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CULTURE FORCÉE DES CHOUX-FLEURS

établit des accots autour des coffres jusqu’à la hauteur des panneaux. On donne le nom d’accot à un lit de feuilles ou de litière sèche d'environ 40 centimètres d'épaisseur. Puis dans la journée,dès que la température remonte et que le soleil paraît, on enlève les paillassons etl'on donne prudemment un peu d’air pendant les meilleures heures de la journée. Cependant, d’aucunes fois, la saison est si àpre et le froid tellement vif qu’il est impossible de donner de l'air et de la lumière aux plantes; il faut les tenir cachées des semaines entières. Ce sont heureusement des cas exceptionnels, mais nous le répétons, ces cas se présentent, et à la suite de cette longue et pénible captivité, il importe de ne pas aérer et de ne pas éclairer les Choux-fleurs trop brusquement. On doit ménager les transitions, c’est-àdire n’éclairer et n’aérer que par degrés, très faiblement d’abord.

Au commencement de février, les vrimeuristes qui ont fait des laitues sous châssis, ont des coffres disponibles. Or, c’est dans ces coffres, après avoir donné un coup de bêche au terreau, que l’on transplante une partie @es Choux-fleurs pour la troisième et dernière fois, c’est-à-dire à demeure. On laisse l’autre partie composée de gros $alomon pour le mois suivant, afin de les meitre en côtière et d'échelonner la production. On fait la transplantation au plantoir sur deux rangs, en haut et en bas du cofre, à 20 centimètres à peu près des boras, et, entre les deux lignes de Choux-fleurs, on sème de la carotte courte de Holiance, ou bien on plante de la laitue gotte ou de la laitue Georges.

Cette opération exécutée, en replace les châssis, que l’on soulève le jour, que l’on ferme la nuit. Souvent con

il faut encore recourir à l'emploi des paillassons. L’essentie], est d’aérer graduellement, d’habituer peu à peu les Choux-fleurs au régime du grand air.

En mars, le soleil est déjà chaud, au moins dans la plupart de nos climats, et la végétation marche, en sorte que le bout des feuilles des Choux-fleurs touche bientôt les vitres. On doit alors exhausser les coffres au moyen de tampons de paille ou de foin que l’on place sous les quatre coins.

Vers la fin de ce mois de mars, on enlève les châssis et les coffres qui vont servir à faire des melons; et dans le cas où des gelées tardives viennent contrarier le jardinier, il se contente de recouvrir la nuit avec des pallassons soutenus par des perches.

Cinq semaines plus tard, le petit Salomon fait ordinairement des pommes. Le gros Salomon arrive à huit jours de distance. Lorsque la pomme se montre, on rompt une feuille pour la couvrir et l’on s’arrange de façon à ce qu’en se développant, elle ne recoive pas la lumière du jour.

En mars, on prend les Choux-fleurs demi-durs laissés dans les premiers coffres et on les plante en côtière, à 65 centimètres l’un de l’autre, en compagnie des laitues romaines. Nous appelons côtière une plate-bande abritée entre les vents froids par des murs ou des brise-vents quelconques. |

RÉCOLTE ET CONSERVATION DES CHOUX-FLEURS. — On n’a d'intérêt à conserver que les Choux-fleurs tardifs. Autrefois, pour avoir des Choux-fleurs à la fin de l’hiver, on arrachait à l'approche des premières gelées les pieds dont la tête était à peine formée, on rompait une partie de leurs prin-

RÉCOLTE ET CONSERVATION DES CHOUX-FLEURS cipales feuilles, on portait ces Choux dans uné serre à légumes ou dans une cave et on les enterrait jusqu’au collet et fort près les uns des autres, dans une terre très meuble, même dans du sable un peu frais. On aérait le plus possible en temps doux, on fermait bien en temps froid, et dans cette situation, les pommes continuaient de se développer. Elles ne devenaient jamais grosses, mais telles quelles ons’en contentait parfaitement. — En novembreet décembre, on songeait aussi à conserver les pommes coupées dans des serres bien sèches. A cet effet, on coupait ces pommes, on ôtait toutes leurs feuilles, et ainsi dépouillées, on les placait tout bonnement sur des tablettes.

Aujourd'hui encore, beaucoup de personnes ne connaissent pas d’autres moyens de prolonger artificiellement la saison des Choux-fleurs. Cependant, il y a mieux à faire. Voici d’après le Manuel pratique de la culture maraïchère de Paris, comment s’y prennent ses auteurs, MM. Moreau et Daverne, pour conserver les têtes de Choux-fleurs parfaitement sanes et très blanches, depuis le mois de novembre jusqu’au 15 avril et au-delà.

— « D'abord, disent-ils, il faut posséder sous sa maison ou ailleurs, une espèce de cellier, enterré d'environ 1 métre 66 centimètres, qui ait une fenêtre à chaque extrémité, pour pouvoir y établir un courant d'air (une cave voûtée en pierre ne serait pas aussi convenable). On fiche sur les côtés des solives du plancher un ou deux milliers de clous, à la distance de 27 à 30 centimètres l’un de l’autre : tous ces clous sont destinés à recevoir chacun un Chou-fleur chaque hiver. $

« À la fin de novembre et par un jour see, on fait choix,

* dans un carré de Choux-fleurs durs, car ce sont ceux qui se gardent le mieux, on fait choix, disons-nous, des plus belles pommes; on les coupe un peu bas, de manière à leur laisser un trognon ou bout de tige long de 10 à 15 centimètres; on détache entièrement les feuilles qui se trouvent sur le bas de ces trognons, mais on raccourcit seulement à la longueur de 8 à 10 centimètres, celles qui ayoisinent ou entourent la pomme du Chou-fleur. Ces bouts de feuilles ménagés garantissent les pommes, par les côtés, contre les chocs et les pressions, mais n’en garantissent pas le dessus, il faut donc, en les portant et les déposant sur une table dans le cellier où elles doivent être conservées, prendre

ien garde de les froisser en aucune manière. Arrivées sur la table, dans le cellier, le maître maraîcher achève de leur faire leur toilette, c'est-à-dire qu’il ôte des feuilles et du trognon ce qui lui parait inutile; ensuite il attache au troenon de chaque pomme une ficelle longue de 16 à 20 ceniimètres, et pend les pommes de Chou-fleur, la tête en bas, aux clous des solives du plancher.

« Quand les Choux-fleurs sont ainsi pendus, dès la fin de novembre, il faut leur donner certains soins pour en conserver jusqu’au mois d'avril; ce sont ces soins que nous allons expliquer. | :

« Tant qu’il n’y a ni gelée, ni grande pluie, mi brouillard, on laissera les deux fenêtres du cellier ouvertes, pour qu'il y ait, autant que possible, un courant d'air pour chasser l'humidité, qui est très contraire à la conservation des Choux-fleurs; si, plus tard même, quand la gelée oblige de tenir les fenêtres fermées, l'humidité se mamifesie, on allume dans le cellier quelques terrinées de braise pour

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