Loth, Émigration, p
5. Dansle pays de Redon, aux ixe et xc siècles, les noms d'hommes sont tous bretons, mais les individus n'étaient probablement pas bretons (cf. Loth, Émigration, p. 183 et 195). — Sur les noms de fanai en ac d'origine gallo-romaine, fréquents dans le Vannetais oriental, dansles pays de Nantes et de Rennes, voir Loth, ibid., p. 195-199; Les mots latins, p. 25 sq. ; R. Cel., xxu, p. 104 sq.; xxvm, 1907. p. 374 sq.
landes, que la légende a peuplée d'êtres féeriques longtemps fameux *.
Ermold le Noir nous fait entendre que les Gallo- Romains d'Armorique acueillirentpar pitié les Bretons parce qu'ils étaient chrétiens 2. Mais ceux-ci ne se montrèrent guère reconnaissants. Ils se comportèrent vis-à-vis de leurs hôtes et bienfaiteurs avec une violence égale à celle dont les Saxons avaient fait preuve à leur égard. Les Bretons du Bro-Weroch, particulièrement belliqueux, saccagèrent incessamment, au vie siècle, les pays de Rennes et de Nantes, et luttèrent avec acharnement contre les Francs 3. « Opprimés par les Bretons, nous sommes sous le joug d'une dure servitude », gémit Régalis, évêque de Vannes4. Le christianisme de leurs ennemis n'entrava pas l'ardeur guerrière des Bretons. En 849 Nominoé ne craint pas de mettre le feu au monastère de Saint- Florent-le-Vieil ni de chasser de son siège Actard, évêque de Nantes ?.
M. Loth estime que la fusion entre les éléments gallo-romains et Bretons ne s'opéra guère avant le xe siècle 6.
$3. — État religieux de l'Armorique à l'arrivée des Bretons.
Le martyre des enfants nantais, Donatien et Rogatien, vers 288. est la plus ancienne attestation du
1. Voir Lucie Félix-Faure-Goyau, La vie et la mort des fées. Essai d'histoire littéraire, Paris, 19-10, ch. 1 : Les Fées du cycle breton.