PÉRIODE DE DÉBUT
Les débuts d'un chondrome du larynx sonten général assez insidieux. Les symptômes varieront suivant le volume et le siège d'implantation, et se modifieront très lentement à cause du caractère bénin de cette tumeur dont l'accroissement est toujours assez peu rapide. Généralement, il n’attire l'attention du malade qu'au moment où il vient troubler les deux fonctions du larynx, la phonation et la respiration. Dans la plupart des observations que nous avons pu réunir, les malades viennent surtout consulter pour une dyspnée de plus en plus gênante, pouvant même aller jusqu’à Pasphyxie.
Les troubles observés dépendent donc du siège de la tumeur qui peut soit allérer la phonation en empêchant le bon fonctionnement des cordes vocales, soit gêner la respiration en obstruant la cavité laryngée ou
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mo trachéale. Enfin, si la tumeur siège sur la partie postérieure du cricoïde etse développe surtout du côté du pharynx, un des premiers symptômes sera la dysphagie.
Quand la tumeur passe de la période latente à la période où elle commence à incommoder le malade, les premiers troubles sont ceux de la respiration. Le néoplasme envahissant de plus en plus le larynx et la trachée, les troubles respiratoires suivent une marche parallèle et la dyspnée devient de plus en plus intense.
Au début, ce n’est qu'une dyspnée d’effort. Au repos, le malade ne ressent aucun malaise, mais s'il veut faire un travail pénible, une marche rapide, l'angoisse respiratoire ne tarde pas à survenir. Cette dyspnée est en somme un symptôme lardif, qui ne se produit que lorsque la tumeur a acquis un volume assez considérable.
La toux est aussi un des premiers signes du chondrome du cricoïde. Elle peut même exister avant la dyspnée. Parfois, elle prend dès le début le caractère si spécial de toux de compression, décrite par M. le D' Garel, médecin des hôpilaux de Lyon. Cette toux caractéristique d’un obstacle siégeant sur les voies respiratoires, est le plus ordinairement coqueluchoïde, mais elle se distingue de celle de la vraie coqueluche, par une tonalité profonde, bruyante, un timbre caverneux, c'est « une toux de chien ». À la secousse de toux, s'ajoutent des bruits de consonnance plus aiguë et mal soutenue. Enfin, les secousses expiratoires s'accompagnent de reprises bruyantes, comme dans la
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coqueluche. Dans l'observation que M. Garel a bien voulu nous communiquer, ce seul signe observé par M. Destot permit de faire le diagnostic de sténose des voies respiratoires ; on chercha le siège de la lésion, et comme on ne trouvait rien dans le thorax, on pensa à un obstacle intra-laryngé.
Enfin, un autre symptôme de début est constitué par les troubles vocaux, qui peuvent consister en une raucité de la voix, ou en une aphonie presque complète.