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de DOS joors, malgré riodifTà^nce ou rhostilitc de tant de clirétiens, qui ne le sont comme noos que de nom, gourerne par son esprit nos familles et maintient l'ordre, la paix et la dignité dans la société. Car enfin, nos femmes sont chrétiennes, et nous serions bien fâchés qu'elles ne le fussent pas. Quand il s'agit d'élever leurs entants, les plus grands ennemis de la religion les livrent à son influence, et il y en a peu qui consentiraient à les priver du baptême et de la première communion. Même après la mort, nous revendiquons les fis^iqucs d'un culte que vivants nous avons dédaignées, et les familles regarderaient comme un outrage que l'Ëglise n'admit point dans ses temples le cadavre de l'un de ses membres qui n'y mettait jamais le pied pendant sa vie.
Quelle flagrante contradiction ! Nous sommes des esprits forts, et nous avons toutes les misères des esprits faibles I Nous prétendons ne pas croire ce que la religion nous enseigne, et nous ne pouvons nous débarrasser des préjugés de la foi 1 Nous nous vantons de ne pas admettre le surnaturel, que nous appelons une illusion, une hallucination, sinon une absurdité, et nous abandonnons nos femmes et nos enfants, ce que nous avons de plus cher, à Terreur ou au mensonge ! et s'ils viennent à partager à cet égard notre incrédulité, que nous •croyons «cependant fondée sur la vérité, nous prenons de I inquiétude pour leur avenir et pour le nôtre !
Enfin, nous éclectiques, qui voulons faire une philosophie parfaite en prenant ce qu'il Y a de vrai dans tous les systèmes des philosophes, nous ne tenons aucun compte de la doctrine évangëlique. Et pourtant, celte doctrine est aussi une philosophie, puisqu'elle enseigne la sagesse parla métaphysique la plus sublime et la morale la plus pure. Remarquable entre toutes comme spé-
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culaiion, elle a encore l'avantage incontestable d'ctre la plus pratique, la plus populaire, la plus utile dans toutes les circonstances de la vie et pour la mort. Si nous croyions sincèrement qu'elle vient directement de Dieu par la révélation, il n'y aurait point do contradiction à nous en abstenir comme philosophes; nous aurions le droit de dire que le surnaturel dépassant la portée de la raison, la philosophie, qui ne travaille qu'avec les lumières de la raison, n'a rien à y voir. Mais non, notre incroyance au surnaturel, que nous déclarons impossible, absurde, parce qu'il est contraire a la raison, nous ôte même cette excuse ; car, puisque le christianisme existe dans le monde depuis plus de mille huit cents ans, s'il n'est pas une œuvre divine, il faut bien qu'il soit une œuvre humaine, un produit de la raison comme tout autre système. C'est donc une philosophie comme une autre, qu'on expliquera comme on pourra, mais qui, en définitive, doit entrer en ligne de compte, et pour sa part, avec tout le vrai qu'elle contient et tout le bien qu'elle a fait, dans la composition de notre éclectisme, dans l'édification de cette philosophie par excellence que nous avons la prétention de donner au monde.