‹ Les choux, culture & emploiChapitre 12 sur 65 · FEU · texte numérisé non relu

FEU

âtif d'Erfurth.

— Chou rouge h

Gray.

rouge de Frise. Cette tribu comprend : le Polonais, le gros Chou rouge de Frise et sa sous-variété hâtive d’Erfurth (gray: 4), le Chou marbré d’Alost et la Tête de nègre ou Chou d'Utrecht.

- Chou rouge polonais. — C’est un gros Cabus à pomme déprimée et d’un rouge très foncé.

+ Chou rouge de Frise. — Celui-ci a la pomme sphérique et d'un rouge vif ou même foncé comme le Polonais. Ses feuilles étalées ou extérieures sont d’un rouge lavé de vert et très développées. Pour ce qui est de sa tige, elle a le plus ordinairement de 20 à 30 centimètres, mais dans certains cas, il lui arrive de prendre des proportions colossales. À ce propos, permettez-nous une digression sous forme d’anecdote : — Le 24 juillet 1856, nous exposämes à Verviers une collection de légumes variés, cultivés en pleine terre, sans abris d'aucune sorte, et pour ainsi dire sans le secours de l’eau, puisqu'elle nous manquait juste à l’époque où nous en avions le plus grand besoin et que nous étions réduit à en faire brouetter chaque année une vingtaine d'hectolitres au plus, pour soutenir la vie des plantes qui en avaient absolument besoin. C’est vous dire assez que nous n'étions pas en mesure de lancer la végétation au galop, que nous faisions de la culture à la portée de tout le monde, que le premier venu pouvait obtenir ce que nous obtenions, avec de l’engrais bien consumé, du purin, des sarclages soignés et des binages de temps en temps. Parmi nos légumes exposés, les amateurs de jardinage remarquèrent surtout {rois Choux rouges mon-

strueux, mesurant plus de un mètre cinquante centimètres de hauteur. La force de la tige et le développement des feuilles étaient à l’avenant. On aurait pu croire que de pareils Choux étaient incapables de donner des têtes; mais il suffisait d’y porter la main pour reconnaître que les pommes marquaient déjà très bien et n'étaient pas disposées à s’arrêter en route. Au mois de septembre suivant, et dans la première semaine de ce mois, on aurait pu voir leurs pareils dans notre potager et constater que leurs pommes, parfaitement sphériques, avaient de 30 à 32 centimètres de diamètre. Les plus petites n'avaient guère moins de 20 centimètres.

On crut à Verviers que nos Choux rouges ‘étaient d’une race nouvelle; on le crut également à Saint-Hubert où on les baptisa du nom caractéristique de Choux peupliers, et c’était à qui nous demanderait de la graine de cette prétendue race, comme on demande une faveur. Nous soutinmes naturellement que la hauteur des tiges ne constituait pas un caractère de variété et nous donnâmes aux jurés de l’exposition les explications que voici : — Deux des Choux qui vous étonnent proviennent de la graine du Chou rouge ordinaire de Frise; le troisième, le moins rouge, celui qui a les feuilles cloquées, la couleur vert pâle fouetté de rose, la pomme un peu allongée comme celle des Choux d’York, provient de graines achetées chez un jardinier d’Alost, et nous paraît être un hybride du Cabus blanc à tête allongée et du Cabus rouge à pomme sphérique. Ces deux sortes de graines ont été semées le jeudi 2 août 1855, sur couche froide, quinze jours ou même trois semaines plus tôt qu’il ne convenait de le faire, car

