‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désertChapitre 18 sur 89 · LES CHEYAUX OT SAHARA · texte numérisé non relu

LES CHEYAUX OT SAHARA

Mon épéé, ma lance* de Boudaîna et mon^ alezan à la-taiUe élancée, traînant ses rênes à la fontaine^ la mwt lui ayant enlevé son «avaMer/ »

De tout tetnps, cher les» At^be^,- le cheval a ^tê V ttbjet dé-» U plus grande* sollicitude^ etrcette» sollicitude^ lé prophète^ rfa négligé awnui» occasion' deirénireletîir, dela-déielop^- • per ou de Taugmenter par le sestûnent rdigwttKvOil trouve ' dans' le recueil de see.coaversaliona les> ^préceptes ■ suivants :

d Lè.b(mhfiiuDdan8ice;>nnn(ie»' un- fichëi bètoii et les lè* • compeoBes^ éternelèasiisont :a^Ghés'iaa)toupetidôs ;che-> vaux. »

« Lès ntauvais esprits n entrent pas dans la tente tjù se trouve un cheval de race. »

n Les anges n'assistent qif,'au3L-tiîôis- plaisais suivants de rhonune ; « Les exercices guerriers, « Les joies de Tépoux avec réppuse, .

« Et, la course des chevaux . »

« QuAQdiiquelqu un neppâuti|)$israBplir tousrses devoins; religieux» qu'il enluetiieniierunîchavaLpouc lâ.cauâeidefiisu, et tous. se&:péahô& Juii seFOoat pardonné&z. J»

« Celui ;qui «ourri* tm^'cheval pour le triomphe de lé f eligioR fait mn fvèV maginfique à Dfiéu. » •

a Le cheval élevé sincèrement ddns là voie dé Dîéu, pour là guerre sainte, préi^çrvera son maîtïe du feti au jour de la résurrection. »

« tiulconque fait des ^sacrifices pour prépëurer un chevalà.. la guerre sainte sera traité dans l'autre monde commejun. martyr. »

« (kjui qui .dresse. >tHir£lievaLidans kvoie ded)ieaest

compté au nombre de ceux qui font l'aumône le jour et lu nuit, en secret ou en public. Il en sera récompensé; jamais la crainte ne viendra désbonorer son cœur. »

« L'argent qu'on dépense pour les chevaux passe, aux yeux de Dieu, pour une aumône qu'on fait de sa propre main. »

c Celui (jui soigne etîgarde un achevai pour le service de Dieu sera récompensé comme Thomme qui jeûne pendant le jour et passe la nuit debout à prier, »

(L Les chevaux demandent à Dieu de les faire aimer par leiiTs maiires. »

« Dieu vient en aide à ceux qui s'occupent des chevaux, et il allège les dépenses qu'on fait pour eux. »

c Chaque grain d'orge qu'on donne au cheval est inscrit parDieuxtans le registre des bonnes œuvres. »

(( Lè& martyrs de la. guerre sainte trouveront dans le paradis dés chevaux de rubis munis, d'ailes ; ila voleront au gré de leurs csivaliers K »

* Après avoir Ju tous ces préceptes, tous ces adages religieux, qui, par la tradHiou, si puissante chez les peuples musuhnanr, son^ connus du panrre comme duiriebevetî defignonuait) comme.da lettré, toa comprendra combien il est diûlcilade.dégder' les^ Ar^beA à vendre leurs chevaux de race à des chrétiens

Dieu a dit : « L'homme sera la plus noble des créature Sj^omme le cheval le plus noble des animaux. »

Les tribus qui habitent le Sahara ont toujours pu, mieux que celles du Tell, se soustraire aux caprices oppressifs et spoliateurs des divers conquérants de l'Atrique ; c'est donc évidemment chez elles que la race barbe a dû conserver toutes les qualités d'élégance, de vil esse et de sobriété qu'on s'accorde universellement à lui reconnaître. Aussi nous occuperons-nous seulement des chevaux de cette contrée; et, afin d'éviter de redire ce que chacun peut avoir lu dans les Hvres, nous laisserons parler les nombreux Arabes que nous avons interrogés.

