I. Le Père Paul Michel
LETTRE TRENTIEME,
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Hin-y-Fou, le 27 septembre 18S;
Monsieur le Curé (i),
E tout son district, votre cher frère affectionnait plus spécialement la partie du Tsé-Hen, précisément parce que c'était la plus persécutée. Outre que sa vie y a été plusieurs fois en danger, par le fait de la haine des païens, les souffrances morales et physiques qu'il a endurées sont sans nombre et sans mesure. Il a dû vous écrire les malheurs qui, depuis deux ans, sont venus fondre sur cette chrétienté naissante. Les néophytes ont été, les uns dépouillés de leurs terrains, chassés de leurs maisons, plusieurs emprisonnés, battus et torturés de la manière la plus barbare. Tous étaient menacés. Les mandarins et les satellites, avec leur rapacité et leur haine insatiables, ont fait tous leurs efforts pour obtenir l'apostasie de ces nouveaux chrétiens ; ils n'ont pas réussi, grâce aux exhortations de votre frère. Mais lui, pouvait-il voir d'un œil indifférent de si profondes afflictions ? Pour les consoler^ il leur montrait un visage calme et plein d'encouragement, tandis que son cœur saignait. Il leur faisait entrevoir un avenir plus heureux, et les plus noirs pressentiments agitaient son esprit. Que d'efforts n'a-t-il pas tentés pour leur faire rendre justice ! Mais, en Chine, la justice