LOTH, R. Cel., xxil, p
2. W. Bright, Chapters of early Engli&h Church History, Oxford, 1878, p. 26.
3. C'est singulièrement exagérer que d'appeler notre Bretagne « une colonie spirituelle de l'Irlande», comme l'a t'ait Samuel Berger {Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âge, Paris, 1893, p. 49). — Voir les relations de l'Irlande et de l'Armorique discutées à un autre point de vue ci-après, ch. vui, § I.
nastère de Landévennec. 1 Mais les saints d'Irlande, comme ceux de Cornwall, ne jouèrent, en somme, qu'un rôle assez effacé dans l'organisation ecclésiastique et le développement religieux de la péninsule.
S 4. — L'organisation ecclésiastique de la Bretagne armoricaine.
Dès avant les réformes ecclésiastiques de Nominoé, six nouveaux évêchés furent fondés en Bretagne.
Les origines du siège de Quimper sont très obscures. Sur saint Corentin, que l'on regarde comme son premier titulaire, nous ne disposons que d'un texte de très basse époque, manifestement erroné2.
Pol Aurélien, originaire de Galles, établit d'abord un monastère dans l'île d'Ouessant, où il aborda, à Lampaul, un autre sur le continent, à Telmedou, un troisième dans l'île de Batz. Le tiern Withur, par un tour d'adresse, le fit consacrer évêque à Paris, malgré lui jusqu'à un certain point3. Pol fut le premier évêque du Léon. On place vers 530 la fondation du siège de Castel Pol, que devint la petite ville de Saint- Pol-de-Léon.
Tutwal, premier évêque de Trécor, était, lui, originaire de la Dumnonia. Il fut également consacré à
1. H. Zimmer, Nennius vindicatus, Berlin, 1893, p. 258-259 et C. C, p. 67-69. Cf. J. Loth, Landévennec et saint Guénolé {An. Br., VIII, 1893, p. 488-491).
2. La Vita Corentini (éd. Plaine, Bulletin de la société archéol. du Finistère, xw,1886, p. 119-172) n'est certainement pas antérieure au xme siècle (cf. La Borderie, H. Br., I, p. 320). D'après ce document, c'est saint Martin de Tours qui aurait consacré Corentin!
3. Wrmonoc, Vita Pauli [R. Cel., v, 1881-83, p. 437-438, 450-452). Sur les fondations de S. Pol et en général sur l'évangélisation du Finistère, se reporter au mémoire de M. G. Guenis, L'évangélisation du Finistère (Bulletinde la Société académ. de Brest, 2e sér., xxxn, 1906-1907, p. 29-82).
Paris'. Comme Pol Aurélien, il était abbé avant d'être revêtu delà dignité épiscopale. Devenu évêque, il demeura à la tête de son monastère de Trécor. Ruilin, qui lui succéda dans les fonctions abbatiales, le remplaça de même dans l'épiscopat2 .
Grâce aux libéralités du chef Riwal, saint Brioc fit construire un monastère important au champ du Rouvre, sur le Gouët. Ce fut le noyau de la ville qui devait porter son nom, Saint-Brieuc. Comme Tutwal, il cumula les fonctions d'abbé et d'évêque. Sa biographie3, il est vrai, est muette sur son épiscopat, mais une inscription placée dans son tombeau par les soins du roi Erispoé (851-825) le qualifie « episcopus Britanniae4 ».
A la différence des précédents, saint Samson était déjà revêtu de la dignité épiscopale lorsqu'il arriva en Armorique. Il fut le fondateur du siège de Dol, destiné à la plus grande célébrité. Lobineau et La Borderie le font mourir vers 565. « C'est une date raisonnable », d'après M. Duine 5.
Il n'y a pas à ajouter foi à l'assertion du biographe de saint Malo, Bili, qui prétend que ce saint fut ordonné évêque à Tours 6. La Vita Machutis la plus autorisée, celle qu'a publiée Jean du Bois dans sa Floriacensis vêtus bibliotheca, affirme qu'il était, de même que saint Samson, abbé et évêque avant de passer la mer7.
L'un des traits les plus frappants de l'organisation
1. Vita prima Tuduali, 3, 4 (éd. La Borderie, Mém. de la Soc. archéol. des Côtes-du-Nord, 2e sér., ir, p. 88).
2. Vita secunda Tuduali, 12, chez La Borderie, Les trois vies de saint Tudual, p. 19.