‹ Les Choroïdo-Réactions TuberculeusesChapitre 11 sur 38 · C. — Allergie · texte numérisé non relu

C. — Allergie

. Nous abordons ici un des chapitres les plus obscurs de la phtisiologie, et avant d’expliquer le rôle que nous comptons lui faire jouer dans la pathogénèse des choroïdites, peut-être n'est-il pas inutile d’en rappeler les grandes lignes.

Deux notions ont été établies qui sont indispensables à la compréhension de la question :

Le phénomène de Koch et les réactions tuberculiniques.

On se souvient de la célèbre expérience du savant allemand à laquelle son nom resta attaché. À un premier cobaye, on injecte sous la peau des bacilles tuberculeux. Un chancre d’inoculation apparaît au bout d’une semaine, et très vite se forme une adénopathie correspondante. Puis, l'infection se généralise aux principaux viscères et l’animal meurt. On fait subir à un deuxième cobaye le même traitement, mais un mois et demi après, on lui réinjecte une dose de bacilles équivalente à la première. L’évolu-

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tion de l'affection n’est plus du tout semblable à celle du cobaye n° 1. En effet, deux jours après cette deuxième injection, on assiste, à la formation d’une escharre cutanée qui finit par se cicatriser. Plus de dissémination bacillaire, pas d’adénopathie, l’animal est en état d’allergie.

Le Professeur F. Bezançon et de Serbonnes ont fait une étude approfondie du phénomène de Koch. Ils ont remarqué qu’il obéit à des lois rigoureuses ayant trait aux doses employées et à l'intervalle de temps situé entre les deux injections.

Baïl, Rist et Red ont inoculé des B.K. dans le péritoine d’un cobaye sain. Celui-ci crève dans les semaines suivantes, sans avoir présenté de grosses réactions, mais on trouve des lésions caséeuses à l’autopsie. Pour un autre animal tuberculisé peu de jours avant par une injection sous-cutanée; ils agirent de la même façon. Une péritonite se manifeste avec formation de liquide ;ce dernier se résorbe vite, mais l’animal finit par mourir : les bacilles de la première inoculation sous-cutanée en sont la cause. /

Certains ont prétendu que la lésion de réinoculation avortait; d’autres, au contraire, qu’une tuberculose discrète prenait naissance. Quoiqu’il en soit, un fait demeure : la résistance des animaux tuberculeux lors d’une nouvelle infection, qu’il ne faut pas confondre avec l’immunité; car, ne l’oublions pas, la’ première inoculation suit son cours. et cela implique l’absence d’un nouvel état humoral immunisant.

Les travaux de Calmette et Guérin concernant la tuberculose des bovidés mettent bien en relief la qualité de cette pseudo-immunité. Voici leurs conclusions : une lésion bacillaire minime, peu évolutive, va conférer au bovin qui en est porteur une hypersensibilité à la tuberculine, et une résistance à une nouvelle infection mortelle pour des animaux sains; Calmette ajoute en outre que cet état

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cesse lorsque le foyer bacillaire s'éteint. On ne saurait donc parler d’immunité, dans le sens où l’on emploie ce mot à propos des maladies infectieuses banales.

Sur le plan humain, les connaissances récemment acquises, grâce à Ameuille, Saenz et Canetti, de tuberculose abortive tendent à prouver que les atteintes bacillaires antérieures ne mettent pas à l’abri des nouvelles infections, et leurs recherches anatomo-pathologiques ont montré que la fréquence des lésions cicatriciellles augmente avec l’âge.

L'immunité serait due au « ralentissement de la dispersion lymphatique et sanguine des germes, à l’inhibition de leur pullulement à toutes les étapes de la progression ».

Il découle de tout ce que nous venons de rapporter que le phénomène de Koch est une réaction allergique procurant une immunité relative tant que subsiste le foyer tu- berculeux initial. A la lumière de ces données, on peut éclairer quelques aspects de la phtisiologie, tels que les poussées inflammatoires ou congestives des tuberculeux, grand cadre auquel on doit rattacher les choroïdites exsudatives.

Que penser maintenant de l'allergie tuberculinique ?

La réaction à la tuberculine est inhérente à la notion dé terrains bacillaires. Un individu déjà tuberculisé offre, nous l’avons vu, une certaine résitance à la réinfection, et en outre, devient sensible à la tuberculine. Cette sensibilité n’est autre que l’allergie tuberculinique.

La notion d’allergie tuberculinique est un élément essentiel de la théorie de Ranke et on ne peut l’en détacher si l’on veut en saisir toute la signification.

Un « chancre d’inoculation » se trouve toujours à l’origine de l'infection tuberculeuse et siège généralement dans l’appareil pulmonaire; immédiatement suivi d’une atteinte ganglionnaire dans le territoire correspondant, il

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