‹ Les chiens de chasseChapitre 38 sur 104 · GRIFFONS DE BRESSE · texte numérisé non relu

GRIFFONS DE BRESSE

Le pays des Ségusiens, ou la Bresse, a eu, dans Arrien, un historien enthousiaste, puisqu'il déclare avoir écrit son Zraité de la chasse en son honneur. Les chiens griffons bressans, dit l’auteur latin, sont des animaux qui valent ceux de Crète et de Carie pour leur nez incomparable. Or, au chapitre IT, il fait remarquer que les crétois qu'il aimait aussi beaucoup, étaient également des chiens courants à poil rude, des griffons, très-mordants, possédant du nez, de la vitesse et une grande adresse dans les endroits difficiles.

Ce portrait est aussi celui sous lequel il peint les Sé-

gusiens de Bresse, quoique plus lents que les Grecs, d'une mine triste et sauvage sous leur poil rude et hérissé, hurlant sur le gîte et sur la voie, de cette belle gorge qu'on aura bientôt oubliée en France depuis l’invasion anglaise, mais qui, pour le vrai chasseur, produit la plus enivrante musique du monde.

M. le comte Le Couteulx voit, comme nous, dans ces vieux Ségusiens, le type primitif de nos vieilles races françaises, à poil rude, chiens de haut nez, lents d’allures, hurleurs et rapprocheurs. Les veltragr ou veltraits dont on les accompagnait, étaient des lévriers qui saisissaient le lièvre lancé par les premiers, et, ce qui est mieux, le rapportaient à leur maitre. La tradition est parfaitement établie à cet égard :

Non sibi, sed domino venatur vertragus acer Illæsum leporem qui tibi dente refert.

Ce sont les fils de ces chiens que nous retrouvons encore, hélas! en petite quantité dans les meutes de la Bourgogne, de la Franche-Comté, et plus au centre,

dans le Nivernais.

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