Voici le portrait qu'ils donnent du cheval de race, chareb er-rehh, le buveur d'air :

Le cheval de race est bien proportionné, il a les oreilles minces et mobiles, les os lourds, les joues dépourvues de chair, les naseaux larges comme la gueule-du lion, les yeux beaux, noirs et à fleur de tête S l'encolure longue, le poi-

* Les oreilles minces et mobilcS; ainsi que les yeux saillants et vifs, an-

trail avancé, le garrot saillant, les reins ramassés, les hanches fortes, les côtes de devant longues et celles de derrière courtes, le ventre évidé, la croupe arrondie, les testicules serrés et bien sortis, les rayons supérieurs longs comme ceux de Faulruche et garnis de muscles comme ceux du chameau, les saphènes peu apparenles, la corne noire, d'une seule couleur, les crins fins et fournis, la chair dure, et la queue très-grosse à sa naissance, déUèe à son exlrémilé.

Vu de devant, il ressemble au pic d'une montagne élevée.

Vu de derrière, il paraît se pencher en avant comme pour se prosterner.

Vu de côté, il se monlre fort et bien d'aplomb.

11 doit avoir, en résumé :

Quatre choses larges : le front, le poitrail, la croupe et les membres ;

Quatre choses longues : Fencolure, les rayons supérieurs, le ventre et les hanches ;

Quatre choses courtes: les reins, les paturons, les oreilles et la queue.

Toutes ces qualités dans un bon cheval, — disent les Arabes, prouvent d'abord qu'il y a de la race et aussi qu'il est à coup sûr un bon coureur, car sa conformation tient tout ensemble de celle du lévrier, de celle du pigeon et de celle du wûhan (chameau coureur) ^

noncent toujours, d'après les Arabes, que le cœur fonclionne bien et que l'animal est énergique.

* Voir notre livre, le Grand Désert, qui contient, pages 185 et suivantes, de longs détails sur les mahara (singulier : mahari). Nous nous contentohs de transcrire ici ce que nous avons dit de la conformation générale du mahari j a Le mahari est beaucoup plus svelte dans ses formes que le chameau vulgaire \fijeniet\\ il a les oreilles élégantes de la gazelle, la «ouple encolure de l'autruche, le ventre évidé du slougui (lévrier); sa tête

La jument doit prendre:

Du sangHér,

Lfe courage et la largeur dé U tôto; De la gazelle,

Lâ*grâtJe,r(erFet la bouche, Dte 4*aBtH6pe,

La gaieté et' TintelKgence r ' De r^utruche,

L'encolure et la vitesse; Dôia vipère,

Le peu de longueur de la queue.

Un cheval de race (hôor^) se connaît à. d'autres sigij^o encore. Ainsi;- onînÊ-poucraitle.dtcideràmanger l'orge^dôws une autre musette que la sienne; il aim^.les^ arbres, ila* verdure^. Tombrage^ Feaucouraûtev .jusqi^'ii. hennir devjmer^ l'aspect de ces objets; rarement il boit avant d'avoir troublé î l'eau, et; si des obstacles, de terrain s'oppoaentàxe 4iflUe fasse avec les pieds, quelquefois il s'agenouilbepour ietfaira r aveeila bouehe; eti-chac|ue,injs;tÂUl.iL.criâpç. leslèvres^ ,ses yeux sont toujours en mouvement, il abaisse et relève alternativement les oireillefi, et tourne son enycolure à droijte,oikà gaucbecomme s'iLvoulaii parler ou demander .quelque cbûse« . Si à. tousrces^xaraîctères ,un cheval, joint la..sohciété, , celui.

