et le noir-zain est sans reproche, 1! arrive le troisième.

« Le Tr est le quatrième, il vient à la suite ; mais que l'habitant du Tanama est lom de l'habitant de Nenon !

« Le cinquième EL Mourran n’encourra pas de blâme, 1l a couru tant qu'il a pu.

« L’Aarir est le sixième ; 1l arrive tout inquiet encore, et sa crainte a failli l'arrêter en chemin,

« Le septième est le Hapr, Le distributeur des prix lui donne aussi le sien.

«Le Mounammis, qui donnait tant d’espérances à son maitre, est arrivé enfin le huitième. Il s’est trouvé déçu; le malheureux a rencontré en chemin l'oiseau de mauvais augure.

Q Il a laissé passer devant lui sept chevaux et est arrivé le huitième, mais le huitième cheval n’est pas des gagnants.

« Le neuvième arrive enfin, c’est le Larmm (le souffleté); 1l reçoit des coups de tout le monde,

« Sur ses traces vient en trottinant le Soxeir (Le silencieux), le trouble sur la figure et l’humiliation sur le front.

« Le cavalier qui le monte, aussi à la queue des autres, est l’objet des reproches de tous, mais plus encore son palefrenier.

« On aurait beau demander quel est son maître, ou n'aurait point de réponse de ceux que la honte à rendus muets.

« Celui qui ne conduit pas aux courses les chevaux les plus nobles par la naissance doit déjà s’en repentir.

« En y assistant, nous avons éprouvé la plus grande Joie, sans parler de la gloire'et du gain que nous y avons recueïliis.

« En échange des sept roseaux plantés au but de la course et enlevés par les sept premiers arrivants, nous avons reçu des cadeaux magnifiques, tels qu'il convient de les offrir.

« Des toiles rayées de l’Yemen, teintes de couleurs variées, et des haïks en soie et lame,

« Nous avons emporté toutes ces étoffes étalées sur nos chevaux, leurs bords étaient rouges comme du sang.

« Outre cela on nous a donné des pièces d'argent par milliers; mais cet argent, jamais nous ne le gardons, nous le distribuons entre les domestiques qui soignent nos chevaux, bien que nous les soignions plus qu'eux de nos propres mains.

L{ «Ce sont des chevaux qui n’ont pour boisson que l’eau la plus pure, et pour nourriture les aliments les plus choisis. »

La loi musulmane distingue trois manières d'engager les prix dans les courses de chevaux. La première est permise d'une manière absolue, la seconde est permise conditionnellement, la troisième est absolument défendue.

1%. Un homme étranger aux intérêts de la course offre un prix en disant : Celui qui sera vainqueur à la course gagnera

le prix. » Les rois, les chefs, les grands personnages que leur rang ou leur fortune met dans une position élevée offrent quelquefois des prix de cette facon, ce qui est permis sans condition.

2° Un individu intéressé à la course, dit: « J’offre un prix qui sera donné au premier arrivant. » Cette manière est permise, à la condition que si le donateur arrive le premier, ce prix sera donné à l'assemblée.

La troisième manière est celle où chacun des individus engagés dans la course offre un prix au profit de celui par lequel 1l est devancé. Ce genre de course constitue un véritable pari et est, par conséquent, absolument défendu.

À plus forte raison, les paris de personnes étrangères à la course sont-1ls formellement prohibés.

Dans le Sahara, si l’on donne souvent aux chevaux du lait de chamelle ou de brebis, 1l ne faut pas croire que ce soit là leur unique boisson. Il remplace d’ailleurs plus souvent l'orge, qui est rare, que l’eau, encore assez facile à trouver. Les Arabes sont convaincus que le lait maintient la santé et consolide la fibre, sans augmenter la graisse. Inutile de dire aussi que les gens riches, possédant beaucoup de chamelles, sont moins avares de lait que les gens pauvres, dont c’est la ressource à peine suffisante pour les besoins de leurs familles. Ces derniers l'étendent d’eau quand ils le peuvent.

Au printemps, on emploie le lait de brebis; dans les autres saisons, on y joint le lait de chamelle.

À Souf, Tougourt, Ouargla, Metlili, Gueléäa et dans le Touat *, où il y a plus de chameaux que de chevaux, où les grains sont plus rares que dans la première zone du désert, les dattes tiennent souvent lieu d’orge. Quand elles sont sèches on les présente dans une musette; le cheval en les mangeant rejette de lui-même les noyaux avec une grande

1 Voir, pour toutes ces localités, mon livre le Sahara algérien.

adresse. Dans certains pays, on sépare les noyaux, on les écrase dans un mortier, puis on les fait manger mélangés avec les dattes, qui ont été aussi légèrement broyées.

