LES CHEVAUX DU SAIIABA
composant Vaghalik des Djendel possèdent plus de 1,50(1 chevaux; celles de raghaiik des Beni-Zougzoug, qui comprend une grande partie de TOuarsenis, en ont un millie; environ. De ce côté, la vallée du Chëlif, sous Milianah, dont les fourrages sont si fort appréciés , semble tout naturellement appeler les progrès.
Teniet el Had, Boghar, Aumale, c'est-à-dire les points les plus rapprochés du désert, partant les plus voisins des grands éleveurs, recevraient des succursales et des stations d'étalons. On sait que Teniet el Had, situé sur la limite du petit désert, est pour ainsi dire la porte par laquelle les tribus du sud de la subdivision de Milianah pénètrent dans le TeuU. LesOuled-Aïad, les Ouled-BessametlesBeni-Maïdah, les plus à portée de cette succursale, possèdent de 8 à 900 chevaux.
Boghar se trouve en relation avec des populations plus importantes : les Ouled-Chaïb, les Rahman, lesBou-Aïch, les Âbadlia ont à eux seuls plus de 2,000 chevaux. En outre, chaque année, les tribus nomades (nedjooeu) viennent aux environs de Boghar pour faire leurs approvisionnements de grains. Ce sont les Arbâa, les Aghazelia, les Ouled-Saad-ben- Salem, lesMekhalif, qui comptent plus de 1,000 chevaux.
Aumale ne serait pas moins bien situé pour tirer parti des richesses qu'offre Test de la province d'Alger. Le plateau du Hamza et les hautes terres qui s'étendent autour d'Aumale sont on ne peut plus favorables à Télève. Là on trouve les Aribs, qui possèdent 1,800 chevaux; les Beni- Seliman, plus de 2,000 ; les Beni-Djaad, 500, Ces derniers appartiennent à la race des montagnes. Les tribus de la vallée de Sidi-Hadjères au sud d' Aumale, la grande confédération desOuîed-Naïl, qui ontplus de 2,000 chevaux, et les populations de l'Ouad-Sahel, seraient en relation avec cette succursale.
Il serait sans doute opportum d'établir dans la province
PAUTI A TJREa DU CHEVAL INDIGÈNE. 251
d'Alger un second dépôt de remonte, ou tout au moins une station d'étalons à Oîicansville, pour ne pas perdre les avantages de la position de cette localité dans la vallée du Chélif et les ressources des tribus environnantes. Ainsi on cite les Ouled-Kosseïr, comme possédant 800 chevau^ les Ouled-Fàrés, 400; les Heumis, 300; les Medjadja, 2^^^ ?ss Beni-Rached, 200 ; les Sbéah, plus de 1,000; les Sendjès, 800. Dans aucune contrée de la province d'Alger la proportion n'est aussi élevée entre le chiffre de la population et celui des chevaux. On évalue le nombre des chevaux à 5,000 pour une population qui atteint à peine 50,000 âmes. Cette particularité ne saurait être attribuée qu'aux facilités qu'offre le pays, traversé par le Chélif, pour l'élève des chevaux.
On appliquerait aux deux autres provinces les mêmes règles qu'à la province d'Alger : sur la ligne médiane du Teull, les dépôts d'étalons et de remonte ; sur la limite du désert, les succursales de remonte et les stations d'étalons. Les stations sont désormais installées dans les centres ci-dessus indiqués (1856).
PROVINCE d'oRAN.
Ainsi, dans la province d'Oran, on pourrait mettre les dépôts de remonte et d'étalons à Mascara ou à Sidi-bel-Abbês* , Les chevaux de la plaine d'Egbris, dans le pays des Hachem, sont renommés. Quoique ruinés par la guerre, les Beni- Chougran comptent encore cinq cents chevaux, et les Hachem plus de deux mille.
Sidi'bel'Abbès utiliserait les ressources que présente l'agglomération des tribus connues sous le nom de Beni-Amer. On trouve là, malgré les malheurs que la guerre et l'émigration ont fait éprouver, plus de huit cents chevaux, et les tribus sahariennes qui dépendent de Sidi-bol-Abbôs, telles
* Celle de ces deux localités qui ne serait pas désignée recevrait une succursale de remonte et une stalion d'élulons.