est^4è€he»eb giLacieusenMi^attoGiiééà soif co»^ 899^eva.80iit^9a9^hemMih et saillants; ses lèvres, longues /et foiaiedvçacheiiti^ieasearileata; ^abosMk^. est petite, mais la partie de sa poitrine qui doit porter à terre lorsqu'il 6*accroupit est forte et protubérante; le tronçon de sa queue est court; ses membres, très-secs dans leur partie inférieure, sont bien fournis de ! musclés' à pattir dugarvet et'dtt^genoui jusqB*aii4rMie^ et la êaoejphtàakBer .i de ses pieds n'est pas large et n'est point empâtée; eBfiiH*se9eno9 0oa& . rares- sur rékicokirer et scs-poils'^ toujoc^rr&UTes^, sonfe fins cérame ceux de la gerboise. »

Dans le désert, le mahâri est au chameau porteur jce ([i^, chez nons,,- Ic ïheYal de course est au. cheval de trait.

^ Hdàr faft.aa pluriel Btiran^ Probablement ce mot, rapporté des croisades par nos ancêtres, est Fétymologie de haras.

qui le possède peut se considérer comme ayant deux ailes.

Un tel cheval ne consentira jamais à saillir sa mère, sa sœur ou sa fillé.

Un grand sergneur avait tmcheyal magnifi(|ue, issu d'une jinncnt fameuse dans'le désert r il voulait lui faire couvrir sa mère; etuc puty réussie r Tëtalôn s'en approchait par moments, mais s'éloignait tout à coup avec horreur. Pbur triompher de cette répugnance, on imagina un jour de lut bander ies yeux ^t île lui présenter la jument enveloppée ellé-^même de longs teicte qui là rendaient "tout à fait méconnaissable ; il là saillit alors; mab aussitôt après le fils reconnut sa mère; s'enfuit de toute sa- vitesse et alla^ de désespoir, se jeter dans un précipice.

Ce conte, populaire chez les Arabes, nous semble prouver que pour eux les- unions incestueuses amènent nécessairement là^ dégénérescence -des Taces.

On a remarqué qwe- lé cheval vite à la course avait la tête bîenr attachée à l'apophyse transversale de l'^tMde toujours irès-prot obéra nte .

a II a des cornes^ » disent les Arabes:

Les races estimées dans la partie occidentale- du Sahara algérien sont au nombre de trois: celle Hâymour^ celle de Bim-i}haTeb (le péredu^garrot), ettîellè de Meri%igne. Leurs rejetons sont répandus chez un grand nombre de tribus; . nons cittrotts les Hèmgânrj les Oulad^mti-Chîkh, les Leghroitâtie^Siiesal, \ésOiilad'Yàgoub';\es M^kena,\esAdmowre, les OuUd-'sidi^I{(isseureX ^êifte les HHrares * .

Chacun V seîon-ses goûts ou selon ie service qu'il fait, Tient offrir sa jument auxr descendants dé 1 un de ces trois types^.

' Toutes..ce& tLihii& : les ifomyine, le^uhadrsidi-^hikky les Leffhrwéte-^ Kuesaif les Oulad-Ta^ttb, les Makenoc, les Admôure, les. Oulad-sidi^^atteun et IcÊ^Hetrarts, sont éntimérêes avec de Idngs détails sur leurs mœur^, le«r bbtoire et leor/siUittÎQa :géttgrap)iU|ue,>etc., dans, notre livi^^dUrï 8ahar<kAlf^^ieïiy€ fairUt eaçidwiiile^ toutmd^Al^ À hifiolêhi » (Yokicet. ouvrage depuis la page 209 jusqu'à la page 260.)

SiO LES CHEVAUX DU SAHARA.

Ilâymoîir produit ordinairement des chevaux bais, Bon* Ghareb des chevaux blancs, et Merizigue des chevaux gris.

Les Hâpnoiir sont les plus recherchés; ils sont d'une belle conformation, bien étoffes et pourtant très-légers. Ils passent pour les plus vites coureurs du Sahara; ils demeurent sans tares jusqu'à un âge très-avancé ; ils portent bonheur et ne sont possédés que par les familles les plus riches et les plus nobles.