On donne également les dattes au cheval lorsqu'elles ne sont pas tout à fait mûres (belahh), il les mange alors avec les noyaux; tendres encore, ceux-e1 ne peuvent lui faire de mal.

Quand on veut mélanger les dattes avec la boisson, voici comment on procède : Après la récolte, on prend trois ou quatre livres de dattes fraiches, on les manipule dans un grand vase rempli d’eau, jusqu’à ce que la chair de la datte soit devenue une espèce de pâte liquide, on ôte les pellicules, les noyaux, et le tout, bien remué, est présenté au cheval.

Le régime de la datte engraisse les chevaux, mais n’affermit pas leur fibre.

Dans la première zone du Sahara, voici, par saison, le régime obligé des chevaux :

Au printemps, en général, on les déferre et on les envoie dans les pâturages qui, à cette époque, sont abondants en herbes succulentes et edoriférantes, connues sous le nom générique de el aächeub. Ils sont entravés. On a l'attention de fuir les contrées où pousse le ledena, plante veloutée dont la feuille ressemble à une oreille de rat. Elle est près de terre, ordinairement recouverte et cachée par le sable; elle occasionne au cheval qui la mange des coliques le plus souvent terminées par la mort.

Les gens de distinction qui ont beaucoup de domestiques et les cavaliers expérimentés ne donnent jamais de vert à leurs chevaux de guerre.

Riche ou pauvre, aucun ne fait manger d'orge; on la remplace par le lait de brebis, très-abondanten cette saison. Il maintient les chevaux dans un état parfait.

On fait boire une seule fois par jour, à deux heures de l'après-midi.

En été, on vient dans le Teull faire sa provision de grains; on y est entouré d'étrangers malveillants, quelquefois d’ennemis ; on na garde d'envoyer les chevaux aux pâturages, ils risqueraient d'y être volés ; ensuite on n est pas fâché de les avoir toujours sous la main pour l’une des mille circonstances qui peuvent survenir. On achète de la paille d'orge et de l’orge à ses hôtes. C’est l’époque de l’année où les animaux sont dans l'abondance.

J'ai dit de la paille d'orge, parce que les Arabes ne consentiraient pas à nourrir leurs chevaux de paille nouvelle de froment ; elle cause la jaunisse, pensent-ils, quand on l’emploie avant l'hiver.

Outre la crainte d’un voisinage suspect ou d’éventualités fâcheuses, un autre motif empêche les Sahariens d'envoyer, en cette saison, leurs chevaux au pâturage. Les chevaux entiers s’y trouveraient mêlés aux jJuments, dont la vue leur rappellerait les amours du printemps. Se barbouillant,-à toute occasion, les naseaux de leur urine, ils contracteraient une maladie grave que l’on nomme el kuerrefa. L'animal maigrit, son poil devient terne, il hennit sans cesse, aspire t'air, et ne veut plus manger. Pour le guérir, on l’éloigne des juments et on lui frotte l’orifice des naseaux avec du goudron imprégné de jus d’oignon. Les Sahariens sont tellement imbus de cette opinion, qu'un cavalier dans le désert aimerait mieux laisser son cheval saillir dix fois que de lui permettre de sentir l'urine des juments.

Si une raison quelconque empêche d'aller acheter des grains dans le Teull, les plaines ne présentant plus que des herbes desséchées par le soleil, on se rapproche des montagnes du Sahara où l’on a plus de chances de trouver de l'eau, des mares ou même des marais. Si cette ressource fait défaut, on s’en va camper à proximité des Kuesours !, on s’y

1 Kuesours, singulier Ksar, hameau, village ou ville du désert,

124 j LES CHEVAUX DU SAHARA.

fournit de paille à prix d'argent ou à titre d'échange. Dans les deux cas, les juments seules sont envoyées au pâturage: les chevaux restent entravés devant la tente, par crainte du kuerrefa.

On fait boire deux fois par jour, le matin de bonne heure et le soir après le coucher du soleil, l'expérience ayant démontré qu à ces heures l’eau était plus saine et plus fraîche. En cette saison, l'orge est indispensable.