les plants se développèrent avec une telle vigueur que, sans la sécheresse et le vent de bise qui régnèrent pendant tout le mois de septembre, nos jeunes Choux, repiqués au bout de six semaines, se seraient emportés hors des bornes, dans l’arrière-saison, et n'auraient pu résister à l’hiver. Ils ne s’emportèrent que trop déjà dans le courant d’octobre, et quand vinrent les coups de vent et les neiges, les tiges se tordirent et se couchèrent sur le sol. Mais avant cet accident, et dans la prévision que nous ne lui échapperions pas, nous avions eu soin d'enlever de la pépinière les plants les plus forts et de les repiquer à demeure, afin d'en arrêter la pousse par ce second repiquage, et aussi à titre d'essai. Nous les avions enterrés profondément, arrosés avec un mélange d'urine de vache et d’eau, pour faciliter la reprise et buttés ensuite jusqu'aux premières feuilles. À la sortie de l’hiver, nous plantèmes des rameaux de genêts parmi toutes les lignes de jeunes Choux, afin d’y jeter de l'ombre à la suite des gelées tardives. Aussitôt que les gelées ne furent plus à craindre, nous enlevâmes les genêts et fimes la visite des planis. La moitié de ceux qui avaient été repiqués à demeure, c’est-à-dire pour ne plus bouger de place, étaient coupés au pied par les campagnols ; les deux tiers de ceux de la pépinière avaient la tige pourrie au-dessus de terre. Le tiers restant nous servit à remplacer les pieds détruits dans les planches d'automne et à faire de nouveaux repiquages. Les campagnols continuèrent leurs ravages; nous continuâmes, de notre côté, de remplacer les plants rongés qui, toujours, étaient les plus beaux ; en sorte que nous serions bien en peine de dire combien il nous resta de plants sur les deux cents

Choux mis à demeure avant l'hiver; vraisemblablement, il n’en resta pas une douzaine. Ainsi, la taille gigantesque de nos Choux rouges, au nombre de plusieurs douzaines, n’a pu être le résultat de la plantation automnale, pas plus que le résultat d’une graine particulière, puisque les plants sortis de la même pépinière, ont donné, ici des géants, là des Choux rouges très ordinaires quant à la hauteur des tiges. Nous attribuons donc tout bonnement l’exubérance de végétation des premiers à la grosseur des plants, au sortir de la pépinière, au terreau de couches dans lequel ils furent plantés, aux cinq ou six arrosements à l'urine de vache coupée d’eau, qu’ils reçurent en temps de sécheresse, et enfin aux D dé — et buttages.

Ces explications suffisent pour démontrer que le is ou moins de hauteur des tiges n’est point un caractère solide et qu’il ne faut pas trop s’y fier dans la : rois tion des variétés.

Chou marbré d’Alost. — (C’est une sous-variété du précédent, à grosse pomme rouge, mais à feuilles extérieures pâles, cendrées et veinées d’un rose vif. |

Petit Chou rouge Ou Fête de nègre, OU Chou d’Utrecht. — Cette variété, quoique préférable au gros Chou rouge pour l’emploi qu’on en fait, est rarement cultivée pour le marché. On trouve ses têtes trop petites, et on lui adresse le reproche mérité de pommer rarement comme il faut. Habituellement, sa tige est plus élevée que celle du gros Chou rouge de Frise; sa tête est bien ronde, dure

CHOUX DE MILAN OU DE SAVOIE 4i

comme de la pierre, d'apparence fleurie comme les prunes mûres, et très fine.

S IV. — cHOUX DE MILAN OU DE SAVOIE

Cette quatrième subdivision des Choux cabus comprend les races à feuilles très cloquées ou frisées, d’un vert ordinairement gai. L'intérieur de leurs pommes est d’un jaune pâle agréable, tandis que l’intérieur des pommes de Choux d'Allemagne ou Choux blancs, est d’un blanc équivoque. Les Choux de Milan ont la fleur à peu près blanche, tandis que celle des Choux d'Allemagne est jaunâtre. Ce groupe intéressant renferme un très grand nombre de races, parmi lesquelles nous citerons : le Chou de Milan ordinaire, le Chou Marcellin ou Milan nain, le Chou de Milan d’Ulm, le Pancalier de Touraine, le Milan des Vertus, le Chou de Milan doré, le Chou de Milan à tête longue et le Chou de Bruxelles. On pourrait allonger cette liste avec des sousvariélés qui figurent sur les catalogues des grainiers, mais nous ne les trouvons pas suffisamment fixes et caractérisées, et nous pensons que l’on nous saura gré de nous en tenir aux races principales. Les descriptions qu’en a données De Combes, au siècle passé, sont encore très exactes.

Chou de Bilan ordinaire. — (est le petit Chou de Milan de nos pères; il a été signalé en ces termes par De Combes : tige basse, feuille très frisée, et d’un beau vert qui ne change point; pomme dure et de moyenne grosseur, crèvant aisément, mais par contre fort tendre et fort bonne.

— Neus n’avons rien à changer à ce signalement.

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