Vient ensuite la race de Bou-Ghareb: elle donne des produits d'une plus grande taille. Les BouGhareb courent trèslongtemps sans se fatiguer, mais sont moins vites que les Hâymour; comme eux, ils se conservent sains jusqu'à une très-grande vieillesse.

Enfin les Merizigue ^ qui ont moins de taille et de fond que les précédents, sont solides, bien membres, très-sobres ; ils sont surtout recherchés des simples cavaliers qui ont de longues courses à fournir et de grandes fatigues à supporter.

La race Hâymour est supérieure à toutes les autres ; aussi l'imagination arabe n'a pas manqué de lui trouver une origine merveilleuse.

Voici la légende de cette race :

Un chef possédait une jument magnifique, elle fut blessée dans une chasse à l'autruche, on craignait qu'elle ne restât boiteuse; son maître, ne la voyant pas guérir et ennuyé de la traîner avec lui dans tous ses déplacements, ne pouvait cependant se résoudre à la tuer : il l'abandonna dans les pâturages. Au retour d'un long voyage, il se souvint de sa jument et s'enquit de ce qu'elle était devenue : elle était en très-bon état et sur le point de mettre bas. j,

Il se la fait amener, en prend le plus grand soin et bientôt se voit le maître d'un poulain qui n'avait pas son pareil dans tout le désert. Aucune tribu n'avait passé depuis longtemps dans le lieu où la bête avait été laissée; les Arabes voulurent croire qu'elle avait été saillie par un âne sauvage, Hamarel

cuâhhch, et ils donnèrent au poulain le non de Hdymour, qui est celui des produits de ce dernier animal. i

^ Dans la partie centrale du Sahara algérien, les Arbda ' prisent fort la descendance de Rakeby. !

Elle a de la taille et du fond, elle est répandue chez les Aghrazelyas, Oulad-Chayb, OuladMokhtar, même Oulad- Krelif •. La ^plupart des produits sont gris ou bai-bruns , ils supportent aisément la faim et la soif, et peuvent, sans souffrir, faire plusieurs jours de suite des traites de vingtcinq à trente lieues. Les plus beaux sont aujourd'hui dans la famille des Setiffrdn.

Rakeby aurait été jadis amené d& Maroc par les ancêtres de Siii'Êdimed-OM'Tedjiny, le fameux marabout d'Aafn- Mady^.

Les Oulad'Nayl* font usage des rejetons d'un étalon fameux, nommé ElBiod{\G blanc), que possédaient autrefois les Oulad'Si'Mahmedj une de leurs fractions; cette race est renommée par sa sobriété et sa vitesse.

Un bon cheval, dans le désert, doit faire, pendant cinq à six jours de suite, des traites de vingt-cinq à trente lieues. Deux jours de repos, une bonne nourriture, et il pourra recommencer.

« Avec un cheval qui, arrivé à la couchée, se secoue et urine, gratte la terre du pied et hennit à l'approche de Torge,

* Àrbâa. — La tribu nomade des Ârbâa campe aux environs d'£/- At^ouat\ divisée en trois grandes fractions : el Marnera, el Heâjadj et OuUd Salah\ [Sahara Algérien, page 45 et suivantes.)

* Aghrazelyas i etc.... — Ces tribus campent dans le quadrilatère compris entre Sidi-Khaled, Tougourt^ÏQS Beni-mzab et Leghrouate. {Consulter le Sahara Algérien, page 49 et suivantes.) ■

' AainMady. — Je me suis éiendu au sujet de celte ville et de son marabout Tedjtni, l'ennemi d'Abd-el-Kader, dans mon livre du Sahara, (Voir de la page 52 à la page 45.)

* *Oulad-Nayl, immense tribu qui occupe tout le Djebel-Sah'ri et la plus grande partie du bassin de YOued-Djedi, {Sahara Algérien, de la page 153 à celle 162.)

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