‹ Les chlorures et les phosphates dans la fièvre typhoïdeChapitre 2 sur 5 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE L'URINE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE L'URINE

Sans entrer dans de longs détails qui sembleraient peutêtre inutiles, nous croyons bon cependant de retracer ici les principaux caractères de la sécrétion urinaire à l’état normal, et les modifications qu’elle peut subit à l’état pathologique. *

On admet généralement que la quantité d'urine éliminée en 24 heures est en moyenne chez l’homme de 1400 à 1500 centimètres cubes, et chez la femme de 1000 à 1200, au moins en France (1). Mais cette quantité peut varier et varie souvent sous des influences très diverses. Ainsi, la secrétion urinaire est augmentée par un excès de boisson, par des émotions un peu vives; les liquides mousseux, le café, certains sels minéraux favorisent cette fonction. La polyurie a été signalée pendant la convalescence de certaines maladies fébriles, et nous avons pu en constater plusieurs cas mentionnés dans les observations que nous reproduisons plus loin.

Au contraire on trouve une diminution d'urine au début des pyrexies; les purgatifs, des sudations considérables produisent le même effet.

Les variations de quantité offrent une plus grande importance en tenant compte de la densité. Celle-ci esten moyenne de 1018 à 1022 à la température de 15° centigrades (la densité de l’eau étant représentée par 1000). Mais elle

(1) D’après Mathias Duval, la quatité d'urine émise par une personne bien portante, peut-être évaluée à | cent, cube par heure el par kilogramme de son poids.

OR éprouve des modifications sous les mêmes influences qui font changer le taux de l’excrétion urinaire.

Ainsi, l'abondance des liquides ingérés peut faire descendre la densité jusqu’à 1005, tandis qu’à la suite d’une forte transpiration elle atteint quelquefois 1035.

Dans la fièvre typhoïde on note des variations assez considérables dans la densité de lurine, et sur ce point les auteurs sont loin d’être d'accord. Rayer (1) donne les chiffres suivants: période d’augment de 1014,1 à 1016,4; période d'état: 1008 ; convalescence: 1019,6 à 1022,7.

Albert Robin (2) donne comme moyenne 1020 à 1030, mais il cite également un cas où on a trouvé 1008, et d’autres de 1033,5.

Dans les urines des malades que nous avons eu à examiner, nous avons constaté en général, dès le début et pendant la période d’état, une diminution notable de la quantité, et une augmentation correspondante de la densité qui nous a fourni souvent les chiffres de 1030, 1032, 1034 et même

Au contraire, pendant la convalescence, plusieurs fois il s’est produit de la polyurie, et le chiffre de la densité descendait à 1008, 1007 et même à 1004.

D'autres caractères importants sont la couleur, l’odeur, la réaction. L’urine, en effet, peut être vue sous des nuances comprises entre le jaune pâle et le brun noir, en passant par le rouge. Celles que nous avons observées étaient tantôt presque incolores, tontôt jaune foncé, ou même jaune rouge; mais nous n'avons trouvé là aucune relation bien établie entre cette coloration et la maladie elle-même.

Presque toujours limpides, quelques-unes laissaient, rare-

(1) Rayer. Traité des maladies des reins.

(2) A. Robin. Urologie clinique. La fièvre typhoïde, thèse de Paris, 1877.

he ment du reste, un dépôt soit d’urate de soude, soit de phosphate ammoniaco-magnésien.

Quant à l’odeur, elle est sui generis, lorsque l'urine est fraîche, mais elle change facilement par l’absorption de certaines substances, et dans cetains états pathologiques. Par suite de la fermentation ammoniacale, elle répand une odeur d’ammoniaque très caractéristique. Nous n'avons rien pu observer de remarquable à ce point de vue; en général, les urines de nos malades étant le produit d’une sécrétion de 24 heures, exhalaient une odeurade, quelquefois cependant fort désagréable. Mentionnons aussi l’état ammoniacal observé plusieurs fois. :

La réaction d’une urine normale doit être franchement acide. « Dans la fièvre typhoïde, dit A. Robin (1), très acide aux périodes d’état et d’augment, l’urine rougit moins franchement le tournesol aux approches des oscillations descendantes et prend une réaction alcaline, soit au milieu de cette période, soit au cours de la convalescence.»

Nos observations nous ont conduit au même résultat.

{1) A. Robin, loc. cit.

hoc assez différents. Nous pensons que le Fo sui. vant donné par Ch. Robin en représente aussi exactement que possible la composition mo. nne e d’une urin (

pour 1000 grammes. EE PA > 965 =.

Chlorure de = 8 {10 gr. en 24 heures) Sulfates(KO,Na0,Ca0) 3 Er Phosphates. 7, à .

Page 1