‹ Les Chordomes Sacro-CoccygiensChapitre 20 sur 30 · IL. — Symptômes · texte numérisé non relu

IL. — Symptômes

Début. — Le plus souvent, le début se fait par de la douleur. Un sujet a reçu un traumatisme dans la région sacro-coccygienne : immédiatement après, il ressent dans cette région des douleurs violentes qui l’obligent à s’aliter, puis, sous l'influence du repos, ces douleurs se calment, et il peut reprendre ses occupations ; de temps en temps, elles reparaissent à la suite d’une fatigue, d’une marche, venant rappeler l'accident premier. Quelquefois, les douleurs s’installent et, allant sans cesse en croissant, ne laissent au patient nul instant de répit. Dans d’autres cas, pas de cause déterminante dont le malade ait gardé le souvenir ; sans raison, il souffre d’un lumbago, il perçoit une sensation de pesanteur dans le fondement ; il se repose, tout cesse ; nouvelle fatigue, nouvelles douleurs. Dans quelques cas enfin, ce n’est pas le symptôme douleur qui ouvre le premier le cortège : c’est un homme bien portant qui, au cours de sa toilette, remarque qu’il porte, dans la région sacro-coccygienne, une petite tumeur. C’est un vieux constipé

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qui entre à l'hôpital parce qu'il y a cinq jours qu’il n’est pas allé à la selle. C’est un sujet enfin, qui vient consulter pour des troubles urinaires indéterminés.

Période d'état. Tumeur. — A cette période, le grand symptôme objectif est la tumeur. Dans quelques cas, rares d’ailleurs, elle est extrapelvienne et fait saillie dans la région sacro-coccÿgienne, s'imposant au médecin qui examine le malade. Mais le plus souvent, le patient vient voir son médecin, il souffre dans la région sacro-coccygienne ; mettant en œuvre tous les procédés d’investigation, celui-ci pratique le toucher rectal et il perçoit la masse néoplasique à l’intérieur de la concavité sacrée. Dans deux cas enfin, la tumeur est mixte : à la fois intra et extrapelvienne, c’est-à-dire visible sous le tégument cutané et perceptible en même temps par le toucher rectal.

Cette tumeur est de volume variable : il doit en être de fort petites, mais elles ont dû passer inaperçues et n’ont jamais été reconnues. Celles qu’on nous signale vont depuis le « volume d’une prostate », nous dit Lewis, jusqu’à l'énorme masse néoplasique de l’observation que nous rapportons, masse qui mesurait, suivant la ligne lombo-sacrée, 26 centimètres, qui avait 15 centimètres de largeur au niveau de la ligne biiliaque supérieure, et 22 centimètres suivant la ligne bitrochantérienne ; son épaisseur, mesurée de Panus au pôle inférieur, était de 18 centimètres. La tumeur avait environ 80 centimètres de périmètre, On trouve tous les intermédiaires, un œuf, une pomme, un

poing, une tête d'enfant,

Variable aussi est la consistance du chordome, tantôt la tumeur est molle et fluctuante, donnant l'impression d’un abcès ou d’un fibrolipome, tantôt elle est élastique, mais non fluctuante, tantôt enfin, elle est signalée comme dure.

F1G. 4. — Chordome sacro-coccygien (Homme 22 ans). Vue postérieure de la tumeur.

Peau pigmentée, gaufrée. grenue, avec au pôle EgEUr bourgeons framboises de la grosseur d'un pois. |

Les téguments qui la recouvrent sont signalés dans Un Cas Comme ulcérés, mais il y avait eu intervention, cautérisations, ce qui avait pu évidemment modifier l'aspect ; dans notre cas, où il y avait eu aussi intervention, la peau est pigmentée, gaufrée, grenue, non mobile, avec au pôle inférieur de la tumeur, des bour- geons framboisés de la grosseur d’un pois (voir fig. 4).

Cette tumeur, le plus souvent, sinon toujours, n’est pas mobile sur les plans profonds, faisant corps avec le sacrum et le coccyx, auxquels elle adhère très intimement, elle n’adhère, par contre, jamais au rectum qui est très mobile sur elle.

Mais le caractère le plus important de cette tumeur, caractère sur lequel tous les auteurs sont d’accord, est son indolence. Par lui-même et quelque soit son développement, le chordome est indolore.

Douleurs. — Oui, mais si le chordome est indolore par lui-même, il peut, de par son développement, donner des douleurs dans la région sacro-coccygienne, douleurs qui vont depuis une simple sensation de ténesme, jusqu’à celle de déchirement, qui s’exacerbent lorsque le malade marche on lorsqu'il s’asseoit, qui se calment par le repos, ou qui, au contraire, sont exagérées par la position couchée, douleurs, en un mot, de type très variable.

Troubles sphinctériens. — Etant donné la région où il se développe, Le chordome peut, par compression, donner des troubles de la défécation. Très souvent, rien n’est signalé, mais quelquefois, c’est le symptôme capital. Cela peut n'être qu’une banale

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