‹ Les chiens de chasseChapitre 97 sur 104 · LES POINTS ANGLAIS · texte numérisé non relu

LES POINTS ANGLAIS

Qu'il s'agisse de chiens, de chevaux ou d'animaux quelconques, leur valeur conventionnelle, au point de vue de l'emploi auquel ils sont destinés, et, par suite, leur valeur marchande, varie selon leur conformation. Ce mot exige une certaine définition. Il désigne, selon nous, non-seulement le mode d’agencement, mais la forme particulière de certains organes et des membres, en vue d’un but déterminé. |

C’est presque énoncer une banalité que dire qu’un chien d'arrêt n’est pas fait comme un bull-dog, qu'un cheval de course diffère d’un cheval de brasseur et qu’un beuf de boucherie est tout autre qu'un bœuf de travail. Cependant, nous sommes obligés de rappeler cela, parce que cette remarque nous conduit à constater que si nous reconnaissons, au premier coup d'œil, des défférences d'ensemble et de détail, nous constatons, par cela même, que nous sommes aptes à les distinguer les unes des autres et, par suite, à en juger la valeur.

Ici, nous nous faisons un véritable plaisir de rendre toute la justice qui leur est due aux Anglais, dont on ne peut pas nous accuser d’être un ami trop exclusif et un admirateur partial. En gens plus pratiques que nous, ils ont reconnu que c’étaient les valeurs distinctes et spé-

ciales des organes qui, estimées séparément, puis réunies, représentaient la véritable valeur d’un animal. IIS sont convenus, par une entente tacite et générale que, si le nez camus, la gueule forte et proéminente étaient les signes caractéristiques exigés du bull-dog, celui d’entre tous les bull-dogs qui, toutes choses égales d’ailleurs, aurait le nez le plus camus, la gueule la plus en avant, serait le plus beau, le plus recherché et, par suite, celui qui représenterait la plus grande valeur.

D'où cette conséquence que le nez, la gueule du bulldog sont susceptibles de jugement, par suite, de rangement comparatif, et qu’il faut attribuer à chacun de ces organes un numéro d'ordre qui représente sa valeur et lui assigne une place dans une échelle facile à dresser. Ces coefficients sont habituellement représentés par des chiffres qui portent le nom de points. Par exemple, — pour continuer la comparaison plus haut employée, — le nez du bull-dog le plus camus possible, tel qu'on n’en voit que très-rarement, sera coté 10 et, naturellement, l’examinateur, le juge, cotera, dans son esprit, de 1 à 10, le nez de tous les bull-dogs qu’il voudra étudier et estimer. Voilà donc un moyen simple et rationnel de comparer, avec certitude, deux, trois, dix bull-dogs qui lui seront présentés.

Mais, ce que nous disons pour le nez et la gueule, en supposant les animaux égaux d’ailleurs, peut se dire de même de tous les autres organes du chien, de la queue, des pattes, des reins, des oreilles, de la tête, etc. Par conséquent, on pourra coter chacun de ces organes comparativement les uns aux autres dans chaque individu,

en représentant leur valeur absolue par un chiffre pris dans une échelle quelconque maïs unique.

Maintenant, est-ce à dire que tous ces organes seront uniformément cotés 10, au maximum? Non. Il y aurait injustice à le faire. Car, parmi ces organes, les uns sont de première valeur comme déterminatifs de celle du chien, les autres de seconde, ceux-ci de troisième, quelques-uns ne sont même qu'accessoires. Il y avait donc nécessité de fixer des maxima différents ‘ pour chacun d'eux.

Par exemple, le bull-dog, chien d'attaque et de combat, a plus besoin de reins solides que de pieds rapides. Jout naturellement, nous estimerons plus haut la force des reins que la finessé des pattes ; nous attribuerons 10, je suppose, aux premiers et 5,ou 3 seulement aux secondes. Et ainsi de suite pour tous les autres organes, selon leur importance particulière, non dans la conformation générale de l’espèce, mais dans la conformation spéciale que l’on demande à la race, en vue d’un service déterminé. Chez les lévriers, certainement, les pattes compteront 10, le nez 3 ou 4; parce que ces chiens, chassant à vue, n'ont pas besoin d’organe olfactif très-développé, pas plus qu'ils n’ont besoin que leur gueule laisse toute force et toute place aux dents.

Nous sommes obligés de reconnaître que ces évaluations fondamentales ont été admirablement étudiées, en Angleterre, pour toutes les races de chiens dont ils se servent. C’est de ce travail, fait depuis bien longtemps par tout le monde, car on n’en connaît pas l’auteur, que nous voulons dire quelques mots, resgrettant de

ne pas oser en essayer ici un semblable pour les races de notre pays. Espérons cependant que, dans quelques années, lorsque la Société pour l'amélioration des races françaises aura fonctionné, nous parviendrons, en réunissant de nombreuses appréciations des veneurs et des marchands de chiens, à composer une échelle convenable pour nos races. Ce sera, si l’on veut bien suivre nos avis, le premier travail dont 1l conviendra de s'occuper dans le Bulletin.

La première convention faite, là-bas, par tout le monde, c’est qu'un chien parfait, de quelque race, de quelque espèce qu'il soit, vaut 100 points. Secondement que ces 100 points se répartissent différemment sur chaque organe selon les aptitudes de chaque espèce. Par exemple, nous attribuerons 10 à la manière dont un chien d'équipage peut être coifilé, parce que, dans nos races françaises, nousregardons l'oreille comme une des beautés de la race, tandis que le même organe ne comptera, au maximum, que 2 ou 3 chez un chien braque d’arrêt, où il est moins apprécié.

