‹ Les Choroïdo-Réactions TuberculeusesChapitre 10 sur 38 · US ER · texte numérisé non relu

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moins, on a l'habitude d'employer des le identiques pour les désigner. |;

Le bacille de Koch contient un produit appelé tuberculine préparé de diverses façons et d’ailleurs, sensiblement différent suivant les procédés usités, qui est un extrait artificiel du corps microbien renfermant les deux sortes de toxines. Son action essentielle est la suivante : Elle est absolument inopérante sur l’organisme sain, tandis qu’elle provoque chez un tuberculeux de graves phénomènes réac. tionnels, ces derniers auront lieu :

1° Au niveau de la lésion, et se traduiront par une poussée inflammatoire et œdémateuse;

2° L'introduction du produit dans le derme d’un sujet préalablement infecté va déterminer une réaction locale qui signera d’une manière formelle l'existence de cette infection. : |

De plus, il faut se rappeler que la présence de tuberculine n’entraîne pas la formation d’anticorps comme le font les toxines des microbes banaux.

Elle peut donc déclancher chez l’animal infecté des ühe nomènes à peu près semblables à ceux provoqués par l’injection de bacilles tués par la chaleur. En réalité, ceux-ci contiennent en outre, des « poisons adhérents », et c’est le mérite d’Auclair et Paris d’avoir montré leur existence.

“Extraits par l’éther et le choroforme, ils reçurent le * nom d’éthéro et chloroformo-bacillines.

Les premiers sont des lipides et leur inoculation provoque la formation de foyers de caséification, c’est-à-dire de lésions spécifiquement tuberculeuses; ils onÿ donc une action analogue à celle des bacilles morts. ,

A la suite du travail de J.-Albert Weïll, qui projeta un peu de clarté sur cette question, et des études faites par les auteurs américains F. Sabin, Ch. Doan, Goris et Anderson, il ressort que cette fraction lipoïdique renferme des graisses phosporées d’où l’on a séparé les acides gras

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des phosphatides, notamment les acides déhydrophtioïques. En outre, un élément a pu être isolé : la phosphatide A3 qui jouerait un rôle des plus importants dans la formation des cellules épithélioïdes. ;

Voilà où en étaient les notions établies à ce sujet, lorsque tout dernièrement, le chimisme du bacille de Koch entra dans une nouvelle phase, grâce aux recherches de B. Hoi et Ratsimamanga, en atteignant le domaine de ‘ la synthèse. |

Ces auteurs purent réaliser des acides & - « disubstitués que Paraf et Desbordes expérimentèrent sur l’animal et sur l’homme. Leur conclusion est la suivante :

L’aetion de ces corps gras est due à la ramification de la chaîne au voisinage de la fonction acide, en position « (réponses toujours négatives avec tous les acides gras linéaires sans ramification):; elle est due aussi à la fonction acide, les réponses étant négatives avec les fonctions cétone, amide ou amine. É - Quant aux seconds poisons, extraits par le chloroforme, ils contiennent des protéines, et expérimentalement ne peuvent reproduire de lésions folliculaires, mais seulement des phénomènes toxiques et inflammatoires. Le virus filtrant tuberculeux ne renferme que cette -portion protéidique à l’exclusion de tout lipide. |

La constitution de ces corps est naturellement fort complexe : acides aminés, toxalbumines et autres fractions protéiniques s’y trouvent surtout. Chez l’homme, ils ont été rendus responsables de troubles nombreux, tels que certaines manifestations psychiques, névritiques ou viscérales diverses. Les néphrites tuberculeuses furent, depuis longtemps attribuées à cette même cause, et elles ont droit à une mention spéciale. Grancher, Hippolyte Martin et Ledoux-Lebard, Bouchard et Charrin ‘avaient étudié expérimentalement l’action de la tuberculine sur le rein. Chauffard observa chez un bacillaire néphritique que les

injections répétées de cette substance augmentaient l’albuminurie, et à l’autopsie, il constata seulement une glomérulo-néphrite diffuse, sans follicules ni cellules géantes. À la suite de quoi, Léon Bernard, dont on connaît déjà la lutte en faveur des tuberculoses inflammatoires, proposa de classer les néphrites tuberculeuses en:

15 Néphrites folliculaires;

2° Néphrites afolliculaires qui peuvent être

a) Epithéliales, où l’on trouve au point de vue histologique des lésions de ce revêtement et des amas diapedétiques;

b) Intérstitielles avec infiltration diffuse de iymphoïdes.

Il est sans doute permis de penser, que ce processus toxinique peut être retenu dans les choroïdites exsudatives, sans que là non plus aucune affirmation catégorique puisse être autorisée. Toutefois, on-peut encore envisager cette hypothèse en raison de la bénignité fréquente de l’affection qui évolue souvent sans complications générales; explication encore étayée par le fait que les lésions pulmonaires initiales, généralement responsables des choroïdites sont peu bacillifères et ne produisent que très rarement des septicémies. Il est aussi curieux de noter lalternance de troubles apparemment différents, mais que l’on a rapportés à la même origine exsudative, telles que bronchites à répétitions, asthme ou choroïdites comme nous en avons observés; on est assez enclin à penser que l'élimination de toxines emprunte des exutoires variés intéressant tantôt un appareil, tantôt un autre, on des lois dont le déterminisme nous échappe.

Maintenant que nous avons examiné les désordres provoqués par les poisons bacillaires, essayons de pénétrer le mécanisme intime de diffusion de ces toxines.

Il a été établi, et Bouvet de la Maisonneuve l’a bien mis en valeur dans sa thèse, que la libération des toxines était due à la lyse du corps microbien, effectuée par les éléments

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de défense tissulaire; dès lors, les constituants du baciWe libérés vont pouvoir exercer leur action destructrice sur lPorganisme; action qui s’exercera soit sur place, soit à distance par l'intermédiaire des polynucléaires. C’est justement à cette dissémination protéinique que l’on a imputé les phénomènes généraux de cette variété de phtisie, et les manifestations pathologiques de Pallergie.

Il est cependant délicat de se prononcer au sujet de ces dernières d’une manière aussi nette, car ce serait résoudre bien simplement un problème fort complexe. Qu'il nous suffise de savoir qu’entre l'intensité de ces réactions allergiques et les troubles toxémiques, il. existe un rapport certain. Cela du reste nous amène à parler de lallergie comme hypothèse pathogénique, en sachant désormais, que les deux processus doivent être liés.

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