‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désertChapitre 26 sur 89 · LES GHEYAUX DE SAHARA · texte numérisé non relu

LES GHEYAUX DE SAHARA

servir pour udo course rapide, il faut l'empêcher de donner h teter aussitôt après son retour à la tente. Son lait échauffé produirait chez le poulain nne maladie que Ton nomme serba, dont les sjrmptômes sont l'inflammation de l'anus et les vers qui en sortent. Les Arabes guérissent ce mal en faisant prendre au poulain, dans sa musette, en guise d'orge, du blé bouilli séché au soleil et imprégné de beurre. Hors le cas de la serba, on donne au poulain qui tette de l'orge moulu.

Plus on attache de prix à la jument, pins on avance Tépoque du sevrage. II a lieu généralement du sixième au septième mois.

Pour sevrer le poulain, on l'éloigné de sa mère, pendant un jour entier d'abord, puis pendant deux, et ainsi de suite en augmentant progressivement. Afin que la transition lui paraisse moins brusque, on lui donne du lait de chamelle sucré avec du miel de datte, et, pour l'empêcher d'aller trouver sa mère, on Tattache avec des cordes de laine par les jambes de devant ou celles de derrière, mais, dans Fun comme dans l'autre cas, toujours au-dessus des genoux ou des jarrets. De là ces marques blanchâtres souvent remarquées. Si, à cet âge, on entravait l'animal par les paturons, il surviendrait de graves accidents; le poulain ne restant jamais tranquille, et ne sachant pas se rendre compte de sa position, les formes que les Arabes appellent lou%ze (amandes), ne tarderaient pas à se déclarer.

On redouble de surveillance à l'égard du poulain qu'on est en train de sevrer : s'il venait à se lâcher et à teter sa mère, il tomberait malade pour avoir sucé un lait aigre et corrompu; il contracterait la serba, cette maladie dont nous avons déjà parlé.

Pendant le jour, lorsque la jument est en marche ou au pâturage, on met au poulain une espèce de licol (kuemama) dont h muaerollç est garnie de petites défenses de porc-

épie, la mère se refuse alors d'elle-même à laisser teter son petit.

Le poulahi une fois sevré, il faut, pour éviter 1 accumulation du lait, traire la jument et diminuer un peu sa nourriture.

Après le sevrage, Ton continue au poulain Torge moulu tn plus grande quantité, mais cependant avec progression, de manière à ne jamais le dégoûter. On se sert d'une mesure en bois nommée feutra. Cette mesure représente troih jointées, elle est répandue chez toutes les tribus du désert, parce que son origine a une tradition religieuse. A Yaïdesseghrir, c'est-à-dire à la petite fête qui a lieu après le ramadan, le Prophète a commandé à tout Musulman aisé de donner aux pauvres un feutra de nourriture, blé, orge, dattes, riz, etc., suivant les productions du pays où il se trouve.

Dès que le poulain est sevré', les femmes s'en emparent en disant :

— Il nous appartient^ c'est un orphelin^ nous allons lui rendre la vie aussi douce que possible.

OBSERVATIONS DE L'ÉMIR ABD-EL-KADER

Le poulain suit Tétalon; — la jument est un coffre fermé avec un cadenas; le dépôt que tu y mets, tu le retireras te) quel.

Le meilleur produit est celui qui vient d'un père et d'une mère tous deux de bonne race. ^

Le produit d'un cheval de sang arabe et d'une jument étrangère est moins considéré.

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