Ceci bien convenu, il en résulte une très-grande facité pour s'entendre, entre veneurs et chasseurs, sur la valeur réelle et vénale d’un chien quelconque. Voici comment : deux chasseurs se rencontrent auprès d’un même chien, l’un comme acheteur, l’autre comme vendeur. Chacun d’eux estime, en lui-même, le coefficient de chacune des parties du chien, puis, réunissant ces nombres, 1l en compose un tout qui, pour lui, représente mathématiquement la valeur de l'animal.

Ainsi, je vois un braque d’arrêt qui me plaît au pre-

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mier coup d'œil. En quelques minutes, je constate qu'il se chiffre par le nombre 70 points. Je me fais ce raisonnement bien simple : un chien parfait, de cette espèce et de cet âge, vaudrait, à mon avis, 100 fr., 200 fr., 300 fr. Par conséquent, celui-ci vaut 70 fr., 140, fr., 210 fr., ni plus, ni moins!

De son côté, le vendeur a fait son calcul de la même manière ; obéissant à un autre sentiment, c’est possible, mais, prenant pour bases les mêmes maximum, admis par tout le monde. Lui, trouve 84... 90, etc.

Quel moyen de s’entendre?...

Il est bien simple, grâce aux pornts. Demandez à un autre chasseur, à dix autres chasseurs ou marchands de chiens, combien ils assignent de points à ce chien. L'un nous dira 73, l’autre 77, celui-ci 68, 69, que sais-je ? Prenez la moyenne de ces chiffres résultant d’une même numération, et vous avez la valeur du chien aussi exacte qu'il est possible.

Aujourd'hui, nous avons autant de jugements que de jugeurs ; mais aucuns de ces jugements ne sont comparables entre eux, parce qu'ils n’ont point de commune mesure.

N'est-ce pas un vrai progrès qu’en instituer une ? D'autant plus que, dans la pratique, les moyennes se font de tête, avec la plus grande facilité, quand on en a un peu l'habitude. À nos yeux, il existe un très-grand avantage à avoir su trouver un moyen de comparaison exact entre des objets aussi difficiles à mesurer que des animaux vivants, et nous faisons les vœux les plus ardents pour que cette manière de compter s’introduise dans nos habitudes.

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Ce n’est pas tout encore. Cette méthode donne une manière de vendre sous une forme différente de celle ex bloc dont nous sommes habitués à nous servir dans nos marchés. Un éleveur publie qu'il possède telle espèce de chiens, des Dupuy, par exemple, d’une race très-pure, dont 1l donne le pedigree, très-bien dressés et parfaitement aptes à la chasse en plaine. Il les vend 10fr. le point.

Que reste-t-1l à faire à l'acheteur qui se présente? A évaluer le nombre de points que représente chaque animal qui lui est présenté, et à calculer ainsi celui qui, selon son pays, ses chasses, ses habitudes, lui semble le plus avantageux. Or, remarquons-le, cette manière de compter admet des arbitres, qui peuvent rendre compte de leur estimation, la rationaliser, tandis que un arbitre actuel, jugeant d’intuition, de sentiment, serait fort embarrassé non-seulement si on lui demandait sur quoi 1l fixe son chiffre, mais pourquoi il diffère tant de ses collègues sur le même animal, de 100, 200, 300 fr. Notons, en passant, que nous ne critiquons aucun jugement : avec de lhabileté, un certain tact, une connaissance suffisante du chien, les marchands font, en gros, dans leur esprit, ce que nous leur enseignons aujourd’hui à faire mathématiquement. Nous savons qu’ils arrivent à des résultats analogues aux nôtres et souvent très-conformes, mais iln’en reste pas moins acquis que leur calcul mental n’est pas discutable, tandis que la méthode des points fournit un calcul matériel toujours et facilement justifiable.

Une fois convenu, par fout le monde des chasseurs, quel sera le coefficient du nez, — je pourrais dire du p#ff ! —

chez la race Dupuy dont nous parlions tout à l'heure, comparé au nez du pointer ou du Pont-Audemer, la valeur de la jambe, des reins, le port de la queue, la beauté de l'œil, de l'oreille, etc., etc., rien n’est plus aisé qu'évaluer un quelconque de ces animaux. Celui-ci, noir et blanc, est coté 56 points par son éleveur : c’est 560 francs qu'il en demande. L'acheteur fait remarquer que le front est gros, bas, que le corps est trop levretté, etc.; le coefficient, pour lui, monte seulement à 41 ; il en offre 410 francs. Chacun essaie de convaincre la partie adverse; ils s'accordent ou ne s'accordent pas; mais, du moins, savent sur quoi ils peuvent s’entendre. Le débat se circonscrit plus facilement et les deux adversaires peuvent s'expliquer et conclure plus vite.

Gagner du temps, c’est une bonne devise, puisque le temps est l’étoffe dont la vie des veneurs, comme celle des simples mortels, est faite! !...

LA

VIT BAC EENMARADE

OÙpñas LLEV TPOTOV ÉRWYETO HA AUVAS GPYOUS.

(How. Il. À. 50.)

« Le fléau frappa d’abord les mulets et les chiens agiles. »

(Selon d’autres « les chiens au blanc pelage » les animaux de cette robe étant considérés comme moins sensibles à l'action du soleil en Orient.)

On a observé que le miasme de la peste se communique d’abord à ceux des animaux qui ont l’odorat fin. (Note de Dübner.)

Ils ne mouraient pastous, mais tous étaient frappés; On n'en voyait point d'occupés

A chercher le soutien d’une mourante vie; Nul mets n’excitait leur envie...

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