‹ Les chondromes du cartilage cricoïdeChapitre 19 sur 22 · RD · texte numérisé non relu

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Il semble donc que l’énucléation par voie extralaryngée, sans ouverture du larynx, constituerait l'opération de choix, bien que le résultat n’ait pas été parfait : le malade en a retiré, en somme, un bénéfice suffisant, puisqu'il a pu reprendre son travail.

L'examen microscopique confirma le diagnostic clinique.

OgsErvaTION XX

(Garel et Durand, Annales des maladies de l'oreille, du larynx, du nez el du pharynx, 1908.)

Femme de trente-cinq ans, habitant la Bresse, vient à la consultation des maladies de la gorge, à l'hôpital de la Croix- Rousse, en 1890, pour une lésion du larynx gênant les fonctions vocale et respiratoire.

Elle présente au-dessous de la corde vocale gauche une tumeur de couleur rose pâle, à surface lisse, dont la convexité déborde au milieu de la lumière trachéale. Cette tumeur assez volumineuse a une consistance dure; elle résiste au stylet. Aussi M. Garel en fait aussitôt un enchondome du larynx, car la tumeur est semblable à celle du premier cas qu'il a observé (cas de Garel-Bertoye).

Une tentative opératoire par les voies naturelles, au moyen de l’anse galvanique, n'aboutit qu’à l'extraction d’une calotte superficielle de la tumeur.

On dut renoncer à toute tentative par voie intralaryngée. La malade entra alors dans le service du professeur Léon Tripier, où la tumeur fut opérée par thyrotomie.

Malheureusement, quelques jours après, survinrent des complications pulmonaires, et la malade succomba,

OBsERvATION XXI (Garel et Durand, rd.)

L..., cinquante-sept ans, a eu la fièvre typhoïde à huit ans, sans complication, aucune autre maladie sauf peut-être un paludisme bénin, très douteux. Aucun antécédent familial néoplasique; père mort jeune d’une maladie aiguë, mère morte à

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soixante-cinq ans probablement de catarrhe chronique ; une sœur morte jeune de maladie aiguë. Veuf, sa femme est morte à cinquante ans d'une hémorragie utérine indéterminée. Une seule fille bien portante.

L'affection actuelle a débuté il y a dix mois environ, en novembre 1903, par un peu de dyspnée d'effort, d'abord rare et peu importante, croissant ensuite de fréquence et d'intensité. La voix a toujours été un peu couverte, d'un timbre sans éclat ; elle ne s'est pas modifiée, Il n'y a pas de toux,

Inquiété par la dyspnée, il vint consulter le D' Dolard. Notre confrère constata l'existence d’une dyspnée légère, que le moindre effort exagère énormément, d’un léger cornage, toux coqueluchoïde de compression très nette. Il diagnostiqua une obstruction mécanique de l'arbre aérien et, pensant à une compression médiastinale probable, il envoya le malade au D" Destot pour être radioscopé. Des examens radioscopiques minutieux ne montrèrent dans le médiastin aucun signe révélant un agent de compression. M. Destot conclut formellement à l'existence d’une sténose, à cause de la toux de compression, et admit que la sténose était très probablement laryngée ou juxta-laryngée : d'où la nécessité d’un examen laryngoscopique. Le D' Garel ne vit d'abord rien d’anormal; la glotte et les organes sus-glottiques étaient sains; on ne voyait pas la région sous-glottique. Il essaya, sans grand succès, les réflexes étant très puissants, de pratiquer l'examen par la méthode de Killian.

Poursuivant son examen après cocaïnisation intense, M. Garel finit par voir une tumeur sous-glottique apparaissant sous la corde vocale gauche, immédiatement sous cette corde. KFlle est arrondie, régulière, couverte d’une muqueuse lisse, normale de couleur et d'apparence, dure, consistante, non fluctuante au contact du stylet ; elle semble être implantée sur la partie gauche du chaton postérieur du cartilage cricoïde. M. Garel porta le diagnostic ferme d'enchondrome du cricoïde et proposa l'ablation de cette tumeur par thyrotomie,

Il est bon d'insister sur la marche régulièrement progressive vers la précision finale qu'a pu suivre l'établissement de ce dia-

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