‹ Les Choroïdo-Réactions TuberculeusesChapitre 20 sur 38 · ERA ES · texte numérisé non relu

ERA ES

Par rapport à la surface rétinienne, le placard est souvent. en relief, comme on peut s’en rendre compte en suivant un vaisseau qui forme un coude à son contact. Il y a donc une élevure en avant de la rétine qui n’est jamais très considérable. Cette saillie provient de l’accumulation séro-fibrineuse à l’intérieur du parenchyme choroïdien; si l’infiltration est plus discrète, l’élevure est inapparente.

En résumé, l’exsudat est un dépôt séro-fibrineux se présentant sous l’aspect d’une tache généralement jaunâtre et circonscrite; il occupe souvent la région maculaire, et situé dans le parenchyme de la membrane, il traduit une réaction de la choroïde aux toxines tuberculeuses.

Précipités de descemétite

C’est un symptôme que l’on a trouvé plusieurs fois, grâce à l’examen systématique au biomicroscope. Dans un cas, ce signe a même permis de porter un diagnostic particulièrement délicat où un œdème de la papille en avait imposé pour une stase papillaire.

On voit, collés à la face postérieure de la cornée, des dépôts grisâtres occupant la partie inférieure de la membrane transparente et généralement disposés en secteurs.

N’étant jamais d’une étendue très considérable ils vont rarement en hauteur jusqu’à la partie moyenne ou supérieure de la cornée; preuve, soit dit en passant, de la faibles intensité de la crise inflammatoire ciliaire.

Il n’en demeure pas moins que la présence de ces débris cellulaires ou fibrineux indique une participation du corps ciliaire à l’inflammation, chose qui paraît évidemment contradictoire avec l’idée que nous nous faisons de ces choroïdites, c’est-à-dire de réactions très localisées et bénignes. Mais, il reste à savoir si la constatation de quelques dépôts de Descemétite, sans trouble du ‘parenchyme cornéen et de l’humeur aqueuse, sans infiltration appré-

ciable de l'iris et sans modifications tensionnelles, disparaissant rapidement et ne laissant aucune trace, il reste à savoir si une telle participation peut infirmer là conception proposée d’une forme localisée à une zone choroidienne assez éloignée du corps cikiaire. S'agit-il d’une extension de l’inflammation, et comment expliquer alors que l’on ne puisse voir qu’une seule plaque choroïdienne circonscrite, ou d’une coexistence de deux foyers dont lun antérieur est inapparent ? Quoiqu'il en soit, il n’est question là, que d’un signe accessoire, puisque nous le retrouvons seulement dans un petit nombre d’observations; sans le négliger, certes, on ne peut qu'être frappé par la discrétion de ses manifestatons s’opposant à celles constatées dans les choroïdites diffuses. D’où la conclu-' sion : la présence d’un pointillé de Descémétite signifie : sans doute, que le sujet est atteint d’une choroïdite moins bénigne que l’on était en droit de le supposer par la seule présence d’un exsudat choroïdien, et mérite une sur-. veillance plus sérieuse.

L’acuité visuelle du malade pendant la période d'état qui dure un minimum de quinze jours, reste toujours au bas de la courbe, et n’a guère de tendance à remonter que vers la fin de ce stade, c’est-à-dire environ un mois et demi après le début de l’affection. Ce délai est, bien entendu, variable avec les sujets. On arrive alors à la troisième période de la maladie.

æ +**# STADE CICATRICIEL OÙ DE TERMINAISON

Il est annoncé essentiellement par l’ascension progressive de l’acuité visuelle, et un changement dans l’imagé ophtalmoscopique de la lésion.

On observe tout d’abord un aplatissement de l’élevure qui, nous l’avons vu, caractérisait l’exsudat choroïdien.

Cet affaissement est assez frappant, et marque la régression du processus inflammatoire sous l'influence des éléments de défense. Les vaisseaux reviennent sur le même plan et suivent de nouveau un trajet rectiligne.

C’est un premier pas vers le stade cicatriciel.

Mais avant d’aborder l’étude des cicatrices, il convient de signaler l’absence éventuelle de toute séquelle de cette nature lorsque la maladie a été bénigne et rapide (voir observation n° 2). |

La désorganisation de la choroïde n’a pas eu le temps de se produire et l’exsudat s’est entièrement résorbé, ne laissant aucune trace de son séjour dans le parenchyme de la membrane. Le fond d’œil est littéralement nettoyé, et plus rien ne s'oppose à la restitution de la faculté visuelle dans son intégrité, car les éléments rétiniens n’ont pas été touchés, ou si modestement que la perturbation n’en est guère sensible.

Ce sont donc les cas les plus favorables, mais nous ne sommes pas en mesure d’en indiquer la fréquence.

Selon l’aspect de la plaque de choroïdite, et l’importance de l’inflammation, on distingue plusieurs types de séquelles cicatricielles.

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