‹ Les chevaux du Sahara et les moeurs du désertChapitre 69 sur 89 · CHASSE AU FAUCON. 5G · texte numérisé non relu

CHASSE AU FAUCON. 5G

nous avons décrite, le cercle de sa captivité s'élargit, on rattache à la patte avec une corde de poil de chameau douce et souple, d'une longueur de cinquante ou soixante coudées, qui lui permet de sortir, et c'est hors de la tente qu'on essaye et qu'on répète le manège des appels pour lui donner à manger, toujours avec une prudente gradation.

On le soigne ainsi pendant longtemps sous la tente, doni on ne le fait sortir que pour lui donner sa nourriture.

Quand son maître est sûr de Tavoir ainsi habitué à lui, il remmène sur son poing à une assez grande distance, lui mettant, lui ôtant, lui remettant son capuchon à différentes reprises ; ce n'est pas sans difficultés, sans de grands débats, que l'oiseau se fait au spectacle extérieur, néanmoins il s'y accoutume à la longue.

A cette époque on complète l'apprivoisement de l'oiseau de race, c'est-à-dire qu'avec les mêmes appels, les mêmes alternatives, mais loin de la tente et du douar, sans capuchon ni lien, on donne la nourriture ; aussitôt qu'il est repu, on lui remet le lien et le capuchon. Alors aussi son maître l'emmène partout sur son poing.

Mais ce n'est pas tout, l'animal n'est que privé, il faut le dresser à la chasse, et voici de quelle manière.

On prend un lièvre, on le saigne au cou, on découvre bien la saignée en éloignant la peau pour que la chair paraisse. Alors dans la tente, on fait l'appel après avoir ôté le capuchon du Thairel horr, qui saute au cou du lièvre; on le laisse s'acharner un peu pour qu'il y prenne goût, et ce jour-là on lui donne à manger de ce lièvre.

On recommence cette opération sept à huit jours de suite, avec un lièvre vivant, dont le maître tiraille les oreilles pour le faire crier, pendant que lui-même fait les « ouye, ouye » d'appel. Le faucon s'élance sur la tête du lièvre et le dispute, puis il lui mange les yeux et parfois la langue. Oo ouvre le lièvre et on en donne à manger.

Cet exercice est répété plus on moins souvent, selon le degré de facilité de Toiseau à s'instruire.

Le temps delà chasse approche, il faut éprouver Toiseau, savoir s'il a profité de ces leçons si prudemment graduées, de cette éducation si laborieusement soignée, si bien appropriée à sa nature et au genre de plaisir auquel il est destiné.

On sort donc à cheval, on emporte Voiseau de race encapuchonné, on se rend dans une plaine découverte ou sur un vaste plateau ; on s'est muni de cinq ou six lièvres vivants. Arrivé sur le terrain choisi, on prend un lièvre et on lui casse les quatre pattes, puis on le lâche à la portée de Tœil de Toiseau; plaintif et criant, il court tant bien que mat; on décapuchonne alors et on lâche en disant: « Bessem allait, allah ou kebeur; le Terakel, impatient, s'élance droit vers le ciel, et de très-haut sô précipite sur le lièvre, qu'il tue ou étourdit d'un coup de ses serres crispées, comme d'un coup de poing.

On s'approche du lièvre, qh h saigne, on l'ouvre, et on donne les entrailles, le foie, le f^^v h Toiseau pour qu'il les mange sur place.

Après plusieurs jours de suite pendant lesquels on répète cette épreuve, Toiseau de race e^t complètement dressé.

Cette éducation s'est prolongée depuis l'été jusque vers la fin de Tautomne. C'est la saison propice, car Toiseau ne chasse bien que pendant les temps brumeux et même les temps froids. 11 ne ss^urait supporter le soleil, la soif, la chaleur. Il quitterait son maître pour aller chercher Teau qu'il aperçoit de três-loiQ et ne reviepcjrait plus.

A cette éppquQ ou se met en route aprèsi un léger déjeuner, vers onze heures du matin, Toiseau de race sur Tépauie ou sur le poing; ou s'est approvisionné seulement de . lait de chamelle eufermé dans des peaux 0e bouc, de dattes, degkt en ^ouVi 4f^ P^^U ^^ quelquefois de raisins secs.

Hais la chasse u^ ^Jommence qu'après uue asse^ longue

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