252 lES CHEVAUX I)U SAIIAHA.
que les Beni-Malar et les Oulétf-Balogh, ont encore plus de six cents cavaliers.
Les succursales et les stations seraient établies à Sébdou, à Tiaret, à Saïda et à Tlemsan.
Par Sebdou on serait en rapport avec le Maroc ; les Angad, les Hamian-Gheraba (de Touest) fourniraient une race de cbevaux très-recbercbée par les indigènes. Ces tribus sont certainement les moins épuisées de la province d'Oran.
Tiaret recevrait les produits des grandes tribus des Ouled- Sidi-Cheikh, des Hamian-Cheraga (de Test), qui ont quinze cents chevaux; des Harar, plus de deux mille ; du Djebel- Amour, huit cents; des Ouled-Saïd et des Ouled-YacoubZerara. Les qualités de cette race du sud sont très-apprécîées, et lorsque les nomades viennent vers le Teull pour s'approvisionner, on ne manquerait pas de faire ,des opérations importantes.
A Saïda, on pourrait puiser de grandes ressources, d'abord dans Taghalik de Sdama, où vivent plus de mille chevaux, ensuite chez les Djaffra, et enfin dans la Yakoubia, où les Ilassdsna et les Ouled-Brahin élèvent un grand nombre de ces animaux, douze cents environ.
Tlemsan, l'ancienne capitale du royaume des Beni-Zian, a conservé parmi les indigènes un grand prestige. C'est un centre vers lequel affluent de nombreuses populations. Cette station desservirait les beaux villages de la banlieue, les Beni-Ournid et les Ghessel, chez lesquels on trouve des chevaux fort estimés, la fertile vallée de Tafna, les Angad (|iii pivotent autour de Lalla-Maglinia , et enfin les Souhalia, Trara et Oulhassa, qui rayonnent autour de Nadroma et de Djemâa-Gliazaouat. Son rôle serait, comme on le voit, très-important, puisque le cercle de Tlemsan possède environ deux mille chevaux, celui de Djemâa-Ghazaouat, plus de cinq cents, d'une vigoureuse espèce, et celui de Lalla- Maghnia, trois cents. J'ajouterai que ces deux derniers cer-
des ont des relations importantes avec les tribus limitrophes de notre frontière, notamment avec les Beni-Senassen, les Mezaouir et les Oulad-Hamed-ben-Brahim, qui élèvent un grand nombre de chevaux plus fortement constitués que ceux de TAlgérie. Les stations sont installées à Oran, Siditel-Abbès, Mascara et Tlemcen (1856).
"ÏROVIINCE DE CONSTANTINE. , *
Les dépôts seraient à Sétif on dans le voisinage de Constan- Une même*. Si Ton se décidait pour ce dernier point, on utiliserait l'immense concours d'indigènes qui fréquentent chaque jour le marché du chef-lieu de la province. Ou évalue à plus de six cent mille le nombre d'Arabes qui viennent par année au marché de cette ville, et- à dix mille le nombre de chevaux amenés par eux. D'un autre côté, les tribus militaires (makhzen) établies à l'ouest et au sud de Gonstantine comptaient plus de quinze cents cavaliers sous la domination turque.
C'étaient les Déïra-Seraouïa et les Zemoul ; ceux-ci habitent la belle plaine au sud du Djebel-Guerioun, sur la route de Constantine à Batna. Cette tribu possède encore aujourd'hui plus de dix-huit cents chevaux. Les Deïra-Seraouïa, campés sur les plateaux qui séparent Constantine de Sétif, fournissaient mille cavaliers. Leur territoire, qui est compris maintenant en grande partie dans les propriétés domaniales, compte un nombre de huit mille chevaux*. C'est dans le pays des Zemoul à Fezguia, au pied du Djebel-Guerioun, que les beys de Constantine avaient établi leur haras particulier auprès d'une belle fontaine. On voit encore
^ * Celle de ces deux localités qui ne serait pas désignée recevrait une succursale de remonte et une station d'étalons.
• L*on ne sera plus lente de regarder ces chiffres comme exagérés, quand on saura que, moi-même, j'ai déjà beaucoup réduit ceux donnés par nos agents indigènes, lesquels, on le comprendra facilement, étaient cependant intéressés, pour mille motifs de guerre, d'impôts ou d'administration, à se faire plus pauvres que riche».
