RÉCOLTE ET CONSERVATION DES CHOUX-NAVETS
juin par ce moyen. Nous pouvons conserver des Pommes de terre en silos et les garder ainsi plus longtemps qu'en cave, mais Dieu nous garde de conseiller l’ensilage pour les Navets, Choux-navets ou Rutabagas. Ceux-ci pourriraient vite en fosse et donneraient trop tôt leurs germes en cave. En ce qui les concerne, on doit avoir recours à la méthode taangulaire des Anglais. Elle consiste en ceci :
Aussitôt les racines arrachées, en octobre ordinairement, et toujours par une belle journée sèche, on rogne les feuilles en ayant soin de ne pas trop entamer le collet. Après cela, on choisit dans le voisinage de la ferme, dans la cour, le jardin ou le verger, un emplacement disponible pour y entasser les racines à la manière des boulets de canon dans nos arsénaux. On donne au premier lit, c’est-à-dire à celui qui repose sur la terre, une largeur de trois mètres sur une longueur qui dépend de l'emplacement ou du chiffre des provisions. Sur ce premier lit, on en établit un second un peu moins large que le précédent, et, ainsi de suite jusqu'au sommet du triangle qui ne s'élève guère audessus d’un mètre.
Cette opération terminée, on recouvre le {as de racines avec de la mousse ou des feuilles sèches, sur lesquelles on étend une mince couche de païlle. En décembre, quand les fortes gelées menacent, on recharge de paille sur une épaisseur de 30 à 35 centimètres, et l’on maintient cette couverture contre les coups de vent au moyen de longs liens en paille tordue au crochet et croisés en cordons de souliers, s’il est permis de s'exprimer ainsi. Voilà la méthode expéditive. On pourrait, à la rigueur, apporter plus de soins à la confection de la couverture, et l’établir,
comme dans le jardinage, pour la conservation des Choux en plein air, c’est-à-dire avec un bâti de perches et des pallassons de chaque côté, en laissant ouvertes les deux extrémités.
On a conseillé aux cultivateurs de placer leurs tas de Choux-navets ou Rutabagas contre un mur et de les abriter par les moyens que nous venons d'indiquer. Les essais n'ont pas été heureux et l’on a dû y renoncer. Il faut à ces racines l’exposition en plein air; elles ne redoutent même pas l'humidité, pourvu que les courants d’air préviennent la fermentation. Nous en avons eu la preuve, nous avons vu la chose, de nos yeux vu. Vous aurez beau, comme on la déjà fait, placer des Choux-navets ou des Rutabagas dans une chambre imhabitée, à l'abri des gelées et de cette température tiède de cave qui amène une fermentation trop prompie; vous aurez beau les placer à l’abri d’un mur, vous n’obtiendrez jamais les résultats que l’on obtient d’une conserve battue par tous les vents, et surtout chargée de neige pendant une bonne partie de l'hiver.
Seulement, n’appliquez eetie eee qu'aux Navets et Rutabagas, et gardez-vous bien d’en user à lendroit des Pommes de terre, Carottes, Panais et Pt car il pourrait vous arriver malheur. re |
Dans les contrées où sévissent des froids très rigoureux, on met sur la paille qui recouvre les racines, des gazons ou quelques centimètres de terre. À mesure que le froid augmente, on recharge, autrement dit on augmente l’épaisseur de la couche de terre; enfin, lorsque l'intensité du froid est de nature à donner de l’inquiétude, on enveloppe la conserve de racines d’une couche de li-