Joannes a Bosco, op. cit., p
ecclésiastique armoricaine, c'est, on le voit, cette institution des abbés- évêques qui fleurit également dans les chrétientés de Grande-Bretagne et d'Irlande1. Le monastère est le berceau de l'évêché. Il n'y a pas de diocèses à territoires nettement délimités. L 'évêqueabbé exerce sa juridiction sur l'abbaye-mère d'abord, puis sur ses autres monastères, enfin sur un certain nombre de pion, ou paroisses, situés dans le voisinage de ces établissements ou même enclavés dans une autre zone juridictionnelle2.
Il n'y a pas de « cité » épiscopale comme chez les Francs; c'est le monastère qui est le vrai centre de l'évêché. Jusqu'en 865, le siège de l'abbé-évêque d'Alet est-il à Alet ou à Gaël, au monastère du Poutrocoet (pays de delà la forêt), dédié aux saints Méen et Judicaël? On ne le voit pas clairement. Ces évêques prennent tantôt le titre à.'episcopus in Poutrocoet, tantôt celui & episcopusAletensis ou in Aleta civitate. Renaud, dans une pièce de 1062, signe même episcopus de Masloo de Bidainono (évêque de Saint-Malo de Beignon) 3.
Dol, Alet, Tréguier sont considérés, dans les textes, jusqu'au xie siècle, comme des monastères-évêchés. Le Pontificale Lanaletense (xie siècle), par exemple, contient une formule d'excommunication à l'usage du Lan-Aletensis monasterii episcopus A.
En dehors des grandes abbayes, sièges d'évêchés, le pays était parsemé de monastères (lann) et d'ermi-
1. F. Duine, Le monastère-évêché (Hermine du 20 octobre 1910, p. 5-11.) Voir notre eh. vu, § 2.