254 LES ClïtYAUX DU SAliAP.A.
debout Ie$ murailles des bâtiments qui servaient d'écuries.
les principales autres tribus du cercle de Gonstantine possèdent également un grand nombre de chevaux : ce sont les Seguia, huit cent cinquante; les Barnia, six cents; les Amer-Cheraga, six cents; les Telaghma, cinq cent cinquante; enfin, les Ouled-Abdelnour, qui, pour une population environ de vingt mille âmes, nourrissent plus de six mille six cents chevaux sur uû territoire d'une étendue approximative de trois cent vingt mille hectares. La partie montagneuse qui avoisine la Kabylie n'est pas non plus dépourvue de chevaux ; le Ferdjioua en compte plus de quinze cents ; lesZouagha, quatre cents; les tribus de TOued-Kebir, trois cents; les Zerdaza, neuf cents. Comme on le voit, la population chevaline offre de très-larges ressources dans le cercle de Gonstantine.
Sétif réunit des conditions plus importantes encore. Si Gonstantine prend une grande valeur, surtout de sa position politique, ici la nature assure des avantages bien plus considérables.' Il faut d'abord mettre en première ligne la fertilité incomparable du plateau immense sur lequel Sétif est situé, puis la renommée de la race chevaline de ces contrées* et la richesse relative aux tribus qui se livrent à l'élève des chevaux.
Les deux kaïdats du Righa, au sud de Sétif, ont plus de cinq mille chevaux ; la race passe pour la plus estimée de toute la province *. Les Amer-Garabas ont trois mille chc-
Les rapports ofticiels signalent dans la subdivision de Sétif rexistcnce de plus de mille juments, admirablement belleSf et pour lesquelles les étalons de choix manquent presque entièrement.
8 Les Righas portaient aiitretbis le titre de Mezraguia (armés de lances, lanciers), parce qu'ils étaient employés par les gouvernements qui nous ont précédés pour maintenir les populalions environnantes dans l'obéis* sance. Ces tribus militaires, appelées à lutter presque chaque année contre des rebelles, ont toujours montré plus de sollicitude et plus d'habileté pour l'élève des chevaux.
PARTI A TIRER hH CHPVAL INpiQÈNE. 21 o
vaux; les fulma, seize cents; les Ouled-Nabet, douze cent cinquante ; lesGberazIa, quatre cents ; les Smacha, six cents; les Aïad, sept cents. Dans la Uedjana, les HacheiA seuls ont plus de mille cbevaux d'une râpe citée comme grande et très-pure. Dans la Hodna occidentale, on trouve encore plus de trois mille dievaux d'une origine remarquable. Les succursales et les stations pourraient êlre placées à Bardj-bou- Ararridj, m milieu de la Hedjana, à Batna et à Biskara,
Batna e^t devenu uq point de la plus haute importance sous le eappcHTt politique et oommercial^ c'est un centre ou affluent jeumellement les populations indigèues de eetfe grande subdivision. Le kaïdat de Biitna propreuient dit, situé à proximité de la ville, possède quinze cents chevaux ; !e Belezma, à Test, en compte trois mille cinq cents, et les deux kaïdats deTÂurès, quatre luiUe cinq cents. Ces deux kaïdats c(Hnprennent les ichacb, les Àmamra, les Ouled- Fadhel et les Ouled-Mpuo/en ; la Qodaa orientale en a mille,
La population sédentaire de Biskara n'élève pas de chevaux, mais les tribus nomades qui habitent une grande partie de Tannée dans le Ziban ont un nombre considérable de cbevaux et de juments et pourraient pous en amener du dén ^rt*. Les nomades Cheraga (defest) Ahi-ben-Ali, Ghoumr^, Chorft, ont environ huit cents chevaux ; ceux de Touest, Bahman-SelmiarBouzid, en ont plus de dou^isent^; les Sabari et les Ûuied-Saoï^la» sh cents.
Par les nomades, nous aurions l^g chevaux des tribus beaucoup plus méridionales, telles que les Ouled-Houlat, les Saïd, les MekbadiAa et les Cb^içba.
