‹ Les Choroïdo-Réactions TuberculeusesChapitre 24 sur 38 · ROUTE · texte numérisé non relu

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En lisant les obervations, on ne découvrira pas un seul foyer pulmonaire évolutif ou autre localisation sérieuse de la maladie. Un malade présente une diminution du murmure vésiculaire, unique symptôme objectif, n'ayant du reste rien de pathognomonique.

La radiographie pulmonaire n’a permis de voir que des adénopathies hilaires, dont on connaît maintenant la difficulté d’interprétation; il s'agirait là fréquemment de dilatation vasculaire et non d’adénite médiastine, comme on le croyait autrefois. ,

En plusieurs occasions, on a trouvé une atteinte pleurale antérieure qui fut une pleurésie franche pour l’une, et une pleurite pour d’autres.

Un examen général poussé est donc nécessaire pour découvrir les moindres traces d’une imprégnation bacillaire, qui permettront d'orienter un diagnostic hésitant. Complété par de bonnes radiographies pulmonaires, or pourra, le cas échéant, déceler la cicatrice d’un complexe ganglio-pulmonaire primaire, des images de « tramite initiale », ou des modifications diaphragmatiques.

Tous ces signes soigneusement recherchés serviront à éclairer les manifestations oculaires, jusque-là difficiles à classer.

SIGNES DE LABORATOIRE Cuti-réaction

La technique en est connue; on fait deux séries de scarification cutanée, l’une servira de témoin, tandis que sur l’autre, on déposera une goutte de tuberculine. Si elle est positive, on voit apparaître au bout de vingt-quatre heures, souvent plus tôt, une macule, puis üune papule rosée.

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Elle indique alors indubitablement que l'organisme est infecté par des bacilles de Koch.

Positive, elle peut l'être moyennement ou fortement d’après les dimensions de la papule qui värieront de quatre millimètres à deux centimètres cinq.

. En outre, dans les réactions ultra-positives, il se produira une phlyctène comme nous l’avons observé plusieurs fois.

La semaine suivante, tout rentre dans l’ordre et il ne persiste plus qu’une mince croûte qui tombera peu après.

Dans les tuberculoses atypiques, et en particulier dans les choroïdites subaiguës, exsudatives, les réactions sont presque toujours fortement positives, indice d’une hypersensibilité à la tuberculine.

Négative, elle signifie que l’organisme est vierge de bacilles ou bien qu’étant infecté, il ne réagit pas à l’incitation spécifique. ‘

Plusieurs motifs sont à invoquer : La cuti n’a pu déclencher la réaction, ne possédant pas une dose de tuberculine assez forte. Il suffit alors de pratiquer une intradermo-réaction de Mantoux à la dose de 1 mg. (la quantité du produit agissant dans la cuti-réaction de Von Pirquet étant de l’ordre de 1/100° de mg) pour la voir apparaître.

Dans un récent article, E. Arnould souligne qu’elle permet de retrouver dix à vingt réactions positives chez cent sujets à cuti négative.

Quelques fois, l’intra-dermo-réaction reste elle-même négative -transitoirement; elle n’est que retardée comme Bezançon, Genevrier et Maclouf l'ont bien montré chez des malades présentant des signes indubitables de tuberculose active, et ne devient visible que sous l'influence d’une cause fortuite venant modifier l’état organique de l'individu.

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Enfin, certaines affections, telles que la rougeole, la coqueluche, la grippe, etc; auxquelles ont doit ajouter divers troubles endocriniens, viennent contrarier la réponse cutanée à la tuberculine. Le rôle du surmenage et des rayons ultra-violets sur la peau joue dans le même sens.

A l’inverse, d’autres auteurs et en particulier Marc Weiss ont prétendu que les cuti-réactions répétées sur une même zone cutanée, pouvaient deyenir une cause d’erreur : « la sensibilisation exercée localement par la tuberculine les rend trop précoces, trop fortes et même dans certains cas d’anergie indûment positives ».

On a, depuis, essayé de rechercher le mécanisme des cuti-réactions.

Dans une communication à la Société d'Etudes Scientifiques sur la Tuberculose, au mois de Février 1943, A. Breton et A. Guidoux ont fait une mise au point de cette question.

Deux facteurs sont nécessaires pour qu’une cuti-réaction devienne positive :

1° Un facteur spécifique qui répond à l’action spécifique de l’allergène sur la peau.

2° Un facteur non spécifique qui est le résultat des réactions vasomotrices non spécifiques déclenchées par le produit.

Le premier resterait inapparent si le second ne se déclanchait pas. Il en résulte que divers agents pharmacodynamiques peuvent atténuer ou renforcer une cuti-réaction à la tuberculine.

Parmi eux, l’histamine augmente la sensibilité des réponses : « elle serait libérée in situ, et son intervention découlerait de ses propriétés bien connues ».

Les preuves directes de cette action que de nombreuses techniques ont essayé de mettre en lumière ne sont pas très probantes. Par contre, les preuves indirectes à l’aide

de lanti-histaminique de synthèse (2. 339 R.P.) semblent beaucoup plus démonstratives. |

Sans entrer dans le détail des expériences, il est intéressant d'en mentionner les résultats : « l’anti-histaminique de synthèse introduit dans le derme empêche ce derme de subir l’action des substances libérées localement au cours de l’allergie bacillaire sous linfluence de la tuberculine ». Par l'effet de sa seule présence, des cuti-réactions risquent d’être retardées de plusieurs jours dans leur

. apparition.

Voilà donc des notions récemment acquises, qui permettent de mieux comprendre les réponses si paradoxales quelquefois, des réactions cutanées.

Malgré les exceptions que l’on vient de voix, la CR. garde donc toute sa valeur et avec Max Fourestier, on concluera ù

« Allergie cutanée tuberculinique — tuberculisation, et à plus forte raison tuberculose ». E

Séro-floculation de Vernes à la résorcine

Le fait de mélanger le sérum humain à certains corps solubilisés ou en suspension, provoque une floculation dont le rythme et l’abondance obéissent à des facteurs déterminés.

Un appareil très sensible, le photoptomètre de Vernes permet de déceler l'apparition du trouble le plus minime et d'en mesurer le degré, que l’on exprime en indice optique.

Pour le sérum des tuberculeux, le réactif employé étant la résorcine, les chiffres s’échelonnent de zéro à cent, avec trente comme seuil critique. Au-dessus de trente, la tuberculose serait certaine. Entre 14 et 30, la réaction est suspecte. Au-dessous de 14, elle est négative.

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