‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désertChapitre 19 sur 89 · S8 LES CHEVAUX BU SAHARA · texte numérisé non relu

S8 LES CHEVAUX BU SAHARA

puis, la tète entrée dâtis la« musette, eomtnence^paMifôrdfe avec furie trois wi quatre fois. de> suite le gpain iqiu'ott ki fféseftte, oUiiie doit iamais s'arrêler eu route.

Les voyages, dans le Sateira, ae sout pas toujwfrs d'aussi loague haleine, mais il n'est pas rare, d un autre oêté, de voir des dievaux^ faire cinquante ou soixa&te lie«te& dans ies vingt-quatre. heures.

Une tribu, avertie que ses^^nnomis m^ditentiiii&e raE&ia cootreelle, enverra pourlesobserver deséokirenr$(cfow«l^*) iQOBiëssur 4es juments fiUes de imt {benateelilumde}, tant elles seront adroites et rusées. Ces cavaliers n'efli()orteront qu'une ration d^orge. Je souper du cheval ; ils voy^eronl «tix diverses allures, mais de manière à^K&éBa^er tbabilement leurs montures, et iront s'embusquer à une treûtaine de Heues de kur point de départ pour Uierla>4en*e ^àécoixvrir). Si leurs observations sont de nature à leur faire owi- ^ cevoir des craintes immédiates pour, les leurs, ils reviendront au plus vite, afin de prévenir la tribu qu'elle ait à. fenr «ans aucun retard; dans le cas ooa traire, ils s'en relôurnOTont plus sagement et arriveront encore dans ieurst lentes ovâat la prière du soir, après avoir fait quelquefois ainsi cinquamte ou soixante lieues en vingt-quatre heures. S'il y a combat^le lendemain,' le cheval pourra y prendre part. Quand le cheval d'un: chouaf vient à inôurir dans. une reconnaissance temice pour le salut commun, il est remplacé aux frais de la tribu entière.

On cite, au sujet de distances considérables parcour^ues par des i^evauxdu désert,, des iiit& qui paraîtraient; fabuleux, si les héros n'existaiwit encore, si des témoins n'otaient là pour confirmer leurs dires. En voici un, entre mille, .qui m'a été raconta par un homme de la; tribu des Arbda, . Je le laisse parler :

\ '( J'étais venu dans le Tell avec mon père et les gens de

• Singulier chouaf [voyeur], du verbe chaf, û a tu.

DE&aiCES, 59

. mainbu pour y acheter des grains. C'était sous Je| pacAa Aly. .Les Arbâa avaient eu de terribles démêlés avec les Turcs, et comme leur intérêt du moment les portait à feindre une soumission complète pour obtenir l'oubli du passé, ils convinrent qu'ils gagneraient à prix d'argent l'entourage du pacha et lui enverraient à lui-même, non un cheval médiocre, comme d'habitude, naais une bête de la plus grande distinction. C'était un malheur, mais Dieu l'avait voulu,, il fallait, se résigner. Le choix tomba sur une jument grispierre-de-la-rivière, connue dans tout le Sahara; elle appartenait à mon père. On le prévint qu'il eût à se tenir prêt à partir le lendemain pour la conduire à Alger.

t Après la prière du soir, mon père, qui s'était bien gardé de faire la moindre observation, vint me trouver, et me dit : — ^Ben-2yan) y a-t-il de toi aujourd'hui^ Laisseras- tu ton père dans l'étroit, ou bien lui rougiras- tu la figure?

« Il n'y a en moi que votre volonté, monseigneur, lui répondis-je; parlez, etsi vos ordres ne sont point exécutés, c'est que je serai vaincu par la mort.

0 Écoute, ces enfants du péché veulent me prendre ma jument pour arranger leurs affaires avec le sultan, tu sais, ma jument grise qui a toujours porté bonheur à ma tente, à mes enfants, à mes chamelles; ma jument grise, celle qui est née le même jour que ton frère le plus jeune !, parle I . . . souffrirastu que l'on fasse cette honte à ma barbe. blanche? La joie .et le bonheur de ta famille sont entre tes mains ; Movdjcma (c'était le. nom de la jument ) a mangé l'orge ; si tu es mon fils de la vérité, soupe, prends tes armes, et puis, à la tombée de la nuit, fuis au loin dans le désert avecJe. bien, que nous aimons tous.

« Sans répondre un seul mot, je baisai la main de mon fpère, je pris Je repas du soir, je quittai BerouaguiayXhen-' TOixde prouver ina tentkesse filiale, et riant par avance du ^appointement qui attendait nos cheikhs à leur réveiK Je

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