Afin de ne rien perdre des ressources si admirables qu'offre le pays arabe, il faudrait créer une succursale et une station, soit au Bordj A^Aïd-Bedda, che^ les Haractas, soit à Tehessa même. Cet établissement serait en relation avec les Haracta;
*■ Le commandant de la subdivision de Batna a déjà demandé à plu' sieurs reprises l'établissement d'une station d'étalons à Biskara.
2j6 les chevaux DU SAHARA.
qui possèdent plus de trois mille chevaux, avec les Ouled- Yahia-ben-Taleb, qui en ont douze cents ; les Sellaoua, quatorzecents; leNememcha, quatorzecents, et le commandement des Hannenchas, qui en comprend près de trois mille. Les stations sont installées à Constantine, Balna et Sétif (i856).
Maintenant, medira-t-on, c'est bien; vousavez exposé votre système. Passant en revue le pays arabe, vous avez à grands traits esquissé les ressources chevalines de l'Algérie; mais que vont devenir les dépôts précédemment institués à Koléah, à Mostaganem et à VAlUliktle réponds : Ils seront conservés.
Celui de Koléah ^ se fondra dans le haras central dont je demande la création, et ce haras central pourvoira aux besoins de la Mitidja, c'est-à-dire des Khachenas, des Beni- Moussa, des Beni-Khelil et des Had joutes, qui réunissent plus .de Jeux mille chevaux dans un pays admirable. Une station en sera détachée à Dellys, pour féconder la plaine des Yssers et la belle vallée de TOued-Sabaou, que les indigènes appellent rOuad-Deheub (la rivière de Tor), tant les terres qu'elles arrosent deviennent riches et prospères. C'est là que se rendront les grandes tribus des Yssers et des Ameraoua', ainsi que les Beni-Thour, lesBeni-Slyem, les Flissa, lesBeni- Khelfoun, les Màateka, les Beni-Ouaguenoun, les Beni-Raten et les Beni-Djennad, etc., etc., montagnards qui possèdent peu de chevaux, il est vrai, mais dont la qualité rachète la quantité. Cette contrée compte à peu prés de quinze à dix-huit cents chevaux.
Le dépôt de Mostaganem, grâce aux facilités que les nombreuses tribus de ce cercle rencontrent pour l'élève, conti* nuera pendant longtemps encore à tenir le premier rang parmi nos établissements hippiques. Les belles plaines du Sig, de THabra, de Tilleul et de l'embouchure du Chélif se-
* Le dépôt de Koléah, établi en 1844 à Boufarik, a été transféré en 1851 à Blidah, ville plus centrale que Koléah pour les tiibus arabes de la di» ▼isiop d'Alger.
ront de son ressort, c'est-à-dire qu'il alimentera les Medjahars, qui réunissent de neuf cents à mille chevaux ; les Sa* hari, les Mekhalias et les Mehal, qui en ont près de six cents. Ces dernières tribus ont toujours joué un rôle politique, et se rattachent par la tradition à la seconde invasion arabe. Mostaganem donnera encore la vie aux Akerma, qui comptent six cents chevaux; aux Flittas, qui en ont quinze cents ; aux Keraich et Hallouya, dix-huit cents; aux Béni- Meslem, Beni-Tigrin et Beni-Ouraghr, deux mille cinq cents; aux Cbekhala, Beni-Zerôual, Bordjia, Oulad-el-Abbas et Oulad-Sidiel-Aribi, au moins quinze cents. Cette dernière tribu est composée des serviteurs de la famille de Sidi-el- Aribi, marabout illjistre de la vallée du Chéiif, qui a longtemps porté ombrage à la puissance naissante d'Abd-el-Ka* der. Les Ouled-Sidi-eUAribi passent pour s'être adonnés de tout temps, et avec succès, à Télève des chevaux. Leurs produits ont une grande réputation dans Test de la province d'Oran.
Mostaganem devra en outre fournir des stations d'étalons au Sig et à Oran, et elles y seront fréquentées par les Garabas, les douairs et les Zemalas, qui, dans les plaines du Tielat, de Helata et des Andalouses, nourrissent environ deux mille cinq cents chevaux. Le résultat nous donne un ensemble de près de seize mille cinq cents chevaux soumis à Faction de Mostaganem.