En automne, on remet les chevaux dans les pâturages ; ils y trouvent le chiehh !, précieuse ressource dans le Sahara, où, pour vanter un homme capable et modeste en même temps, on dit :

Flane ky Echiehh Inedjem ou ma icheâa.

« Un tel est comme le chiehh; Il peut, et pourtant on ne parle pas de lui. »

Voilà pour le jour. La nuit, on donne à poignées le Seurr, espèce d'arbuste épineux. On le coupe près de terre, on le bat ensuite avec une baguette pour le débarrasser des épines sèches qui pourraient offenser l’œsophage ou les membranes de l'estomac. On en fait grand cas pour les principes nutrifs qu’il contient.

On prépare encore une autre plante assez semblable à la ronce sauvage et nommée el ddem.

On ne fait plus boire qu'une fois par jour, vers les deux heures de l'après-midi. Ce moment semble le plus favorable dans une saison où, la température devenant de plus en plus froide, l’eau a déjà perdu de sa fraicheur.

Les gens aisés donnent l'orge ; les pauvres ne le peuvent pas toujours.

! Chiehh. — Voir la note de la page 75, chapitre pr L'ÉTALON.

En hiver, les chevaux continuent à aller aux pâturages, qui déjà seront abondants en proportion des pluies survenues. Ils y trouveront le chiehh, el äâdem, le derine", etc., ete., qui suffiront largement à leur nourriture.

La nuit on leur prodiguera le bouse, que les Arabes nomment le frère de l'orge, tant ils apprécient ses propriétés nutritives. Le bouse n’est autre chose que l'alfa*, qui, au moment où il forme son épi, a été tiré par sa partiesupérieure, a cédé ét s’est dégagé de son enveloppe. Quand il est réuni en petites gerbes, on le coupe par morceaux, et 1l joue Île rôle de la paille hachée.

On utilise encore el alfa d'une autre manière. Avec une pioche on met à jour ses racines, on les débarrasse de leur enveloppe rougeûtre, l'animal les mange avec avidité. Get aliment prend alors le nom de queddeine ou xemouna, suivant les localités. Il est done nourrissant, mais ne dispense pas de l'orge. |

On ne fait boire qu'une fois par Jour, comme en automne.

C'est une locution proverbiale, chez les Arabes, que de dire : La nourriture du matin s'en va au fumier, mais celle du soir passe à la croupe.

1 Derine. — C’est le stippa barbata de Desfontaines, cette plante croît abondamment dans le Sahara. Les habitants de cette contrée peu productive vont courir au loin pour ramasser les graines de cette graminée; ils en rapportent souvent de bonnes charges. Ces graines, appelées el loul, servent aux mêmes usages que le blé : on en fait de la farine. (Le Grand Désert, page 386.) |

? Alfa. — Cette plante est très-répandue en Algérie; elle est d’une grande ressource pour la nourriture des chevaux; dans nos expéditions, les chevaux n’ont eu souvent que cette plante pour se nourrir.

C’est le ligé sparte (ygeum spartum). Les chaumes de cette graminée ne s'élèvent qu'à environ dix ou douze centimètres de hauteur. Cette plante est la stepa tenacissima, servant à faire en Orient les ouvrages dits sparterie. Dans quelques contrées de l'Algérie, les indigènes en font des nattes, (Le Grand Désert, page 371.)

Avec ce régime, les chevaux restent sveltes et élancés, ils sont toujours prêts à marcher, à courir, à faire enfin le rude service qu'on en exige dans le Sahara, Ils gagnent d’une manière étonnante quand, au lieu de quelques jointées d'orge et de la pâture dans des plaines desséchées par un soleil brülant, ils trouvent la nourriture du Teull. Que serait-ce donc si on les mettait au régime des chevaux européens? Au lieu d'être en chair, ils deviendraient gras, ils nous plairaient davantage, mais perdraient aux yeux des Arabes, fort peu appréciateurs de cette sorte de beauté, le plus souvent acquise aux dépens des qualités du cheval de guerre.

