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RÉCOLTE ET CONSERVATION DES CHOUX-FLEURS

sécher l'air; mais, ce qui est d’une nécessité encore plus grande, c’est de visiter chaque Chou-fleur, au moins une fois par semaine, pour ôter les feuilles qui peuvent pourrir sans tomber, pour voir si quelque partie de la pomme ne se tache pas, et livrer à la consommation ceux de ces Chouxfleurs qui paraissent devoir se conserver le moins longtemps.

« Pendant que les Choux-fieurs sont ainsi suspendus, ils . se fanent un peu et peuvent diminuer de volume d'environ un quart; mais on les fait revenir à leur état naturel quand on se dispose à les porter à la halle : pour cela, on coupe quelques millimètres du bout du trognon, on plonge, à plusieurs places, la pointe d’un couteau dans la chair du trognon, et l’on a sous la main un baquet d’eau fraiche dans lequel on plonge ce trognon pendant vingtquatre ou irente-six heures, sans en mouiller la tête; per cette opération, le Chou-fleur reprend sa fraicheur, sa première grosseur, conserve sa blancheur, et ne perd rien de sa qualité : il ne diffère d’un Chou-fleur nouvellement cuelili qu'en ce qu'il a successivement perdu les portions de feuilles qui l’entouraient, soit parce qu’elles sont tombées d’elles-mêmes, soit parce qu’on les a ôtées, dans les visites, pour s'opposer à la pourriture. |

« Telle est ia meilleure manière que nous ayons trouvée de conserver des Choux-fleurs jusqu’au mois d'avril; mais à présent nous avons renoncé à en conserver aussi longtemps : nous sommes forcés d’avoir tout vendu cès la fin de janvier, parce que dès le mois de février, les courriers et les conducteurs de diligences apportent à Paris des Brocolis du Midi de la France ei du Finistère, qui établissent une concurrence que nous ne pouvons plus soutenir; et si

se LES CHOUX

les chemins de fer se multiplient en France, cette concurrence pourra bien s'étendre jusqu’à nos Choux-fleurs du printemps, et causer un grand dommage à la culture maraichère ae Paris. »

Depuis que ces lignes ont été écrites, lé chemins de fer se sont multipliés, et ce qui se passe prouve que les prévisions de MM. Moreau et Daverne étaient fondées. Les maraîchers de Paris regrettent naturellement le passé, mais les consommateurs, qui ont bien aussi quelques droits à notre sollicitude, pensent qu’il vaut mieux manger à bas prix des Choux-fleurs frais que de payer fort cher des Choux-fleurs conservés qui, d'ailleurs, ne sauraient leur être comparés.

Pour notre compile, nous n'admettons pas et n’admettrons jamais que les légumes verts conservés, ceux de la famille des Crucifères surtout, puissent être mis en parallèle avec les légumes frais, quant à la qualité. La première de toutes les qualités dans les produits du potager, c’est la fraicheur. Il n’y a d'exception que pour les ognons et les tubereules : pommes de terre et patates qui gagnent à vieillir un peu avant d’être consommées. Toutes les autres denrées du légumier ne sont parfaites qu’à la condition d’être employées de suite après leur récolte, et c’est précisément en ceci que consiste l'avantage de ceux qui cultivent les légumes pour leur consommation sur ceux qui sont forcés de les acheter au marché. Nous savons bien que les légumes fabriqués par l’amateur ou le bourgeois, comme l’on dit, coûtent plus cher que les légumes fabriqués par les spécialistes, mais, en revanche, ils sont autrement délicats, et leur délicatesse n’est pas trop payée.

CHOUX-NAVETS se

Cinquième Catégorie DES CHOUX A RACINE COMESTIBLE

Choux-navets. — Ccetle catégorie comprend les Chouxnavets (grav. 8) et les Rutabagas qui n’en sont ous des sous-variétés. Ils constituent les uns à £ et les autres l’espèce Brassica campestris näpo brassica du genre Chou.

On les nomme parfois Chou-rave en terre par opposition au vrai Chourave dont le renflement se trouve au-dessus de terre.

Nous avons le Chou-navet blane, à collet verdâtre; le Chou-navet blanc à collet rougeâtre, sous-variété du précédent, l’un êt l’autre à racine oblongue; le Rutabaga ouNavet de Suède à collet verdâtre; le Rutabaga Grav. 8. — Chou-nuvet. de Skirving, à collet rouge; les Rutabagas de Fettercairn et de Laing, à collet violet, tous à racine obronde.

On distingue donc uniquement les Choux-navets et les Rutabagas par la forme plus ou moins allongée ou plus ou moins sphérique des racines. Nous ajouterons, à titre d’observahion personnelle, que le Cbou-navet proprement dit tient plus fortement au sol que le Rutabaga. L’arrachage du Chou-navet avec les mains nous semblait très pénible et Souvent même nous n'y réussissions pas, tandis que l’arrachage du Rutabaga n’avait rien de fatigant.

