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APERÇU PATHOGENIQUE EN RAPPORT AVEC L’ANATOMIE

La choroïde, formation mésodermique, enveloppe la rétine, comme la pie-mère entoure l’encéphale. Elle n’est qu'une portion de cette leptoméninge qui va donner la chorio-capillaire primitive.

Les autres couches de la choroïde sont d’origine différente.

Si l’on étudie d’un peu plus près sa structure, on voit que la membrane de Ruysch est formée d’une seule couche de capillaires disposée d’une manière très régulière. Destinée à alimenter la rétine en matériaux nutritifs, elle

se montrera d’une texture d’autant plus serrée que l’acti-

vité de la région rétinienne en regard sera plus grande : l'importance fonctionnelle de la macula explique la densité du réseau vasculaire et la finesse de ses maïlles. en cet endroit. Chaque artériole tient sous sa dépendance un territoire circonscrit par sa chorio-capillaire, et d’autant plus réduit que l’on se rapproche de la « fovéa ».

Il en résulte que les affections de la choroïde seront pour la plupart en rapport avec sa structure vasculaire et que les lésions inflammatoires auront surtout une provenance hématogène.

Suivant les modalités de l’apport infectieux ou toxiques, il se produira une uvéite généralisée à tendance suppurative s’il s’agit d’un envahissement massif, une choroïdite diffuse dans les formes atténuées. À un degré moindre, microbes ou toxines peuvent ne s'engager que dans quel-

prie

ques artérioles, ou même une seule, pour former des placards éparpillés dans la cHoroïdite disséminée, ou un foyer unique, principalement maculaire, dans la variété circonscrite. 2

L’étiologie de ce dernier cas met en cause la Rue et surtout la tuberculose.

Connaissant d’une part, la grande fréquence des piemérites tuberculeuses, et spécialement des formes afolliculaires, bien décrites par Landouzy, Gougerot et Laignel- Lavastine, et caractérisées par une inflammation lepto- méningée avec infiltration lympho-plasmatocytaire; sachant d’autre part, l’analogie, pour ne pas dire l'identité de structure entre cette méninge molle et la choroïde, on ne s’étonnéra pas de l’affinité de la bacillose pour la membrane vasculaire de l’œil et des aspects atypiques que les lésions peuvent revêtir.

PROCESSUS PATHOGENIQUE

Le mécanisme de production de ces tuberculoses atypiques n’est pas des mieux établi; et nous ne prétendons pas éclairer le problème avec des lumières bien nouvelles. Cela d’autant plus que labsence d'examen anatomo-pathologique chez nos malades nous enlève les bases qui pourraient nous aider à construire, ou simplement à vérifier, des hypothèses pathogéniques.

On est donc obligé de se rapporter à ce qui a été écrit au sujet de troubles du même ordre, et spécialement par F. Bezançon, J.-A. Weill et au travail de Jacquelin.

Trois processus peuvent être envisagés : la bacillémie, la toxémie et l’hyper-allergie.

A. — Bacillémie

Il peut paraître surprenant de faire intervenir la bacillémie dans des lésions tuberculeuses non spécifiques. On

Bet EU ARE,

54 longtemps pensé, en effet, que ce rôle devait être des

plus faibles. Mais, des faits sérieux vinrent jeter le trouble dans les esprits; Starlinger étudiant la phtisie lymphohématogène, avait montré que les formes cliniques camouflées étaient souvent dues à des bacilles de Koch provenant du complexe primaire, et allant produire divers

syndromes séreux. La nouvelle technique de l’hémocul-

ture de Loewenstein arrive à point pour révéler la présence du bacille de Koch dans des manifestations morbides à propos desquelles létiologie bacillaire était assez douteuse. Ces résultats furent toutefois controversés. En outre, Troisier et Sergent soulignèrent avec justesse que lapparition de bacilles dans le sang circulant, ne prouvait pas forcément leur responsabilité vis-à-vis ie troubles observés.

Autrement important paraît être le rôle de l’ultra-virus tuberculeux. Depuis son existence signalée par Fontès, de nombreux travaux lui furent consacrés, parmi lesquels

: ceux de Calmette et Valtis, méritent surtout d’être retenus.

Ces auteurs établirent expérimentalement sur le cobaye, que les éléments filtrables avaient un rôle pathogène très différent du bacille de Koch, et produisaient seulement des lésions inflammatoires. Ils ne purent jamais obtenir de follicules tuberculeux type Villemin, en partant de ces éléments.

Inversement l’inoculation de bacilles acido-résistants ne peut en aucun cas reproduire les formes anatomiques déterminées par les granulations cyanophiles. Ces virus filtrables proviendraient d’un foyer pulmonaire latent : les bacilles enkystés en un point de cet appareil se dissémineraient sous la forme filtrante, ne pouvant eux-mêmes franchir les barrières qui les enserrent.

La connaissance de ces faits, permit à la phtisie d’acquérir de nouveaux domaines, jusque-là contestés : on admit alors avec Calmette, que l’ultra-virus pouvait être

NAS à l’origine de quelques affections mal classées, telles que le rhumatisme de Poncet, la typho-bacillose, ou l'asthme; dans certains épanchements de séreuse, dans la cirrhose de Laennec, on devait aussi le soupçonner.

I1 semble donc logique de distinguer dans l'infection tuberculeuse deux genres bien différents : le premier relevant du virus filtrable et ne produisant que des lésions inflammatoires; le second étant la bacillose classique provoquée par les formes acido-résistantes.

Ces vues parurent trop systématiques pour répondre à la réalité, et la séparation nette de ces deux formes d’une même maladie semble, en effet, arbitraire. Il était plus vraisemblable de les considérer avec Arloing et Dufour comme des phases d’un même cycle infectieux.

Pour clôre ce paragraphe consacré à la bacillémie, disons que cette pathogénie mettant en cause l'ultra-virus dans les choroïdites circonscrites exsudatives, aussi séduisante qu’elle puisse être, apparaît bien difficile à admettre d’une façon formelle. Il faudrait, pour en fournir la preuve, faire une inoculation à l’animal, chose à peu près impossible à pratiquer, sans risques, pour une affection située au niveau de la membrane vasculaire de l’œil.

B. — Torémie

La sécrétion de toxine est une propriété appartenant à de nombreuses bactéries, et l’on sait qu’il faut en distinguer deux catégories : Les toxines solubles ou exotoxines passant à travers les membranes filtrantes (exemple celles du bacille diphtérique); et les endotoxines, comme celles du bacille pesteux contenues à l’intérieur même du corps microbien que l’on obtient en écrasant et malaxant les bactéries.

Les poisons produits par le B.K. ne possèdent pas les mêmes attributs que ceux des microbes banaux: néan-

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