Toutefois, si l’Arabe est trop véritablement cavalier pour ne pas tenir avant tout à ces qualités, 1l est aussi trop amoureux de la pompe, de l'éclat, de la fantasia, s’il m’est permis d'employer un mot déjà populaire en France, pour ne pas se donner, quand 1l le peut, le luxe d'un cheval de montre et de parade. Aussi n'est-il pas rare de voir des Arabes de distinction laisser leurs juments chéries trois ou quatre mois attachées devant la tente, sans les monter. Elles prennent alors de l'embonpoint, et ne sont plus employées que dans les fêtes, les noces, dans toutes les circonstances où les chefs veulent représenter d'une manière brillante. Pour les chasses, les raxxias et les courses pénibles et lointaines, ils ont des chevaux de moins de valeur apparente, mais dont ils sont sûrs, et qu'ils ne craignent pas de fatiguer. Les juments dontnous venons de parler sont équipées avec un grand luxe, les stara (couvertures) et les brides sont brodées en or fin, les étriers sont argentés ou dorés, et les feutres (beda) sont aussi beaux que du drap; les plus estimés viennent de Ouareglàa.

OBSERVATIONS DE L'ÉMIR ABD-EL-KADER

Un matin, en sortant, un des compagnons du prophète le trouva essuyant avec son manteau la tête de son cheval. « Pourquoi avec ton manteau? — Que sais-tu, dit le prophète, peut-être l'ange Gabriel m'en a-t-1l voulu à cause de lui cette nuit. — Laisse-moi au moins lui donner sa nourriture. — Ah! répondit le prophète, tu voudrais prendre pour toi toutes les récompenses, car l’ange Gabriel m'a informé que chaque grain d'orge que mange le cheval m'est compté pour une bonne œuvre. »

Le Saharien abreuve son cheval de lait de chamelle, qui a la propriété particulière de donner de la vitesse, à ce point que l’homme même, d’après ce que racontent des gens de très-bonne foi, qui s’en portent garants, en en buvant exclusivement, pendant une durée de temps suffisante, acquiert une telle rapidité qu'il peut lutter de vitesse avec les chevaux. Et effectivement, le lait de chamelle fortifie la cervelle et les tendons et fait tomber la graisse qui ramollit les muscles.

Dans certaines parties du Sahara, les nobles et les cavaliers renommés ne donnent jamais le vert à leurs chevaux de guerre. Le lait, l'orge et les plantes connues sous le nom de chiehh, derine, bouse et seuliane, voilà leur seule nourriture. Elle ne développe pas le ventre et n’engraisse pas comme le vert, qui distend le tube intestinal, tant par la quantité énorme que le cheval doit en manger pour être rassasié, que par l’eau qu'il contient.

En été, on ne fait boire qu’à trois heures de l’aprèsmidi.

En hiver, on fait boire plus tôt, de midi à une heure. C’est le moment de la journée, où, en plein air, l’eau a perdu de sa fraicheur.

Ces principes sont exprimés dans le proverbe suivant, connu du dernier cavalier du désert :

Fe sekhana oukherou cherab-houm Ou guedemou aämaret-houm

Fe cheta guedemou Cherab-houm Ou stakherou aämaret-houm.

€ Dans les temps chauds !, reculez l'heure de l’abreuvoir, Et avancez l'heure de la musette ;

Dans les temps froids, avancez l'heure de l’abreuvoir, Et reculez l'heure de la musette. »

Chez les tribus du désert, à partir du mois d’août et pendant quarante jours, on ne fait boire que tous les deux jours. On suit la même méthode pendant les vingt derniers jours de décembre et les vingt premiers jours de janvier.

Pendant les temps PT les riches donnent de l'orge tant que le cheval peut en manger; ils diminuent sensiblement la ration pendant les temps chauds.

Le lait et le bouse peuvent remplacer l'orge.

Il est rare qu’on donne à manger le matin.

Le cheval marche avec la nourriture de la veille, et non avec celle du jour.

En voyant deux chevaux, l’un du Teull et l’autre du Sahara, l’homme qui n'a rien approfondi préférera toujours le premier, qu’il trouvera beau, gros, luisant et gras, et il méprisera le second dont il calomniera, l'insensé qu'il est,

1 Les Arabes entendent par temps chauds, depuis avril jusqu'à sCptembre inclusivement, ct par temps froids, depuis octobre jusqu’à mars inclusivement.

NOURRITURE. 129 toutes les qualités qui font sa force ; c’est-à-dire les extrémités fines et sèches, le ventre resserré et les côtes nues. Et cependant ce cheval du désert, qui connaît à peine l’orge, le vert et la paille, mais seulement le chiehh, le bouse et le seuliane, qui n'a jamais été abreuvé que de lait, qui, de bonne heure, a couru la chasse et la ghazia, aura la vitesse de la gazelle et la résignation du chien, tandis que l’autre ne sera jamais qu’un bœuf à côté de lui.

Les plus grands ennemis du cheval sont le repos et la graisse.

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