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Le Chou-navet est en quelque sorte la plante de transition qui relie les Choux proprement dits aux Navets. Pour les botanistes, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, les Navets en question sont une autre espèce de Chou, mais pour nous cultivateurs, les Navets sont des Navets d’abord, pas autre chose, et, encore une fois, nous n’entendons point les loger dans cette monographie. En agriculture comme en culture potagère, nous avons une limite que les botanistes ne connaissent guère, mais qui n’a pas échappé aux praticiens. Les Choux s’arrêtent juste à l'endroit où la transplantation n’est plus praticable, au moins avantageusement. Ainsi, vous observerez que tous les Choux décrits précédemment, sans en excepter les Choux-navets que nous décrivons à cette heure, supportent très bien et exigent même souvent le repiquage ou transplantation, tandis que personne ne songe à transplanter les Navets proprement dits dans la première année de leur végétation. Il nous est arrivé d'essayer cette opération pour regarnir des planches du potager, et nous savons ce qu’il en coûte d’eau et de peine Done aboutir à de maigres résultats.

CULTURE DES CHOUX-NAVETS ET RUTAPAGAS. — Cette culture ne présente aucune difficulté; elle ne difière en rien de celle des Choux ordinaires; nous la conseillons en conséquence à tous nos lecteurs. On sème les Chouxnavets et Rutabagas en mai, soit à demeure, soit en pépinière pour les repiquer en juin. On repique au plantoir à 40 ou 50 cent. de distance; les plus grands intervalles conviennent aux Rutabagas, les plus petits aux Choux-

CULTURE DES GHOUX-NAVETS gi navets, dont les racines n’ont pas le diamètre aussi considérable que le Rutabaga, et dont le collet se dépouille

de ses feuilles principales à mesure que la racine se forme. On pourrait avancer de quelques semaines les semis

‘et repiquages de Choux-navets et Rutabagas, mais en se

hâtant trop, on rendrait le plant sujet à s’emporter, c’esià-dire à se mettre à fleur la première année. En pareille

circonstance, on opère la suppression des tiges florales à

mesure qu'elles se présentent, mais cela donne beaucoup de peine, et quoique l’on fasse, on n'obtient jamais que des racines coriaces d’un volume médiocre. Le mieux donc est de ne pas s’y exposer et de ne repiquer qu’en juin. Les Choux-navets et Rutabagas auront toujours assez

de temps devant eux pour développer leurs racines qui,

d’ailleurs, sont très-rustiques et ne craignent point les

-premières gelées. Dans les climats tempérés, surtout lorsque le semis et la transplantation cent été tardifs, 1l n’est

pas rare de voir les récoltes traverser sur pied tout un hiver. Toutefois la prudence commande de ne pas trop s'y fier.

Les Choux-navets ei Rutabagas ne sont pas très difficiles sur la qualité du terrain; les plus beaux que nous ayons vus avaient été cultivés sur défriches de bruyères, et fumés avec un mélange de fumier de mouton et de boues d'étangs ressuyées à l'air pendant dix-huit mois ou deux ans. Il est

-même à remarquer qu'en général, les terres neuves leur

conviennent beaucoup mieux que les vieilles terres. C’est un fait que nous avons eu fréquemment l’occasion d’observer dans l’Ardenne-belge où les Rutabagas occupent une assez belle place, à titre de plante fourragère et où le

Chou-navet type ‘est cultivé comme légume Sous le nom de Napoli (Neufchâteau). Ce nom de Napoli vient de ce que cette plante est désignée en beaucoup d’endroits sous celui de Navet de Laponie. Les Ardennais ne sont pas de l'avis du Bon jardinier qui estime le Rutabaga supérieur au Chou-navet ordinaire pour les préparations culinaires; ils laissent le premier au bétail et gardent le second pour eux. Nous croyons que les Ardennaïs n’ont pas tort, tout en reconnaissant que le Chou-navet est un légume de médiocre qualité.

RÉCOLTE ET CONSERVATION DES CHOUX-NAVETS ET RUTA- BAGAS. — Les gens qui font de la culture uniquement sur le papier, sans jamais bouger du coin de leur feu, vous dirent que les procédés de conservation sont Les mêmes pour toutes les racines indistinctement. Parlez-leur de Betteraves, Carottes, Panais, Pommes de terre, Navets, Chouxnavels, ou Rutabagas, et ils vous donneront pour les uns comme pour les autres la même recette. Si vous avez ure cave suffisamment vaste, ils vous conseilleront d’encaver les grovisions d'hiver; si vous n'avez pas de cave, ils vous conserlleront de les mettre en fosse ou en silos. La théorie pure, que nous estimons beaucoup sans douté, mais que nous ne suivons pas aveuglément, laisse de côté certains détails d’une grande importance. C’est aux praticiens à établir les distinctions; eux seuls savent très bien ou doivent savoir que les procédés de conservation varient avec les récoltes. Nous pouvons maintenir, par exemple, les Carottes et les Panais en cave, rien qu'en les empilant, mais nous n’arriverons pas à prolonger leur durée jusqu’en

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