‹ Les chinois chez euxChapitre 4 sur 43 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

ment à son père et à sa mère, à son jeune frère, élève au grand séminaire de Beauvais, au prêtre vénérable le premier confident de sa vocation, devenu pour lui un frère aîné, à quelques amis demeurés fidèles à son souvenir. Il leur racontait, dans ses moindres détails, sa vie de chaque jour, de chaque instant ; et ces chères lettres, aujourd'hui mouillées de tant de larmes, apportaient à tous la joie et l'édification : on les relisait comme les épitres d'an apôtre, on les regardait comme un trésor.

Hélas ! les voilà devenues des reliques, et la mort du Père Aubry (i) a rendu la liberté à ses correspondants, qui avaient dû promettre de n'en jamais publier le moindre fragment. En dépit de •certaines répugnances de leur cœur, et après avoir hésité trois ans, ceux-ci livrent enfin à l'impression quelques-unes des lettres écrites par le Père Aubry depuis son déport de France jusqu'à sa sainte mort. Encore une fois, c'est la correspondance d'un apôtre, qui con sacre aux âmes les forces qu'il va chercher en Dieu par une continuelle oraison. Mais aux effusions de la piété la plus tendre s'y mêlent les vues profondes du théologien, les idées les plus justes, les plus neuves, sur les choses et les hommes de notre temps et de notre pays, les observations les plus vraies et les plus piquantes sur la Chine et les Chino's, avec ks mille saillies de cette gaité charmante des âmes pures et généreuses, semblable au cri joyeux de l'oiseau délivré des filets et qui s'envole vers le Ciel : — Laqueus CQiitritus est ! »

Puisse cette publication continuer et étendre l'apostolat du cher défunt ! Pujsse-t-elle faire connaître davantage ces missionnaires, l'honneur de notre race, que les calomnies et les injures des lettrés

I. Voir La Vie de J.-B. Aubry, théologien et missionnaire, i v. in- 12, Lille, Desclée,3f. 50,

et des mandarins français vont pourtant poursuivre jusqu'au fond de la Chine !(i)

Nous offrons la correspondance de J.-B. Aubry à ses vaillants confrères des Missions Étrangères, aux associés de la Propagation de la I'""oi, à ses condisciples du Séminaire français à Rome, aux nombreux amis qu'il s'était faits dans le diocèse de Beauvais, à tous les prêtres de notre chère France qui, en sa détresse présente, réclame, comme les pays infidèles, des apôtres dévoués et prêts aux plus rudes sacrifices ; aux élèves des petits et des grands séminaires, pour leur inspirer ce que le Père Aubry possédait au suprême degré : l'intelligence, l'amour, l'enthousiasme du sacerdoce, immolation de rhoniinc ajoutée à celle de Dieu (2).

I. Voir notamment La Cité chinoise, par Eug. Simon, ancien consul de France en Chine, f886.

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