CULTURE DU CHOU MARIN
ce n’est qu'à la troisième année qu'on commence les récoltes, trois ou quatre dans la saison, et pendant sept ou huit ans de suite, souvent plus. Deux années d'attente dans la vie d’un homme, qu'est-ce que cela? Sovons donc moins impatlents; ce n'est pas comme s'il s'agissait de sémer un bois de chênes.
CÜcrure ou Cnou marin. — Choisissez une terre profonde, légère, sablonneuse autant que possible; couvrez-la à l'automne d’une forte fumure d'engrais d’étable bien pourri. Aussitôt les beaux jours revenus, en mars ou avril, selon les climats, bêchez à toute profondeur de fer, nivelez avec le râteau, puis tracez au cordeau à 80 centimètres environ l’une de l’autre, des lignes légèrement marquées, seulement pour vous guider. Sur chacune de ces lignes, ouvrez avec la main de petits trous distancés de 12 à 15 centimètres environ ; mettez dans chacun d’eux un peu de terreau bien divisé, placez sur ce terreau 5 ou 6 graines de Crambé et recouvrez. Dès que la pousse se montrera, vous mouillerez le semis légèrement une fois par jour, en temps de sécheresse bien entendu, et le matin seulement. Au bout d'un mois, vous éclarcirez, vous enlèverez à la main les plantes faibles et épargnerez les plus robustes, de manière à laisser entre elles un espace de 80 centimètres en tous sens. Au fur et à mesure que les mauvaises herbes envahiront la planche, vous les ferez disparaitre, et une fois tous les quinze jours vous binerez délicatement chaque pied de Crambé et l’entourerez avec deux ou trois poignées de terreau. C’est une plante qui
aime le engrais et avec laquelle il faut le renouveler assez
souvent, si l’on veut de beaux et abondants produits. En procédant de la sorte, vous obtiendrez une vigoureuse végétation de première année, une belle et forte racine. — Si l’on voulait du plant à repiquer, au lieu de laisser entre les pieds 80 centimètres d'intervalle, on n’en laisserait que 40 et on dédoublerait au mois de septembre. — Le repiquage des jeunes Crambés réussit difficilement tandis que les plants de quatre mois et plus reprennent fort bien, quelle que soit la saison où on les transplante.
N'ayez nul souci de vos Crambés pour l'hiver; ils ne courent de dangers que dans les terres argileuses ou trop mouillées ; ils n’y gèlent pas; 1ls y pourrissent.
Au printemps de la seconde année, vous. sarclerez et binerez comme précédernment, et après chaque binage vous éparpillerez un peu de terreau dans le voisinage des pieds. Cette pratique n’est pas de rigueur, mais elle a des avantages et c'est pour cela que nous la recommandons.
Au commencement de la troisième année, dès que les feuilles se montrent, 1l faut se méfier des altises.et songer à la récolte. Les feuilles de Crambé ne sont comestibles pour l’homme qu’à la condition d’être étiolées.
Il y a plusieurs manières d’étioler, et malheureusement, on a commencé par adopter les procédés les plus coûteux. C’est ce qui a découragé beaucoup de cultivateurs. On a pris des cylindres en terre cuite, avec couvercle à lä partie supérieure, ou des caisses élevées s’ouvrant aussi par le haut, et l’on a appliqué ces cylindres ou ces caisses sur les pieds de Crambé, de manière à les tenir dans une obscurité profonde. Lorsque les jeunes pousses étiolées avaient de 20 à 30 centimètres, ce dont on pouvait s'assurer en