^ Quant au dépôt de TAllelik, il continuera à étendre ses bienfaits sur les tribus des cercles de Bane^ de VEdough, de la Calle et de Gvelma. Les deux premières circonscriptions comptent cinq mille chevaux élevés principalement par les Karezas, les Oulad-Bou-Aziz, les Beni-Salahh, les Merdass et les Senadja. Ces derniers sont une fraction de la grande 1 tribu Hémiarite, qui émigra en Afrique longtemps avant Tislamisme. Les cercles de la Calle et de Guelma fourniraient encore un bien plus grand nombre de chevaux ; les Ghiabna
2j8 les CrillYAUX DU SAHARA.
et les bem-Aamer en avouent huit cents; les Oulad-Diab- Souarekh et Berabtia, neuf cents; les Âehach, six cents; les Oulad-Daan, sept cents; les Beni-Oudjana et les Beni-Ketit, huit cents; les Nebaïi, cinq mille.
Ces détails feront connaître tout le parti qu'on peut tirer de la subdivision de Bone, subdivision soumise depuis plus de dix années à Taction à peu près régulière de Tautorité française, et où les indigènes ont accueilli déjà sans difficultés les mesures que nous avons pHses pour l'accroissement et Tamélioration de la production chevaline.
Je viens de tracer le rôle qui me paraît encore assigné aux trois dépôts d'étalons de Koléah, deMostaganem et de FÂllelik; j'ajouterai, comme dernière indicatioiJ, qu'il me parait indispensable de compléter dès aujourd'hui leur organisation en les dotant de quelques étalons capables de constituer la race de trait réclamée, avec tant de raison, par la colonisation européenne.
Les cultivateurs algériens font venir de France ou de l'étranger, et à grands frais, des reproducteurs qui n'ont certainement pas le sang que nous trouverions dans le pays arabe. En cherchant, non pas dans les montagnes, mais dans les vallées, et ils y existent, les étalons propres à ce service^ je suis convaincu que nous parviendrions, avec les juments de nos colons, à doter l'Algérie d*uûe espèce qui ne le céderait en rien à nos chevaux percherons, dont la réputation est si bien établie.
Je n'entrerai pas dans les détails d'exécution que mon système nécessiterait. Ces détails, exclusivement militaires, pourraient sortir de notre sujet ; seulement nous exprimons le vœu qu'on reinette à un même officier dans chaque province le commandement des deux dépôts d'étalons et de remonte, et que cet officier soit spécialement chargé de l'achat des types de reproduction destinés à entretenir le dépôt d'étalons; il devtftit efi outre elercer une surveillance con-
PARTI A nma du cheval INDIGEîsL. £59
Mrnte sur lei achats qui, dans sa cirecmscription, seraient faits pour la remonte de notre cavalerie.
Notre armée a déjà fourni toutes les variétés d'aptitude5 et de dévouements que nécessitaient les besoins si compliqués de notre conquête.
Elle saurait produire encore Tespèce d'officiers nécessaires pour doter d'une forte et utile vie l'organisation que nous avons tracée.
Voiîà les améliorations que je réclame de l'avenir; c'est une ;€suvre de longue baleine qui, pot^r CUo menée à bonne fin, exige et du temps et de l'argent. J'ai, comme administrateur et comme militaire, pénétré trop avant dans la pratique des affaires, pour ne |)as savoir que l'exécution de ce vaste plan^ de régénération de la race chevaline ne saurau s improviser. Tous les efforts du gouvernement doivent seulement, à mon avis, être dirigés vers le but que j'ai indiqué, afin de surmonter les difficultés que mon projet peut et doit rencontrer.
Après avoir constaté les immenses ressources chevalines que nous possédons en Algérie^ je ne puis mieux terminer ce chapitre qu'en citant les versets consacrés, dans la Bible et dans le Koran, à célébrer les qualités du cheval. Ils viennent encore à l'appui de l'amour antique et obligé que, dans tout le cours de cet ouvrage, je prête aux peuples de l'Orient pour ce noble animal.
LA BIBLE (Job, ch. xxxix.)
As-tu donné la force au cheval ? as-tu revêtu son cou d'une crinière ?
Fais-tu bondh' le cheval comme une sauterelle? Son fier hennissement inspire la terreur.
De son pied, il. creuse la terrej il s'anime en sa force et va à la rencontre de Thomme armé.