VOLS DE CHEVAUX
Ce genre de vol s'exécute vers ia fin du mois musulman, lorsque la lune paraît à peine ; cinq ou six hommes bien d'accord emportent des provisions (rouina) dans des sacs appelés mezoueud et se mettent en route cherchant aventure.
Avant le départ, ils donnent aux pauvres une aumône (el mdarouf) et les prient d'intercéder auprès de Dieu pour le succès de l'entreprise, puis ils jurent par un marabout connu, Sidi Abd-el-Kader le plus ordinairement, de lui faire hommage, en cas de réussite, d'une part {rrm£Tagw) qui seta distribuée aux malheureux.
a 0 Sidi Abd-el-Kader; disent-ils, si noué revenons joyeux, avec du butin et sans accidents, nous te donnerons, s il plaît à Dieu, ta lance (mezerague). »
En sortant du douar, les voleurs marchent en pleiii jour; lorsqu'ils approchent de la tribu où ils otit Tintention de voler, ils ne s'avancent plus que la nuit et s'embusquent à deux ou trois lieues Ses tentes, dans le lit d'une rivière, dans les herbes (alfa) ou dans la montagne. Aussitôt la nuit devenue très-sombre, ils sortent de leur embuscade, flairent tous les douars les uns après les autres, et s'arrêtent à celui dont la garde semble moins active, où les chiens parais* sent ie moins sur l'œil.
Si les voleurs sont au nombre de six, quatre restent à une cinquantaine de pas du douar, immobiles et silencieux ; les
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deux autres, les plus hardis et les plus adroits, pénètrent dans Kintérieur.
En se séparant, on se donne un mot d'ordre (mana),
«Les deux larrons se mettent à la besogne ; s*ils trouvent les chiens sur leurs gardes, ils retournent s'adjoindre un troisième compagnon qu*ils placent un peu loin devant la tente dont les chiens sont si vigilants; ils entrent danslo douar par un autre côté. Ils se désignent la tente qu'ils veulent voler, puis l'un d'eux, appelé elgaad, reste en faction près d'elle, Tautre, el hammaze, pousse jusqu'aux chevaux; elhammaze^ s'il trouve une jument ou un cheval entravé avec des courroies ou des cordes seulement, les dé« noue ou les coupe, saisit l'animal par la goulada (corde à talismans, placée sur l'encolure), et l'emmène du côté opposé à celui où sont les chiens, occupés du reste par le layahh^.
Le gaad est resté en arrière, prôt à tuer d'un coup de pistolet ou à assommer avec un bâton ou une pierre le premier qui sortirait de la tente, sauf à dérouter les autres en suivant une direction différente de celle qu'a prise son camarade qui emmène le cheval. Puis le gaad rejoint le layahh, et ils se réunissent bien vite à el hammaze et aux trois compagnons qui les attendent.
On renouvelle le vol, si le douar plongé dans le repos ne s'est aperçu de rien, sinon l'on se décide à partir. Un des ravisseurs, plaçant son haïk plié sur le dos du cheval de manière à s'en faire des étriers, s'élance au galop après avoir donné rendez-vous à ses camarades sur un point déterminé, pour le lendemain ou le surlendemain. Les autres, pour échapper à la poursuite qui aurait lieu le matin, se cachent pendant toute la première nuit.
^ layahh, — • Âmoseur, celui qui détourne rattention : c'est le nom ûçmi m lr9l9fèmo cçropagnw rcs^é i^y9^^ |a tente powr leç çbicna,