CULTURE DE GHOU CHINOIS
pour. les. besoins de la cuisine, attendu qu'on peut les manger à tout âge, jeunes ou vieux, pommés ou non pommés. Les Choux restants sont ensuite binés avec soin, le plus délicatement possible, et se développent à l’aise jusqu'à une hauteur de 40 à 50 centimètres.
On reproche au Chou de la Chine de ne pas pommer aussi régulièrement que nos Cabus ordinaires et de s'emporter vite. Le reproche est fondé, mais cela tient peutêtre à ce qu'on le sème trop tôt, et peut-être aussi à ce qu’on est dans l’usage de repiquer cette plante.
Quelques jardiniers n’attendent pas que la formation de la tête du Chou se fasse hbrement; ils ramassent les feuilles et les lient comme s’il s'agissait de coiffer une laitue romaine. Ce procédé fournit des feuilles très délicates, très tendres, mais ce n'est qu'aux dépens de la saveur. M. Pépin. dit avoir récolté des pieds qui pesaient de 2 kil. 1/2 à 4 kil. 1/2, et d’aucuns, parmi ces pieds, avaient un développement de. feuilles qui mesurait 1 mètre 10 cent. de circonférence. Personnellement, nous n'avons pas été à beaucoup près, aussi! heureux que M. Pépin; mais on voudra bien observer que le climat était contre nous. Nos Choux chinois ne pommaient pas et n’atteignaient pas les dimensions des romaines.
On assure, d'après des cultures faites sur une petite échelle, c'est-à-dire parfaitement soignées, que le Chou de la Chine peut rendre à l’hectare 90,000 kilogr. de fourrage vert. N'allons pas si vite en besogne; avant de nous occuper de la culture en grand, occupons-nous de la culture en petit; travaillons pour les, gens avant de travailler pour les bêtes; songeons à, la table avant de songer au râtelier.
Üne dernière observation en ce qui regarde cette crucifère : sur la foi de son nom, on pourrait croire que le Pe-tsai ressemble à un Chou. Il n’en est rien; ses feuilles se rapprochent surtout de celles du navet, mais elles sont d'un vert plus tendre, et la côte est plus blanche. Tel est le souvenir qui nous en reste. M. Vilmorin nous dit que la plante bien développée a l’aspect d’une laitue romaine et pèse de 2 à 3 kilogr.
Septième catégorie DU CHOU MARIN OU CRAMBÉ MARITIME
Chou marin (Crambe maritima). — Cette plante que | nous classons parmi les Choux, uniquement parce qu’on lui donne vulgairement le nom de Chou marin, et qu’elle ne le perdra pas de sitôt, appartient à la famille des Crucifères (grav. 9). Voici la description botanique qu’en donne M. Viimorin : « — Originaire des sables maritimes de l'Océan et de la Méditerranée. Vivace. Feuilles grandes, épaisses, péliolées, ovales ou arrondies, quelquefois profondément lobées ou pinnatifides, sinuées, glabres et trèsglauques; tige de 1 mètre à {®,30, ramifiée, pleine, trèsglauque; fleurs en grappes; blanches, portant une odeur de miel prononcée; graine renfermée dans une silique globuleuse indéhiscente, monosperme, épaisse, d’où il est peu facile de l’extraire, déprimée, irrégulière, couverte d’une pellicule très mince sous laquelle se dessine la forme
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Grav. 9. — Jeunes pousses de Chou marin ou €
des cotylédons. La durée germinative est de trois années; 10 grammes contiennent environ 200 graines couvertes de leur silique avec laquelle on les sème. Le litre pèse 160 grammes. »
Là-dessus, nous ne ferons qu’une observation, c’est que nous n'avons jamais vu germer de graines de trois ans et que nous n'oserions pas même répondre de la levée des graines de 18 mois. Le mieux est de semer cells qui n’ont pas encore une année.
Le Crambé maritime ou Chou marin est un légume excellent, très recherché en Angleterre, à peine connu en France et en Belgique. On ne le rencontre guère que dans les jardins de grands seigneurs ou dans quelques-uns de ceux qui avoisinent les grandes villes. Il n’est cependant pas d’une culture difficile; 1l est robuste et passetrès bien les hivers sans aucune couverture. Nous: en avons vu de beaux échantillons au château de. Mirwart (Belgique), en pleine exposition du nord; nous en ayons cultivé pendant plusieurs années à Saint-Hubert, et réussissant là, il n’y a pas de raison pour qu'il ne réussisse point de même partout. Pourquoi donc ne cultive-t-on pas le Crambé? Nous allons vous le dire. Premièrement, la plupart des consommateurs ne le connaissent pas et ne le demandent pas; en second lieu, les ;ersonnes qui le connaissent n’ont pas la patience de soigner cette plante: pendant deux ans avanide récolter. En jardinage, comme: en d’autres opérations, nous voulons des résultats rapides, pour ainsi dire immédiats; nous sommes pressés de jouir. Or, avec le Crambé, c’est tout aussi impossible qu’avec les Asperges. La première année ne compte pas, la seconde non plus: