‹ Les chinois chez euxChapitre 34 sur 43 · LETTRE VINGT-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LETTRE VINGT-HUITIÈME

Sin-Tchen, le 4 juillet 1881 Cher Père Roux (i), .

jVant-hier, je traversais la route de la capitale ; la Providence a voulu que ce fût le jour et le moment où le Père Chanticlair passait aussi : un quart-d'heure avant ou après, il était trop tard. Sa rencontre me réconforta et me fit du bien. Depuis quatre jours, j'étais tout malade de dégoût, me voyant en face d'une position embarrassante et sans issue vraisemblable à Pou-Gan-Tin. Nous nous arrêtâmes à causer longuement chez un chrétien ; le P. Chanticlair savait mes tribulations : « Voyons, me dit-il, prenons au hasard un chapitre de Y Imitation, pour savoir le mot de Dieu sur votre situation ! » Il ouvre le livre, et tombe sur je ne sais plus quel terrible chapitre où Notre-Seigneur m'avertit que je n'ai pas de paix à espérer sur la terre, que ce que j'ai souffert n'est encore rien : « Ad fiUtu-a certaniina te prœpares. » Le pauvre confrère en était saisi. Quand je vous dis que, dès mon enfance, je me suis senti voué au malheur ! Et, avec tout ça, je suis heureux !

Votre catéchiste Lo, survenant un instant après le départ du P. Chanticlair, me guérit net de mes appréhensions ; c'est fini, je vais tenter l'expédition de Pou-Gan-Tin. Nous avons causé ; il m'en-

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